La commune de Doussoudiana, dans le cercle de Yanfolila, région de Bougouni, a accueilli, le 18 juin 2026, une importante manifestation culturelle dans le cadre des Journées nationales du patrimoine culturel. Placée sous le signe de la valorisation des traditions ancestrales, cette édition du Sanyailaima Thiesson Latrou (Géomancie) a réuni maîtres de savoirs traditionnels, élèves, autorités coutumières, artistes et populations autour de la préservation du patrimoine immatériel malien.
L’événement était placé sous le parrainage de Bolokoro Seydou Bagayoko, grand maître Soma Komotigui de Bougouni-Torakabougou. Organisée autour du thème « Thiesson Latrou : la Géomancie et l’importance du sacrifice annuel », la rencontre a débuté par le sacrifice traditionnel de Latrou, une pratique ancestrale qui, selon les initiés, vise à implorer bénédictions, protection, paix et prospérité pour les familles et pour l’ensemble du Mali.
Après cette cérémonie rituelle, les festivités se sont poursuivies avec des démonstrations culturelles, des témoignages et des échanges autour des connaissances traditionnelles. Les participants ont mis en avant l’importance de la transmission des savoirs hérités des ancêtres aux jeunes générations.
La soirée culturelle a été marquée par la prestation de l’artiste Solomany Konaté, dit Djicoroni Solo, venu soutenir cette initiative dédiée à la sauvegarde des valeurs culturelles africaines. Initiateur du Sanyailaima Thiesson Latrou, Toumany Sidibé, connu sous le nom de NIANI, s’est réjoui de la tenue de cette sixième édition.
Selon lui, la géomancie repose sur des principes et des engagements qui exigent le respect de rites annuels transmis de génération en génération. « Chaque année, nous accomplissons ce sacrifice pour remercier Dieu, demander la protection du Mali et poursuivre le chemin tracé par nos maîtres », a-t-il déclaré.
L’initiateur a également rendu hommage aux maîtres qui ont contribué à sa formation, notamment Mankourama Bourama de Toula, Amadou Diakité, Bakary Coulibaly et Bolokoro Seydou Bagayoko.
Une tradition qui fédère maîtres et disciples
La cérémonie a également servi de cadre de retrouvailles entre praticiens et élèves issus de différentes localités du pays. Pour Djinetigui Saran Wattara, venu de Koutiala, la géomancie et les savoirs traditionnels constituent une composante essentielle de l’identité culturelle africaine. Il a salué l’engagement de Toumany Sidibé dans la promotion et la préservation de cet héritage.
De son côté, Dramane Sangaré, disciple de Bolokoro Seydou Bagayoko, a souligné la forte implication des élèves qui se mobilisent chaque année pour assurer le succès de cette rencontre culturelle.
Parrain de l’événement, Bolokoro Seydou Bagayoko a insisté sur l’importance de la transmission intergénérationnelle des connaissances traditionnelles. « Nous continuons à suivre le chemin de nos ancêtres à travers ces sacrifices annuels et la transmission des enseignements liés à la géomancie », a-t-il affirmé.
Il a également cité plusieurs de ses anciens élèves aujourd’hui reconnus dans différentes localités du Mali, illustrant ainsi la vitalité de cette tradition et sa continuité à travers les générations. Selon lui, ces pratiques contribuent non seulement à préserver les valeurs culturelles, mais également à accompagner les communautés dans la recherche de solutions à certaines difficultés sociales et spirituelles.
Invité d’honneur de la soirée, l’artiste Solomany Konaté dit Djicoroni Solo a profité de l’occasion pour rappeler l’importance de la sauvegarde des traditions africaines face aux mutations du monde contemporain. « L’Afrique ne doit jamais abandonner sa culture. Les autres peuples préservent leurs traditions ; nous devons faire de même pour transmettre notre identité aux générations futures », a-t-il déclaré.
L’artiste a présenté le Sanyailaima Thiesson Latrou comme l’une des expressions du riche patrimoine culturel africain, héritée des ancêtres et perpétuée grâce à l’engagement des détenteurs de savoirs traditionnels.
À travers cette célébration, Doussoudiana a une nouvelle fois affirmé son attachement à la préservation du patrimoine culturel immatériel. En réunissant maîtres, disciples, artistes et populations, l’événement a permis de mettre en lumière l’importance de la transmission des connaissances ancestrales et du maintien des traditions qui constituent une part essentielle de l’identité culturelle malienne.
Aly Badra Keita (A B K)
Source: Ziré
