Bougouni, 8 août 2026. — La nuit du samedi 8 août restera comme un moment particulier pour la jeunesse de Bougouni. À l’Hôtel 223 Night-Club, le jeune entrepreneur et commerçant Abdoulaye Sangaré, plus connu sous le nom d’« Ablo iPhone », a organisé une grande soirée en l’honneur de ses clients, de ses amis et, plus largement, de la jeunesse de la ville.
La mobilisation était au rendez-vous. La salle affichait complet et les participants sont venus nombreux partager ce moment de convivialité et soutenir les parrains et marraines de l’événement.
Les festivités, lancées vers 22 heures, se sont poursuivies jusqu’à 4 heures du matin, au son de la musique et dans une ambiance mêlant danse, échanges et retrouvailles.
Mais derrière cette soirée festive se cache surtout le parcours d’un jeune homme qui entend démontrer qu’avec de la volonté et de la persévérance, il est possible de bâtir progressivement une activité prospère, même avec des moyens modestes.
Originaire de Bougouni et titulaire du baccalauréat, Abdoulaye Sangaré a d’abord rêvé d’une carrière dans le football. Passionné par ce sport depuis son enfance, il commence à jouer dès l’âge de cinq ans. Son parcours sportif l’amène notamment à Abidjan et dans plusieurs pays de la sous-région.
Le rêve de devenir footballeur professionnel ne se concrétisera toutefois pas. Loin de se laisser décourager, le jeune homme choisit alors de se tourner progressivement vers le commerce.
Son histoire dans la vente de téléphones commence avec une somme de 60 000 FCFA. Avec l’aide de sa marâtre, notamment pour effectuer le déplacement jusqu’à Abidjan, il achète son premier téléphone : un iPhone 6s Plus.
L’appareil est revendu avec un bénéfice. Une première expérience qui va progressivement ouvrir la voie à une nouvelle aventure. « J’ai commencé avec seulement 60 000 francs CFA », raconte Ablo.
À ses débuts, il ne dispose ni de boutique ni de moyens importants. Pendant plus d’un an, il commercialise ses téléphones directement auprès de ses clients, en s’appuyant essentiellement sur ses contacts et son réseau.
La confiance comme moteur
En 2023, Ablo se rend à Bamako à la recherche de fournisseurs et de nouvelles opportunités. Il explique avoir alors bénéficié de la confiance d’un commerçant du Grand Marché, qui accepte de lui confier quelques téléphones sous garantie, avec un règlement après leur vente.
Cette confiance va lui permettre de franchir progressivement plusieurs étapes. Son stock passe de deux téléphones à cinq, puis à dix. Petit à petit, l’activité se développe et la réputation du jeune commerçant s’installe.
À Bougouni, il peut également compter sur les conseils et l’accompagnement de son grand frère, connu sous le nom de Yatt Électronique. Celui-ci l’encourage notamment à se spécialiser davantage dans la commercialisation des iPhone. C’est dans ce contexte que le surnom « Ablo iPhone » va s’imposer et devenir progressivement associé à son activité.
Dans le récit de son parcours, Abdoulaye Sangaré accorde une place particulière à sa marâtre. Il souligne le soutien qu’elle lui a apporté à ses débuts, alors que son projet ne faisait pas forcément l’unanimité autour de lui.
Selon son témoignage, c’est notamment grâce à elle qu’il a pu effectuer son premier déplacement à Abidjan pour démarrer son activité. Avec le temps, les difficultés qu’elle a elle-même rencontrées l’ont conduit, dit-il, à considérer qu’il était de son devoir de lui apporter à son tour son soutien.
Pour Ablo, la réussite n’a de véritable sens que lorsqu’elle s’accompagne de reconnaissance envers ceux qui ont contribué à notre parcours. Il invite ainsi les jeunes à respecter leurs parents, leurs marâtres, leurs enseignants et leurs aînés, tout en restant reconnaissants envers les personnes qui leur tendent la main dans les moments difficiles.
Une ambition qui dépasse les téléphones
Aujourd’hui, les ambitions d’Abdoulaye Sangaré ne se limitent plus au commerce des téléphones portables. Il affirme avoir progressivement diversifié ses activités et ses investissements.
Le jeune entrepreneur s’intéresse notamment au secteur automobile, à travers la vente et la location de véhicules. Il évoque également des activités dans l’aménagement et la location d’appartements.
À travers cette diversification, son ambition est désormais plus large : contribuer, à son niveau, au développement économique de Bougouni et montrer aux jeunes qu’il est possible de créer des opportunités sans forcément quitter leur ville. « Bougouni m’a tout donné », affirme-t-il.
Un message qui traduit sa volonté de voir davantage de jeunes entreprendre localement et participer au développement de leur communauté.
Pour Abdoulaye Sangaré, l’une des principales leçons de son parcours tient au fait qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’importantes ressources financières pour se lancer. Son propre exemple, commencé avec 60 000 FCFA et un premier iPhone, constitue selon lui une illustration de cette conviction.
Il appelle donc les jeunes à miser avant tout sur la volonté, le courage, l’honnêteté et la persévérance. Les difficultés, estime-t-il, ne doivent pas être perçues comme une raison d’abandonner, mais comme des étapes à surmonter. « Le temps n’attend personne. Il faut travailler et croire en son rêve », insiste-t-il.
L’unité comme clé du développement de Bougouni
Au-delà de son propre parcours, Ablo souhaite également faire passer un message d’unité aux fils et filles de Bougouni. Selon lui, le développement de la ville passe nécessairement par la solidarité, l’entraide et la capacité des habitants à se soutenir mutuellement.
Il encourage ainsi les jeunes à créer davantage de liens, à s’accompagner dans leurs projets et à privilégier les initiatives susceptibles de contribuer au développement de leur territoire.
La soirée organisée à l’Hôtel 223 Night-Club aura donc été bien plus qu’un simple rendez-vous festif. Derrière la musique et les réjouissances, elle aura permis de mettre en lumière le parcours d’un jeune entrepreneur local.
De ses débuts avec 60 000 FCFA et un iPhone 6s Plus à la diversification de ses activités, Abdoulaye Sangaré, alias « Ablo iPhone », veut aujourd’hui transmettre une conviction : la réussite peut commencer petit, à condition de travailler, de persévérer et de ne jamais renoncer à ses ambitions.
Aly Badra Keita (A.B.K) / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 11/08/2026 by Ousmane BALLO
