Les nombreux mouvements politiques et associations qui ont lutté pour faire partir IBK ont tout envisagé sauf l’exclusion des élections pendant une bonne dizaine d’années, voire plus. Si au départ, l’on pensait qu’il fallait juste faire partir IBK pour occuper le pouvoir, les militaires en place ont changé la donne. Avec l’avènement de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel, le Président Assimi Goïta sera investi très prochainement Président de la République avec un mandat renouvelable de 05 ans.
Le Conseil des ministres du mercredi 11 juin 2025 a adopté « un projet de loi portant révision de la Charte de la Transition en accordant au Chef de l’Etat, un mandat de 5 ans renouvelable à partir de 2025, à l’instar de ses pairs de la Confédération AES », indique le communiqué du gouvernement. Et de préciser que « le projet de loi adopté s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des concertations des Forces vives de la Nation et des Maliens établis à l’extérieur ».
Les élections qui étaient attendues notamment en 2023, soit trois après trois ans de transition, se tiendront probablement à partir de 2030. La question cruciale de la nécessité de poursuivre la Transition pour parvenir à la pacification totale de nos Etats se pose au Mali, à l’instar des autres pays de l’AES, notamment le Niger et le Burkina Faso, a estimé le Gouvernement en adoptant le projet de loi modifiant la charte.
Cette prolongation de la Transition a été demandée par plusieurs soutiens de la Transition depuis plusieurs semaines et des mouvements ont fait de cette lutte leur prérogative dans les premières heures de l’investiture du Général d’Armée Assimi Goïta, en remplacement de Ba N’Daw. Un mouvement dénommé 05 ou plus a d’ailleurs vu le jour pour plaider le maintien de la transition jusqu’à la pacification du pays.
Dans cette histoire, l’on serait tenté de croire que les plus surpris sont ceux qui avaient battu le pavé pour faire chuter le régime de feu IBK. Plusieurs de ces mouvements avaient imaginé tout sauf leur écartement de la gestion des affaires pendant longtemps. Pour d’aucuns, il fallait écarter IBK et tenir des élections pour se maintenir en poste. Au regard de la situation sécuritaire, les militaires qui ont pris le pouvoir ont tablé sur la pacification du pays avant de parler des élections.
Il est à noter que les partis politiques et tous les mouvements à caractères politiques sont dissous depuis quelques semaines. Aussi, il est certain que tant que les prochaines 05 années ne sont pas terminées, aucun parti politique ne verra le jour au Mali, à moins que les conditions propices pour parler des élections soient créées.
Adama BERTHE
Source : La Rédaction du Mali
