Les fortes pluies, les épisodes de foudre et les vents violents continuent de faire des victimes au Mali. Depuis le début de l’hivernage, les intempéries ont causé 13 décès, fait 17 blessés et affecté près de 2 800 personnes, selon le bilan arrêté au 2 septembre 2026 par le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes.
La saison des pluies reste particulièrement surveillée au Mali. Au 2 septembre 2026, les intempéries enregistrées à travers le pays ont déjà provoqué d’importants dégâts humains et matériels. D’après le bilan du Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, six cas d’inondation, dix cas de foudre et quatre épisodes de vents violents ont été recensés depuis le début de l’hivernage.
Ces différents événements ont entraîné 13 décès et 17 blessés, tandis que 153 effondrements ont également été enregistrés. Au total, 355 ménages, représentant près de 2 800 personnes, ont été affectés par les intempéries. Face à la persistance des risques, les autorités ont renforcé les dispositifs de prévention et de réponse aux catastrophes.
Des équipes d’intervention rapide sont mobilisées afin de répondre aux situations d’urgence. Dans plusieurs localités, les opérations de curage des caniveaux se poursuivent également pour faciliter l’évacuation des eaux pluviales et réduire les risques d’inondation.
Les actions de sensibilisation constituent un autre volet du dispositif. À travers les médias et l’application SOS Sécurité, les populations sont régulièrement informées des comportements à adopter en cas d’intempéries.
Cette vigilance demeure d’autant plus nécessaire que le niveau de plusieurs cours d’eau continue de monter. Les autorités invitent ainsi les habitants des zones à risque à la prudence, particulièrement dans les secteurs exposés aux inondations et aux débordements.
Une pluviométrie moins importante cette année
Malgré ce bilan lourd, les dégâts liés aux pluies apparaissent moins importants que ceux enregistrés au cours de certaines années précédentes. Une situation que l’urbaniste Ibrahim Abdrahamane Kounta, vice-président de l’Ordre des urbanistes du Mali, attribue notamment à une pluviométrie moins abondante.
Selon lui, « la baisse des dégâts s’explique par la faiblesse de la pluviométrie cette année par rapport aux cinq dernières années ». Cette baisse des précipitations serait particulièrement perceptible dans les villes situées en dehors de Bamako, où elle contribuerait à limiter l’ampleur des inondations et leurs conséquences.
Dans la capitale, l’évolution de la situation s’expliquerait également par les travaux réalisés sur les réseaux d’évacuation des eaux pluviales et les cours d’eau. Ibrahim Abdrahamane Kounta cite notamment la libération de certaines servitudes des cours d’eau, ainsi que les opérations de curage menées dans plusieurs quartiers de Bamako.
« La libération des servitudes des cours d’eau que nous avons constatée par le ministère en charge de l’urbanisme peut expliquer cette baisse des dégâts au niveau de Bamako », estime-t-il.
Les opérations de curage auraient également facilité l’écoulement des eaux vers les principaux exutoires. « Les curages aussi dans la ville de Bamako ont permis l’écoulement fluide des eaux pluviales vers l’exutoire qui est le fleuve Niger », souligne l’urbaniste.
Ces interventions, combinées à une pluviométrie relativement faible, pourraient ainsi expliquer une partie de la réduction des dégâts observés dans la capitale.
Des risques qui restent présents
Si la situation semble moins critique que lors de certains hivernages précédents, la menace n’est pas pour autant écartée. La montée du niveau de plusieurs cours d’eau maintient notamment une pression sur les zones riveraines et les secteurs déjà vulnérables aux inondations.
Pour les autres villes du pays, l’urbaniste considère que la faiblesse de la pluviométrie demeure le principal facteur expliquant la baisse des dégâts. La prudence reste donc de mise jusqu’à la fin effective de l’hivernage. Les autorités exhortent les populations à respecter les consignes de sécurité, à éviter les zones dangereuses et à signaler rapidement toute situation à risque afin de permettre une intervention rapide des équipes de secours.
Avec 13 morts, 17 blessés et près de 2 800 personnes affectées, le bilan rappelle néanmoins la vulnérabilité persistante du Mali face aux aléas climatiques et l’importance de renforcer durablement les infrastructures d’évacuation des eaux et les mécanismes de prévention.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 08/09/2026 by Ousmane BALLO
