Alerte précoce : la Croix-Rouge malienne met l’expérience du Sahel en avant à Addis-Abeba

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La Croix-Rouge malienne a pris part, du 1er au 5 septembre 2026 à Addis-Abeba, au premier Forum africain sur les systèmes d’alerte précoce pour tous. Réunissant plus de 400 participants issus de plus de 45 pays, la rencontre a permis de partager des expériences et de réfléchir aux moyens de mieux préparer les communautés face aux catastrophes.

Au-delà de la prévention, l’enjeu est désormais de faire de l’alerte précoce un véritable outil d’action. C’est dans cette perspective que la Croix-Rouge malienne a participé au premier Forum africain consacré aux systèmes d’alerte précoce pour tous, organisé dans la capitale éthiopienne.

Pendant cinq jours, représentants des États, organisations humanitaires, acteurs de la protection civile et experts ont échangé sur les moyens de renforcer les dispositifs permettant d’anticiper les catastrophes et de donner aux populations exposées le temps nécessaire pour se protéger.

Présente à travers son Coordinateur National Action Anticipatoire, la Croix-Rouge malienne a mis en avant les enseignements tirés de ses interventions au Mali.

L’organisation a notamment présenté le dispositif national de réduction des risques de catastrophe, développé en collaboration avec les services techniques. Elle a également insisté sur l’importance de son réseau de volontaires communautaires, qui joue un rôle essentiel dans la transmission des alertes et la sensibilisation des populations.

Cette expérience de proximité constitue un atout majeur dans un pays où certaines communautés vivent dans des zones difficiles d’accès et restent particulièrement exposées aux inondations, à la sécheresse et aux crises humanitaires.

L’un des exemples présentés à Addis-Abeba concerne Sofara, dans la région de Mopti. En 2022, la détection d’un dépassement de seuil sur le fleuve Niger avait permis d’activer le protocole d’action anticipative mis en place pour faire face aux risques d’inondation. Des mesures avaient ainsi pu être déclenchées avant l’arrivée des eaux dans les zones exposées.

Cette expérience illustre l’objectif même des systèmes d’alerte précoce : ne pas attendre la catastrophe pour intervenir. Une alerte, aussi précise soit-elle, ne prend véritablement son sens que lorsqu’elle permet aux populations concernées de prendre des dispositions suffisamment tôt pour réduire les pertes humaines et matérielles.

Miser sur la technologie et les communautés

Lors des échanges, la Croix-Rouge malienne a défendu plusieurs priorités destinées à améliorer les mécanismes nationaux de préparation et de réponse. L’organisation appelle notamment à renforcer le rôle des acteurs nationaux dans la gestion des catastrophes et à explorer de nouvelles solutions technologiques, comme le Cell Broadcast, capable de transmettre rapidement des messages d’alerte à un grand nombre de personnes présentes dans une zone à risque.

La question du financement a également été mise en avant. Pour permettre une intervention rapide dès qu’un seuil d’alerte est atteint, la mise en place de financements pré-arrangés apparaît comme un levier important.

La Croix-Rouge malienne plaide par ailleurs pour le renforcement du réseau des volontaires communautaires, ainsi que pour une meilleure adaptation des délais d’intervention aux réalités d’accès aux zones exposées.

Les travaux du Forum d’Addis-Abeba se sont achevés par l’adoption de l’Appel à l’action d’Addis-Abeba sur les alertes précoces en Afrique. Le document met l’accent sur une priorité : placer les personnes et les communautés au centre des systèmes d’alerte précoce et faire en sorte que les engagements pris se traduisent par des actions concrètes sur le terrain.

Pour la Croix-Rouge malienne, cette rencontre ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour consolider l’action anticipatoire au Mali. L’objectif est de mieux protéger les populations exposées aux différents risques, notamment les inondations, la sécheresse et les crises humanitaires.

L’expérience partagée à Addis-Abeba rappelle finalement un principe simple :prévenir une catastrophe ne consiste pas seulement à savoir qu’elle arrive, mais surtout à donner aux populations les moyens d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

OB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 08/09/2026 by Ousmane BALLO

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