La hiérarchie des grandes mines d’or industrielles du Mali a connu un changement majeur en 2025. Avec une production de 530 769 onces, en hausse de 35 % sur un an, Fekola s’est hissée au premier rang des exploitations aurifères industrielles du pays, devançant ainsi le complexe Loulo-Gounkoto, jusque-là considéré comme la principale mine industrielle d’or du Mali.
Cette progression place Fekola au centre de l’attention du secteur minier malien. Derrière les chiffres de production se dessine en effet un dispositif capitalistique et financier plus large, qui associe le groupe canadien B2Gold, l’État malien et un réseau d’investisseurs internationaux.
L’année 2025 aura marqué un tournant pour Fekola. La mine a enregistré une progression de 35 % de sa production, pour atteindre 530 769 onces d’or. Cette performance lui permet de prendre la tête du classement des grandes mines industrielles du Mali.
Le résultat renforce également la position de Fekola dans le portefeuille minier de B2Gold, groupe canadien qui assure l’exploitation de l’actif à travers Fekola S.A.
La société minière est détenue à 80 % par B2Gold, tandis que 20 % du capital revient à l’État malien. Cette configuration fait de Fekola un actif stratégique à la fois pour l’opérateur canadien et pour les finances publiques maliennes.
B2Gold, au cœur du dispositif
Le groupe B2Gold constitue la pièce maîtresse de l’architecture économique de Fekola. Coté sur les marchés financiers internationaux, le groupe s’appuie lui-même sur une base d’investisseurs qui dépasse largement le cadre de la mine malienne.
Ainsi, derrière Fekola S.A. se trouve un ensemble d’actionnaires et d’investisseurs, notamment nord-américains, exposés indirectement aux performances de la mine à travers leur participation dans B2Gold.
Cette chaîne de détention permet de comprendre que les retombées économiques de la performance de Fekola ne se limitent pas à ses deux actionnaires directs. L’évolution de la production, des coûts, des réserves et de la rentabilité de l’exploitation constitue également un indicateur suivi par les marchés financiers et les investisseurs du groupe canadien.
Pour l’État malien, la montée en puissance de Fekola intervient dans un contexte où le secteur aurifère reste au cœur des enjeux de recettes publiques, d’investissements et de souveraineté économique.
La participation de 20 % détenue par l’État lui permet de bénéficier directement des résultats de l’exploitation, en plus des revenus liés à la fiscalité minière, aux droits et autres prélèvements prévus par la réglementation.
L’importance de Fekola dépasse donc la seule performance industrielle. La mine représente également un actif majeur dans la capacité du pays à mobiliser des recettes à partir de ses ressources naturelles.
Le nouvel équilibre du secteur aurifère
Le passage de Fekola devant Loulo-Gounkoto en matière de production annuelle constitue un changement significatif dans le paysage minier malien.
Pendant plusieurs années, le complexe Loulo-Gounkoto, exploité par Barrick Mining, a occupé une place dominante parmi les grandes exploitations industrielles du pays. La performance de Fekola en 2025 redistribue désormais les cartes.
Cette nouvelle hiérarchie devra toutefois être appréciée dans la durée. Les niveaux de production d’une mine peuvent évoluer en fonction des réserves, des teneurs du minerai, des investissements réalisés, des conditions opérationnelles et de l’environnement réglementaire.
La performance de Fekola illustre également l’importance du capital international dans l’exploitation des ressources aurifères maliennes.
En reliant un actif minier situé au Mali à un groupe coté et à une communauté d’investisseurs internationaux, la mine s’inscrit dans une chaîne financière qui va du site d’extraction jusqu’aux marchés de capitaux.
Pour les investisseurs, la production de Fekola constitue ainsi l’un des éléments permettant d’évaluer les perspectives de B2Gold. Pour le Mali, elle pose parallèlement la question de la meilleure manière de transformer cette richesse minière en revenus durables, en emplois, en investissements locaux et en retombées économiques pour les populations.
Avec 530 769 onces produites en 2025, Fekola n’est donc pas seulement devenue la première mine industrielle d’or du Mali en termes de production. Elle s’affirme également comme l’un des actifs miniers les plus importants du pays, au croisement des intérêts de l’État malien, d’un opérateur canadien et d’un vaste réseau d’investisseurs internationaux.
Ousmane BALLO
Source : Le Capital
Last Updated on 10/08/2026 by Ousmane BALLO
