Le gouvernement burkinabè a élevé le ton lundi contre une récente résolution du Parlement européen, jugée hostile au Burkina Faso. Les autorités ont officiellement exprimé leur mécontentement auprès de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, dénonçant des accusations fondées, selon elles, sur des informations erronées et une lecture biaisée de la situation du pays.
Dans le cadre de cette démarche diplomatique, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu le chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain.
Cette rencontre avait pour objectif de transmettre officiellement la réaction des autorités burkinabè à la suite de l’adoption d’une résolution du Parlement européen et des déclarations de l’eurodéputé français Christophe Gomart, considérées par Ouagadougou comme inacceptables.
Selon le ministre, cette convocation visait à exprimer la « désapprobation », la « déception » et même le « dégoût » du gouvernement face aux positions défendues lors des débats au sein de l’institution européenne.
Des accusations rejetées par Ouagadougou
Au cours de l’entretien, Karamoko Jean Marie Traoré a fermement contesté les critiques formulées à l’encontre du Burkina Faso, estimant qu’elles reposaient sur des informations inexactes et une méconnaissance des réalités du terrain.
Le chef de la diplomatie burkinabè a notamment rappelé les efforts consentis par son pays dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme, en coordination avec les autres États de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Mali et le Niger.
« Notre pays se bat depuis longtemps contre l’insécurité aux côtés du Mali et du Niger. Voir un parlementaire avancer des chiffres erronés sur un pays qu’il n’a jamais visité revient à souiller la sacralité du Parlement européen par un discours aux relents néocoloniaux », a-t-il déclaré.
Les autorités burkinabè ont également dénoncé ce qu’elles considèrent comme une tentative d’ingérence dans les affaires internes du pays.
Le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé le droit souverain du Burkina Faso à définir et mettre en œuvre ses politiques en matière de sécurité, de gouvernance et de gestion de l’espace civique, sans intervention extérieure.
Dans son argumentaire, il a aussi évoqué les causes profondes de l’instabilité au Sahel, soulignant que certains responsables européens semblent ignorer les répercussions de l’intervention de l’OTAN en Libye sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la région.
L’Union européenne prend acte des préoccupations burkinabè
De son côté, le chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain, a indiqué avoir pris bonne note des préoccupations exprimées par les autorités burkinabè.
Le diplomate européen s’est engagé à transmettre le message de Ouagadougou aux instances compétentes de l’Union européenne pour examen.
Cette nouvelle passe d’armes intervient dans un contexte de relations parfois tendues entre le Burkina Faso et certaines institutions européennes. Depuis plusieurs mois, les questions liées à la sécurité, à la gouvernance et à la souveraineté nationale alimentent des divergences entre Ouagadougou et plusieurs partenaires occidentaux.
La convocation du représentant de l’Union européenne illustre ainsi la volonté des autorités burkinabè de défendre leur position sur la scène internationale et de réagir aux prises de position qu’elles jugent contraires aux réalités du pays.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 23/06/2026 by Ousmane BALLO
