AFG Bank est en discussions pour accorder un prêt pouvant atteindre 40 millions de dollars, soit environ 22,8 milliards de FCFA, afin de soutenir le développement de la mine d’or de Kobada au Mali. Si les négociations aboutissent, le groupe bancaire fondé par l’homme d’affaires ivoirien Koné Dossongui deviendra l’un des principaux partenaires financiers de ce projet stratégique, estimé à 216 millions de dollars (123,12 milliards de FCFA), dont la première production d’or est attendue au troisième trimestre 2027.
Après avoir annoncé, en mars 2026, sa décision finale d’investissement pour le développement de la mine de Kobada, située dans le sud-ouest du Mali, la société australienne Toubani Resources poursuit activement la sécurisation des ressources nécessaires au financement du projet.
La compagnie australienne indique être en négociations avancées avec AFG Bank afin de mettre en place une facilité de dette senior pouvant atteindre 40 millions de dollars, destinée à soutenir les travaux de construction de la future exploitation minière.
Selon les informations communiquées par l’entreprise, ce financement serait structuré autour d’un syndicat bancaire piloté par AFG Bank, renforçant ainsi la capacité financière du projet au moment où les travaux entrent dans une phase décisive.
Le prêt envisagé viendrait compléter un dispositif financier déjà largement sécurisé par Toubani Resources. Celui-ci repose notamment sur un accord de streaming de 160 millions de dollars (91,2 milliards de FCFA) conclu avec Eagle Eye Asset Holdings, une holding basée à Singapour, auquel s’ajoute une levée de capitaux de 48 millions de dollars (27,36 milliards de FCFA) actuellement réalisée par émission d’actions.
Avec l’apport potentiel d’AFG Bank, le financement global mobilisé atteindrait un niveau suffisant pour accompagner la réalisation du projet estimé à 216 millions de dollars (123,12 milliards de FCFA), tout en offrant à la société une marge de sécurité financière pour faire face aux imprévus liés à la construction. Le premier décaissement de cette facilité bancaire est envisagé dès le troisième trimestre 2026.
Coris Bank écartée du schéma de financement
Initialement, Toubani Resources avait engagé des discussions avec Coris Bank pour assurer ce financement bancaire.
Toutefois, dans sa dernière communication, la société ne fait plus référence à cet établissement, expliquant avoir renoncé à cette option en raison de délais d’approbation jugés incompatibles avec son calendrier de développement.
Ce changement ouvre ainsi la voie à AFG Bank, qui pourrait renforcer sa présence dans le financement des grands projets structurants en Afrique de l’Ouest.
Une production attendue dès 2027
Pour Phil Russo, directeur général de Toubani Resources, ce dispositif financier constitue une étape déterminante dans la concrétisation du projet. Selon lui, la combinaison d’un financement par capitaux propres, d’un accord de streaming sur la production future d’or et d’une facilité bancaire garantit les ressources nécessaires pour respecter le calendrier annoncé. L’entreprise vise une première coulée d’or au troisième trimestre 2027.
À terme, la mine de Kobada devrait produire en moyenne 162 000 onces d’or par an pendant une durée de vie estimée à 9,2 ans, renforçant ainsi la capacité de production aurifère du Mali, premier secteur exportateur du pays.
Pour AFG Bank, une participation au financement de Kobada s’inscrirait dans la continuité de sa stratégie d’accompagnement de l’économie malienne. En octobre 2025, le groupe bancaire avait déjà annoncé la mise en place d’une ligne de financement de 100 milliards de FCFA destinée aux entreprises locales afin de soutenir les investissements productifs et le développement du secteur privé.
Une implication dans Kobada renforcerait davantage son positionnement comme acteur majeur du financement des grands projets industriels et miniers en Afrique. Au-delà de son importance pour les investisseurs, le projet Kobada représente un enjeu économique majeur pour le Mali.
Développée sous le Code minier de 2023, la future mine s’inscrit dans la nouvelle politique minière du pays, qui permet à l’État malien de porter sa participation jusqu’à 35 % du capital des sociétés minières, dont 5 % réservés aux investisseurs nationaux, en complément des redevances, impôts et autres prélèvements fiscaux.
Cette réforme vise à accroître les retombées économiques de l’exploitation des ressources naturelles tout en renforçant la participation nationale dans les projets extractifs.
Le chantier constitue également un important levier de création d’emplois. Selon Toubani Resources, plus de 500 personnes travaillent actuellement sur le site, même si la société n’a pas précisé la proportion de travailleurs maliens.
L’avancement du financement de Kobada intervient dans un environnement marqué par la solidité des cours internationaux de l’or, qui soutiennent les investissements dans l’industrie minière.
Si les différentes opérations financières sont finalisées dans les délais annoncés, le projet pourrait respecter son calendrier de développement et contribuer, dès 2027, à consolider la position du Mali parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. Au-delà de l’accroissement des exportations, Kobada devrait générer des recettes fiscales supplémentaires, favoriser l’emploi local et renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux dans le secteur extractif.
Ousmane BALLO
Source : Le Capital
Last Updated on 10/08/2026 by Ousmane BALLO
