Ouagadougou, 24 juin 2026 – Les enjeux de la souveraineté alimentaire au Burkina Faso et dans l’espace de la Confédération des États du Sahel (AES) étaient au cœur d’un panel de haut niveau organisé le 23 juin à Ouagadougou. Placée sous le parrainage du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, la rencontre a réuni des responsables gouvernementaux, des experts, des acteurs du secteur agricole et des représentants de la diaspora autour des stratégies visant à renforcer l’autosuffisance alimentaire dans la région.
Organisé par le consortium Burkine Bi SARL, ALTM Holding S.A.S et l’ONG Sini Gnassigui Afrique (SGA-ALTM-BBI), en collaboration avec les ministères en charge de l’Agriculture et des Affaires étrangères, le panel s’est tenu sous le thème : « La souveraineté alimentaire au Burkina Faso et dans la Confédération des États du Sahel ».
L’objectif était de favoriser le dialogue entre les différents acteurs autour des politiques publiques agricoles, des techniques de production résilientes et des pratiques sylvo-agro-pastorales durables adaptées aux réalités locales. Les discussions ont également porté sur le rôle stratégique de la diaspora dans l’accompagnement de la transition vers une souveraineté alimentaire durable au Burkina Faso et dans l’ensemble de l’espace AES.
Le premier panel a été coanimé par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, et le secrétaire général adjoint du ministère de l’Agriculture, Yassia Kindo. Pour ce dernier, la réussite du projet politique porté par la Confédération AES repose en grande partie sur la capacité des États membres à garantir leur sécurité alimentaire. « L’idéal d’indépendance et de liberté que défend la Confédération AES repose avant tout sur la garantie de la souveraineté alimentaire », a-t-il souligné.
Cette vision a été largement partagée par les participants, qui ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de production agricole afin de réduire la dépendance aux importations alimentaires. Dans son intervention, le chef de la diplomatie burkinabè a mis en avant les importantes ressources agricoles dont disposent les trois pays membres de l’AES.
Selon lui, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont engagé des efforts coordonnés pour améliorer la sécurité alimentaire des populations et bâtir un modèle agricole plus autonome et plus résilient. Il a notamment évoqué les initiatives visant à renforcer les échanges économiques et à développer un marché intérieur intégré au sein de la Confédération. « Nous avons les mêmes objectifs de souveraineté, les mêmes objectifs de développement », a déclaré Karamoko Jean Marie Traoré.
Pour les autorités burkinabè, la mutualisation des capacités productives, des infrastructures et des savoir-faire constitue un levier essentiel pour accélérer la transformation agricole de l’espace sahélien. Les échanges ont également mis en lumière le rôle que peut jouer la diaspora dans la modernisation du secteur agricole. Le ministre des Affaires étrangères a souligné que les compétences et l’expertise accumulées à l’étranger représentent un atout majeur pour l’amélioration des systèmes de production et la valorisation des chaînes de valeur agricoles. « Au plan de l’expertise, nous avons une diaspora qui a beaucoup à apporter dans la transformation de nos systèmes de production », a-t-il affirmé.
Cette contribution pourrait se traduire par des transferts de technologies, des investissements ciblés ou encore l’accompagnement de projets innovants dans les domaines de l’agriculture et de l’agro-industrie.
En conclusion, Karamoko Jean Marie Traoré a appelé les acteurs publics et privés à renforcer les cadres de dialogue et à conjuguer leurs efforts pour relever les défis agricoles auxquels fait face la région. La cérémonie d’ouverture du panel a été présidée par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, l’ambassadeur Hermann Yirigouin Toé, représentant le ministre et parrain de l’événement.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent contribuer à l’émergence de solutions concrètes pour faire de la souveraineté alimentaire un pilier du développement économique et de l’intégration au sein de la Confédération des États du Sahel.
IB / Afrikinfos-Mali
