Carburant : le litre d’essence grimpe jusqu’à 3 000 FCFA à Goundam et Koutiala malgré des approvisionnements récents

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La flambée des prix du carburant continue de peser sur le quotidien des populations dans plusieurs localités du pays. À Goundam, dans la région de Tombouctou, comme à Koutiala, dans le sud du Mali, le litre d’essence se vend désormais entre 2 500 et 3 000 FCFA, soit des niveaux largement supérieurs aux prix habituellement pratiqués.

Cette hausse intervient pourtant dans un contexte où le Mali a enregistré l’entrée de plus de 64 millions de litres de produits pétroliers entre le 1er et le 11 juin 2026, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Industrie et du Commerce lors de la 24e réunion de concertation sur les hydrocarbures.

Face à l’envolée des prix, les autorités administratives de Goundam ont convoqué une réunion avec les acteurs du commerce et du transport le jeudi 11 juin.

À l’issue des échanges, les participants ont décidé de fixer provisoirement le prix du litre d’essence à 2 750 FCFA, une mesure qui restera en vigueur jusqu’au 20 juin prochain. Avant cette décision, certains points de vente proposaient le litre à 3 000 FCFA, un niveau jugé insoutenable pour de nombreux usagers et professionnels dépendants du carburant pour leurs activités quotidiennes.

La situation est similaire à Koutiala, où les consommateurs constatent une hausse spectaculaire des prix depuis la fête de Tabaski.

Alors qu’il se vendait autour de 1 500 FCFA le litre il y a encore quelques jours, le carburant s’échange désormais entre 2 500 et 3 000 FCFA, soit une augmentation pouvant atteindre 100 %. Les revendeurs attribuent cette situation à une pénurie de carburant et à des difficultés d’approvisionnement. Toutefois, plusieurs consommateurs contestent cette explication et dénoncent plutôt des pratiques spéculatives au sein du circuit de distribution.

À Koutiala, la hausse des prix suscite d’autant plus d’interrogations que la ville a bénéficié de l’arrivée de trois citernes d’essence il y a environ une semaine. Pour de nombreux habitants, cette quantité aurait dû contribuer à stabiliser le marché local et à éviter une telle flambée des tarifs. Cette situation alimente les soupçons concernant d’éventuelles rétentions de stocks ou des pratiques de spéculation visant à profiter de la tension sur le marché.

La hausse observée dans certaines localités contraste avec les chiffres officiels annoncés par les autorités. Entre le 1er et le 11 juin 2026, le Mali a réceptionné 1 375 citernes, représentant plus de 64 millions de litres de produits pétroliers, dont une part importante d’essence et de gasoil.

Malgré ces volumes significatifs, les difficultés de distribution vers certaines zones éloignées, les coûts logistiques et les comportements spéculatifs continuent d’affecter les consommateurs.

Alors que les autorités multiplient les mesures pour sécuriser l’approvisionnement du pays en carburant, la question du contrôle des prix et de la disponibilité effective des produits dans les régions demeure un défi majeur pour garantir un accès équitable à l’énergie sur l’ensemble du territoire national.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 15/06/2026 by Ousmane BALLO

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