La Cour d’appel de Bamako doit rendre, ce 25 juin 2026, sa décision dans le dossier opposant un collectif de 151 anciens travailleurs temporaires à Orange Mali. Cette affaire, suivie de près par les organisations syndicales et les défenseurs des droits des travailleurs, pourrait constituer un précédent majeur pour le droit du travail au Mali.
Les plaignants dénoncent ce qu’ils qualifient de licenciement abusif, de dissimulation d’emploi et de violation du Code du travail. Regroupés au sein d’un collectif, ils affirment avoir été employés pendant plusieurs années sous des contrats d’intérim ou de prestation renouvelés à plusieurs reprises, sans bénéficier des droits accordés aux travailleurs permanents.
Selon les informations communiquées par le collectif, la procédure judiciaire a été engagée devant le Tribunal du travail à la fin de l’année 2024 avant d’être portée devant la Cour d’appel de Bamako. Lors d’une audience tenue en mars 2026, la juridiction avait mis l’affaire en délibéré, fixant la date du prononcé de l’arrêt au 25 juin 2026.
Pour les anciens employés concernés, cette échéance représente un moment décisif dans leur quête de reconnaissance et de réparation. « Nous demandons justice et la reconnaissance de nos droits en tant que travailleurs. Demain, c’est le jour d’espoir pour les 151 Travailleurs abusivement licenciés par Orange Mali. Nous sommes victimes de Orange Mali et nous demandons justice », soutiennent les membres du collectif.
Au cœur du litige figure l’utilisation présumée de contrats de prestation et d’intérim par l’intermédiaire de bureaux de placement, notamment RMO et CEI SARL. Les ex-travailleurs estiment que ces mécanismes ont permis de maintenir durablement des employés dans une situation de précarité tout en évitant certaines obligations légales liées à l’emploi permanent.
Ainsi, le collectif réclame la requalification de leurs contrats de travail ; le paiement de dommages et intérêts ; la reconnaissance des préjudices liés aux licenciements contestés ; l’application des dispositions du Code du travail malien. Les plaignants affirment également que plus de 850 travailleurs ont été concernés par des situations similaires au fil des années.
Une décision très attendue
Le verdict attendu ce 25 juin 2026 pourrait avoir des répercussions importantes sur les pratiques de gestion des ressources humaines au sein des grandes entreprises opérant au Mali.
Pour les anciens travailleurs, cette décision représente avant tout l’espoir d’obtenir réparation après plusieurs années de procédure judiciaire. Quel que soit son contenu, l’arrêt de la Cour d’appel de Bamako est appelé à être suivi avec attention par les acteurs du monde du travail, les organisations syndicales, les entreprises et les juristes spécialisés en droit social.
À l’approche du délibéré, les 151 ex-travailleurs d’Orange Mali affirment rester mobilisés dans l’attente d’une décision qu’ils considèrent comme déterminante pour leur avenir et pour la défense des droits des travailleurs au Mali.
Ousmane BALLO
Source : Ziré
