Au premier trimestre 2026, les exportations ont progressé de 111,3 % sur un an, tandis que l’excédent commercial s’est fortement réduit sous l’effet de la hausse des importations.
Le commerce extérieur malien reste dans le vert au premier trimestre 2026, mais avec une marge beaucoup plus étroite. Le pays a enregistré un excédent commercial de 63,2 milliards de FCFA, contre 419 milliards de FCFA au trimestre précédent.
Cette évolution intervient dans un contexte de forte progression des échanges. Les exportations ont plus que doublé en un an, principalement grâce au poids de l’or, tandis que les importations ont également accéléré. Les données mettent ainsi en évidence la solidité des ventes extérieures du Mali, mais aussi la vulnérabilité d’une économie encore fortement dépendante de quelques produits et partenaires commerciaux.
Au cours des trois premiers mois de 2026, les exportations maliennes ont atteint 1 111,3 milliards de FCFA, contre 525,9 milliards de FCFA à la même période de 2025. Elles enregistrent ainsi une progression de 111,3 % sur un an.
Cette performance doit toutefois être relativisée à l’échelle trimestrielle. Les exportations avaient atteint 1 286,4 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025, soit un recul de 13,6 % au premier trimestre 2026.
Le principal moteur reste l’or, qui représente 88,3 % de la valeur totale des exportations, hors minerais et concentrés d’or. Cette concentration confirme le rôle central du métal précieux dans les recettes extérieures du pays, tout en exposant le commerce malien aux variations de la production et des marchés internationaux.
Des produits exportés aux performances contrastées
En dehors de l’or, les évolutions sont plus diverses. Les exportations de céréales et de préparations à base de céréales ont diminué de 23,9 % par rapport au quatrième trimestre 2025. Sur un an, la tendance est toutefois inverse, avec une progression de 314,8 %, portée notamment par les exportations de biscuits et de produits assimilés.
Les sucres, préparations à base de sucre et miel ont, de leur côté, enregistré une hausse de 89,9 % par rapport au trimestre précédent. Sur une année, cette catégorie affiche cependant une baisse de 26,5 %. Ces résultats illustrent les possibilités de diversification du panier d’exportation, mais aussi la nécessité de développer davantage les filières agricoles et industrielles susceptibles de générer des recettes durables sur les marchés extérieurs.
Si les exportations progressent fortement, les importations connaissent elles aussi une accélération. Elles se sont établies à 1 048,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre 858,1 milliards de FCFA un an auparavant et 867,4 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025. Cette évolution représente une hausse de 22,1 % sur un an et de 20,8 % par rapport au trimestre précédent.
La progression des importations explique en grande partie la contraction de l’excédent commercial. Le taux de couverture des importations par les exportations est ainsi passé de 148,3 % au quatrième trimestre 2025 à 106,2 % au premier trimestre 2026. Le Mali conserve donc un solde commercial positif, mais l’écart entre ses ventes et ses achats extérieurs s’est nettement réduit.
Machines, énergie et agriculture au cœur des importations
La structure des importations renseigne sur les besoins de l’économie malienne. Les machines et matériels de transport représentent 27,2 % de la valeur totale des importations. Les combustibles et produits issus des industries extractives arrivent ensuite avec 25,1 %, tandis que les produits agricoles représentent 16 % des achats extérieurs.
Certaines catégories affichent des hausses particulièrement importantes. Les importations de sucres, préparations à base de sucre et miel ont notamment bondi de 242,6 %. Les achats d’autres sucres, issus de la betterave ou de la canne à sucre, progressent pour leur part de 229,7 %.
Sur un an, les importations de céréales ont également augmenté de 39,3 %, alors que celles des sucres, préparations à base de sucre et miel ont progressé de 142,5 %. La répartition géographique des échanges montre une concentration importante des exportations maliennes.
Avec 843,9 milliards de FCFA d’achats, l’Afrique du Sud apparaît comme le principal client du Mali au premier trimestre 2026. Elle est suivie de l’Australie, avec 135,4 milliards de FCFA, puis de la Chine, avec 55,7 milliards de FCFA.
Cette concentration est notamment liée au poids de l’or dans les exportations maliennes. Elle souligne également l’importance de consolider de nouveaux débouchés afin de réduire la dépendance à un nombre limité de marchés.
Du côté des importations, la Chine occupe la première place avec 306,8 milliards de FCFA de marchandises fournies au Mali. La Côte d’Ivoire arrive en deuxième position avec 201,4 milliards de FCFA, suivie du Sénégal, avec 160,2 milliards de FCFA. L’Inde et la France complètent le classement avec respectivement 68,4 milliards et 47,6 milliards de FCFA.
Cette configuration confirme le poids des partenaires asiatiques et ouest-africains dans l’approvisionnement du Mali. Les chiffres du premier trimestre 2026 présentent donc un paradoxe : les exportations connaissent une progression spectaculaire sur un an, mais l’excédent commercial se réduit fortement.
L’explication tient principalement à l’accélération des importations. Le Mali continue de vendre davantage à l’extérieur qu’il n’achète, mais sa marge commerciale s’est considérablement resserrée.
À moyen terme, l’enjeu sera donc de transformer la performance actuelle des exportations en une dynamique plus durable, en renforçant la diversification des produits exportés, la transformation locale des matières premières et la compétitivité des filières agricoles et industrielles.
La forte dépendance à l’or demeure, à cet égard, l’un des principaux défis. Une diversification réussie permettrait au Mali de mieux résister aux fluctuations des marchés internationaux et de consolider durablement son équilibre commercial.
Ousmane BALLO
Source : Le Capital
