Recettes publiques du premier trimestre 2026 : 798 milliards FCFA encaissés

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Les régies financières maliennes ont mobilisé 798,1 milliards de FCFA au cours du premier trimestre 2026. Ce montant représente 27,8 % de l’objectif annuel de 2 869,6 milliards de FCFA fixé par les autorités budgétaires. Si cette performance traduit une dynamique positive dans la mobilisation des recettes publiques, elle met également en évidence l’ampleur des efforts à fournir pour atteindre les ambitions budgétaires de l’exercice en cours.

Selon les données du tableau synoptique de la Direction générale du Budget, la Direction générale des Impôts (DGI) demeure le principal pourvoyeur de recettes publiques. Elle a enregistré un recouvrement de 360,3 milliards de FCFA, soit 45 % des ressources mobilisées au premier trimestre.

Malgré ce volume important, le taux de réalisation de la DGI s’établit à 23,4 % de ses prévisions annuelles, laissant apparaître une marge significative de progression pour les prochains mois.

De son côté, la Direction générale des Douanes (DGD) a mobilisé 284,4 milliards de FCFA, correspondant à 29,2 % de ses objectifs annuels. Avec une contribution de 36 % des recettes globales, l’administration douanière confirme son rôle stratégique dans la collecte des ressources de l’État, notamment à travers le contrôle des flux commerciaux et la lutte contre la fraude.

À elles seules, les administrations des Impôts et des Douanes concentrent plus de 81 % des recettes mobilisées, illustrant la forte dépendance du système fiscal malien à ces deux leviers de financement.

La Direction générale des Domaines et du Cadastre se distingue comme le service le plus performant en termes de réalisation des objectifs. Avec 140 milliards de FCFA recouvrés sur une prévision annuelle de 270 milliards, elle affiche un taux de réalisation remarquable de 51,9 %.

Cette performance représente près de 18 % des recettes totales mobilisées au cours du trimestre et témoigne d’une capacité accrue à valoriser le patrimoine foncier et domanial de l’État.

Les chiffres sont plus mitigés pour certaines structures financières. Le Trésor et la Comptabilité publique ont enregistré 13,1 milliards de FCFA, soit 17,7 % de leurs prévisions annuelles. Leur contribution reste limitée à 1,6 % de l’ensemble des recettes mobilisées.

La situation est encore plus préoccupante au niveau de la Dette publique, où seulement 19 millions de FCFA ont été mobilisés sur une prévision de 3,39 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation extrêmement faible de 0,56 %. Cette contre-performance met en évidence les difficultés persistantes dans la gestion et le recouvrement de certaines ressources financières.

Les ressources de trésorerie ont atteint 5,5 milliards de FCFA, correspondant à un taux de réalisation de 16,7 %. Bien que leur poids demeure modeste dans l’ensemble des recettes, ces résultats traduisent une certaine amélioration dans la gestion des flux financiers de l’État et pourraient annoncer une dynamique plus favorable au cours des prochains trimestres.

L’analyse des performances du premier trimestre révèle une forte concentration des recettes autour des Impôts et des Douanes. Cette dépendance souligne la nécessité pour les autorités de diversifier davantage les sources de revenus afin de renforcer la résilience des finances publiques face aux chocs économiques.

Parallèlement, l’amélioration du rendement fiscal, le renforcement de la conformité des contribuables, la modernisation des mécanismes de collecte et une meilleure valorisation du patrimoine public apparaissent comme des leviers essentiels pour consolider les recettes de l’État.

Si les résultats enregistrés au premier trimestre traduisent une mobilisation appréciable des ressources, le rythme actuel devra être significativement renforcé pour atteindre l’objectif annuel de 2 869,6 milliards de FCFA.

Les prochains mois seront déterminants pour les régies financières, qui devront intensifier leurs efforts de recouvrement tout en poursuivant les réformes destinées à élargir l’assiette fiscale et à améliorer l’efficacité des administrations financières. L’atteinte de ces objectifs demeure essentielle pour financer les investissements publics, soutenir la croissance économique et renforcer la stabilité budgétaire du Mali.

Ousmane BALLO

Source : Le Capital

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