Le procès de l’affaire présumée de « complot contre l’État » a franchi une nouvelle étape devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Lors de l’audience de ce mardi, le ministère public a requis 20 ans de réclusion contre cinq accusés, dont l’ancien directeur général de la Sécurité d’État, le colonel-major Kassoum Goïta. La défense, de son côté, continue de dénoncer des irrégularités de procédure et conteste la fiabilité des éléments de preuve.
Après plusieurs jours de débats, l’audience de ce mardi a été consacrée aux observations du Contentieux de l’État, au réquisitoire du Procureur général ainsi qu’aux plaidoiries des avocats de la défense.
À l’issue de son réquisitoire, le ministère public a demandé à la Cour de condamner le colonel-major Kassoum Goïta à 20 ans de réclusion criminelle. La même peine a été requise contre Kalilou Doumbia et trois autres coaccusés, poursuivis dans le cadre de cette affaire.
En revanche, le Procureur général a sollicité l’acquittement du commissaire de police Moustapha Diakité, estimant que les éléments du dossier ne justifiaient pas sa condamnation.
La défense conteste la procédure
Face aux réquisitions du parquet, les conseils des accusés ont vivement contesté la solidité du dossier présenté à la Cour.
Les avocats dénoncent plusieurs irrégularités qu’ils jugent de nature à fragiliser la procédure. Ils évoquent notamment des incohérences dans les pièces versées au dossier, des éléments de preuve qui auraient été obtenus sous la contrainte ainsi que des contradictions relevées dans les déclarations du principal témoin, Soumaïla Bagayoko.
Pour la défense, ces insuffisances devraient conduire la juridiction à écarter certains éléments de preuve et à prononcer des décisions conformes aux principes d’un procès équitable.
Ouvert le 14 juillet devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako, ce procès figure parmi les dossiers judiciaires les plus suivis du moment en raison du profil des personnes poursuivies et de la nature des faits qui leur sont reprochés.
Les débats se poursuivent désormais après les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense. La Cour mettra prochainement l’affaire en délibéré ou poursuivra l’examen des derniers aspects du dossier avant de rendre sa décision.
En attendant le verdict, les accusés continuent de bénéficier de la présomption d’innocence, conformément aux principes du droit pénal, jusqu’à ce qu’une décision définitive soit prononcée par la juridiction compétente.
IT / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 22/07/2026 by Ousmane BALLO
