En marge de l’atelier de partage et d’appropriation des nouvelles politiques nationales de l’eau et de l’assainissement du Mali, tenu le 20 mai 2026 à Bamako, la Coalition Nationale de la Campagne Internationale pour l’Eau Potable et l’Assainissement (CN-CIEPA/WASH), en partenariat avec WaterAid Mali, a organisé une conférence de presse destinée aux professionnels des médias.
L’objectif de cette rencontre était de permettre aux journalistes de mieux comprendre les contenus de la Politique nationale de l’Eau (PNE) et de la Politique nationale de l’Assainissement (PNA), ainsi que les programmes et plans d’actions qui les accompagnent.
La conférence a été coanimée par le Directeur national de l’Hydraulique, Sékou Diarra, et le Directeur national de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances, Niarga Oulé Dembélé. La rencontre s’est déroulée en présence du Directeur exécutif de la CN-CIEPA/WASH, Boureïma Tabalaba, et de Mamadou Keita, Manager Plaidoyer et Politiques à WaterAid Mali.
Dans son intervention, le Directeur national de l’Hydraulique, Sékou Diarra, a salué le leadership des plus hautes autorités du pays dans l’adoption de la nouvelle Politique nationale de l’Eau et de ses programmes d’actions.
Il a rappelé que le premier document stratégique du Mali en matière d’eau avait été adopté en 2006 pour une période de dix ans, dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Avec l’entrée en vigueur des Objectifs de Développement Durable (ODD) en 2016, il était devenu nécessaire d’élaborer un nouveau document adapté aux enjeux de l’horizon 2030.
Selon lui, la Politique nationale de l’Eau constitue désormais le cadre stratégique de référence pour la gestion des ressources en eau, l’approvisionnement des populations en eau potable, la gouvernance du secteur et le développement des infrastructures hydrauliques. « L’objectif principal est de garantir l’accès universel à l’eau potable au Mali », a indiqué Sékou Diarra, précisant que la mise en œuvre de cette politique s’étendra sur dix ans à travers plusieurs programmes portant notamment sur l’aménagement hydraulique, la gouvernance, l’alimentation en eau potable et la gestion durable des ressources en eau.
Le Directeur national de l’Hydraulique a également annoncé que le coût global de financement de cette politique est estimé à près de 300 milliards de francs CFA à mobiliser d’ici 2030. La répartition prévue du financement se présente comme suit : 28,40 % à la charge de l’État ; 69,80 % pour les partenaires techniques et financiers sous forme de prêt remboursable par l’État ; 1,18 % pour les collectivités territoriales et 0,44 % pour les usagers.
Il a souligné que la prochaine étape consistera à vulgariser la politique auprès des populations, des collectivités et des différents acteurs afin de faciliter sa mise en œuvre effective.
Une politique d’assainissement tournée vers l’horizon 2045
Pour sa part, le Directeur national de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances, Niarga Oulé Dembélé, a expliqué que l’adoption de la Politique nationale de l’Assainissement est l’aboutissement d’un long processus participatif et inclusif.
Selon lui, cette réforme fait suite à l’évaluation de l’ancienne politique de 2009, qui avait mis en évidence plusieurs insuffisances et lacunes nécessitant une relecture approfondie.
Il a précisé que la Politique nationale de l’Assainissement constitue désormais le document stratégique de référence du Mali dans ce domaine. Elle fixe les orientations du secteur, les objectifs à atteindre ainsi que les principes d’intervention visant à améliorer le cadre de vie des populations, protéger la santé publique et préserver l’environnement. « La PNA s’inscrit dans les grandes orientations des plus hautes autorités du pays et vise à améliorer durablement le cadre de vie des populations à l’horizon 2045 », a-t-il déclaré.
La mise en œuvre de cette politique repose sur une approche multi-acteurs impliquant l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile et les usagers.
Selon Niarga Oulé Dembélé, La nouvelle politique est structurée autour de cinq axes prioritaires : la gouvernance du sous-secteur de l’assainissement, la gestion des eaux usées et excréta, la gestion des eaux pluviales, la gestion durable des déchets solides ainsi que la gestion des déchets spéciaux.
Au total, ajoute-t-il, 21 actions structurantes et 251 activités sont planifiées pour un coût estimé à 137 milliards de francs CFA. Le financement sera assuré à hauteur de 35 % par l’État ; 32 % par les partenaires techniques et financiers ; 14 % par les collectivités territoriales ; 13 % par le secteur privé et 6 % par les usagers.
Niarga Oulé Dembélé a annoncé que la prochaine étape après l’adoption de la politique sera l’élaboration d’une feuille de route dédiée à sa mise en œuvre.
La société civile et WaterAid engagées pour l’application des politiques
Le Directeur exécutif de la CN-CIEPA/WASH, Boureïma Tabalaba, a salué la disponibilité et l’engagement des services techniques de l’État, notamment la Direction nationale de l’Hydraulique et la Direction nationale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances.
De son côté, Mamadou Keita, Manager Plaidoyer et Politiques à WaterAid Mali, a réaffirmé l’engagement de son organisation à accompagner l’État malien dans la mise en œuvre effective des nouvelles politiques. « Nous avons soutenu ce processus sur les plans financier et technique et nous continuerons à plaider auprès de nos partenaires pour la mobilisation des ressources nécessaires afin de garantir l’effectivité du droit à l’eau et à l’assainissement au Mali », a-t-il assuré.
À travers cette conférence de presse, les acteurs du secteur WASH entendent renforcer l’implication des médias dans la vulgarisation des nouvelles politiques nationales, considérées comme des leviers essentiels pour l’amélioration durable des conditions de vie des populations maliennes.
Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 21/05/2026 by Ousmane BALLO
