Bafoulabé : des centaines de voyageurs bloqués pendant des semaines, le bac saturé face à l’afflux du trafic

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La traversée du fleuve entre Tintinla, Babôrôtô et Bafoulabé est devenue un véritable parcours d’attente pour les usagers. Des centaines de camions, de cars et de minibus restent immobilisés pendant plusieurs semaines, parfois jusqu’à un mois, en raison de la saturation de l’unique bac assurant la liaison. Face à cette situation, les autorités locales ont adopté des mesures d’urgence pour fluidifier le trafic et limiter les risques sanitaires.

Depuis plusieurs mois, le bac reliant Tintinla à Babôrôtô, en passant par Bafoulabé, connaît une fréquentation exceptionnelle. De nombreux transporteurs et voyageurs privilégient désormais cet itinéraire afin d’éviter les axes routiers confrontés à l’insécurité.

Cette réorientation du trafic a provoqué un important embouteillage sur les deux rives du fleuve. Des centaines de véhicules, notamment des camions conteneurs transportant des marchandises, ainsi que des cars et des minibus, patientent dans des files interminables avant de pouvoir embarquer.

Selon les autorités locales, certains usagers attendent près d’un mois avant d’effectuer la traversée. L’allongement des délais suscite un profond mécontentement parmi les voyageurs et les transporteurs, qui dénoncent les difficultés économiques et sociales engendrées par cette situation.

« Dieu seul sait à quel point nous souffrons. Nous lançons un appel aux autorités afin qu’elles construisent un pont pour faciliter le transport de nos produits vers Bamako », confie un voyageur immobilisé à Bafoulabé. Pour de nombreux usagers, la réalisation d’un pont apparaît désormais comme la seule solution durable pour répondre à l’augmentation du trafic.

Les autorités prennent des mesures d’urgence

Face à cette crise, le Comité des épidémies et catastrophes s’est réuni en urgence le 23 juin à la mairie de Bafoulabé afin d’évaluer la situation et de définir des réponses immédiates.

Les autorités ont également engagé des discussions avec les populations riveraines, qui apportent un soutien aux voyageurs en les hébergeant gratuitement malgré leurs moyens limités.

À l’issue de la réunion, plusieurs décisions ont été prises pour améliorer la fluidité des traversées. Le fonctionnement du bac a été renforcé avec la suppression des pauses durant la journée ; l’extension des horaires d’exploitation de 6 h à 20 h sans interruption, contre 6 h 30 à 19 h auparavant.  Ces mesures visent à réduire progressivement les longues files d’attente qui se sont formées sur les deux rives.

Des conditions de séjour préoccupantes

Au-delà des difficultés de transport, les autorités alertent sur les conséquences humanitaires et sanitaires liées à la présence prolongée des voyageurs dans des conditions précaires. Le préfet de Bafoulabé, Siaka Souleymane Sanogo, souligne que l’absence d’infrastructures adaptées expose les usagers à plusieurs risques. « Si le séjour prend du temps, cela peut provoquer des problèmes, notamment des maladies. Nous prenons des précautions pour assister les passants, mais l’hébergement n’est pas garanti. Les toilettes sont insuffisantes et l’accès à l’eau potable ainsi qu’à la nourriture demeure difficile », explique-t-il.

Selon lui, une mobilisation collective reste indispensable afin d’éviter une dégradation de la situation. À l’origine de cette saturation se trouve l’état de vétusté de l’unique bac desservant cette traversée stratégique. Initialement conçu pour absorber un volume de trafic bien inférieur, il ne parvient plus à répondre à la demande croissante liée au report des flux de transport vers cet axe.

En attendant des investissements structurels, notamment la construction d’un pont réclamée par les usagers, les centaines de voyageurs et de transporteurs continuent de patienter sur les berges, dans l’espoir d’une traversée qui, pour certains, se fait attendre pendant plusieurs semaines.

IT / afrikinfos-Mali avec Studio Tamani

Last Updated on 26/06/2026 by Ousmane BALLO

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