Les sociétés ésotériques d’initiation ont pratiquement disparu dans le Mandé, ou il n’existe plus de villages entièrement animistes. Partout les bois sacrés sont à l’abandon, les masques N’Tomo, Komo disparaissent et dans les villages les imams, les marabouts font une chasse incessante à tout ce qui est encore une survivance de la religion animiste. Il reste cependant la redoutable société des chasseurs Donso-ton.
Les chasseurs donso constituent non seulement les associations professionnelles puissantes mais conservent vivante une bonne partie de la tradition militaire et historique du Mandé. La chasse, si elle a perdu de son importance comme activité religieuses reste le support du très ancien culte du Sanen et Kontron(les deux divinités jumelles de la chasse).
Les societés de chasseurs regroupent dans les villages ceux qui acceptent de se soumettre à la regle «lada » des chasseurs. Chaque novice est instruit dans l’art de la chasse et sur les moyens de se protéger du Nyama des animaux par le maitre de la confrérie. L’ensemble de la société était dirigée par un donsoba( maitre chasseur) qui n’est pas nécessairement le plus vieux chasseur, mais le premier initié de la confrérie.
Les Chasseurs ne sont pas des Nyamakala. La capture du gibier les charge sans doute du nyama force néfaste qui est le lot de tous ceux qui travaillent le fer, le cuir ou le bois ou qui sont spécialisés dans la conservation des traditions orales ( griots), mais ni l’endogamie, ni la transmission de père en fils de la condition de chasseur ne sont les caractères des confréries, comme elles le sont des castes de forgerons ou de cordonniers. On devient donso par un choix libre, un système d’initiation progressive conduit le chasseur de l’état de novice Kalandé à celui de maitre chasseur ( donso ba).
Parmi les membres de la société certains exercent des rôles particuliers. Ainsi, le donso dyeli appelé encore « sora »( griot ou chantre)est chargé d’accompagner à la harpe( simbi), les cérémonies religieuses auxquelles participent ses confrères. Le griot des chasseurs connait également les légendes, les récits des prouesses des grands chasseurs qu’il célèbre dans les occasions.
Dans la société trois adeptes sont spécialement chargés de battre les tambours ( donso dunu).Il est indispensable d’employer le jeu de trois tambours dans toutes les cérémonies- nous apprend le Pr Youssouf Tata Cissé, auteur d’un ouvrage qui fait toujours autorité sur la confrérie des chasseurs.
Photos: Chasseurs du village de Niengué-coura
B.CAMARA journaliste Chercheur
Last Updated on 15/06/2026 by Ousmane BALLO
