Les autorités maliennes poursuivent la mise en œuvre de la réforme du secteur minier engagée à travers le Code minier de 2023. Le Commissariat chargé des Activités Minières (CCAM) a tenu, le 5 juin 2026 à Bamako, la première session de son Comité technique, une instance stratégique appelée à jouer un rôle clé dans l’orientation et le suivi des politiques publiques minières.
Présidée par le Commissaire chargé des Activités Minières, Hilaire Bébian Diarra, cette réunion marque une étape importante dans l’opérationnalisation du CCAM, créé pour renforcer la gouvernance du secteur extractif et maximiser les retombées économiques des ressources minières au profit de l’État et des populations.
Institutionnalisé par le nouveau Code minier adopté en 2023, le Commissariat chargé des Activités Minières constitue l’un des principaux instruments de la réforme engagée par les autorités de la Transition pour renforcer la souveraineté nationale sur les ressources naturelles.
Cette première session du Comité technique intervient dans un contexte où le secteur minier demeure l’un des piliers de l’économie malienne, représentant une source majeure de recettes d’exportation, d’investissements et de revenus budgétaires.
À l’ouverture des travaux, Hilaire Bébian Diarra a rappelé les défis structurels auxquels l’industrie extractive reste confrontée, notamment en matière de gouvernance, de contenu local, de protection de l’environnement et de partage équitable des bénéfices issus de l’exploitation des ressources minières.
« La qualité des décisions dépend de la qualité des analyses qui les fondent », a-t-il déclaré, invitant les membres du Comité à faire de cette instance un véritable laboratoire de réflexion stratégique au service du développement du secteur.
La création du CCAM s’inscrit dans la dynamique de réforme impulsée par les autorités maliennes à travers le Code minier de 2023. L’un des changements majeurs introduits par cette réforme concerne le renforcement de la participation nationale dans les projets miniers. Désormais, la participation cumulée des intérêts publics et privés maliens peut atteindre 35 %, contre 20 % auparavant.
Cette évolution vise à accroître la part des revenus captés localement, à favoriser l’émergence d’un secteur privé national plus dynamique et à garantir une meilleure redistribution des richesses générées par l’exploitation minière.
Pour les autorités, cette réforme doit permettre au Mali de mieux valoriser son potentiel minéral tout en renforçant sa souveraineté économique.
Un outil d’aide à la décision au plus haut niveau de l’État
Le CCAM a été conçu comme une structure d’appui stratégique destinée à éclairer les décisions des plus hautes autorités sur les questions minières. Sa mission consiste notamment à assurer le suivi et l’évaluation des politiques minières ; renforcer la coordination entre les administrations concernées ; anticiper les évolutions du marché mondial des matières premières ; identifier les réformes nécessaires à la compétitivité du secteur ; veiller à la cohérence de l’action publique dans le domaine extractif.
Le Comité technique, institué par le décret du 30 décembre 2025 fixant l’organisation du Commissariat, joue un rôle central dans ce dispositif en examinant les dossiers techniques et stratégiques avant leur transmission au Conseil stratégique présidé par le Chef de l’État.
Au-delà des enjeux de gouvernance, les autorités entendent faire du secteur minier un véritable moteur de croissance inclusive. Les orientations portées par le nouveau cadre institutionnel mettent l’accent sur plusieurs priorités le développement du contenu local ; la création d’emplois qualifiés ; le renforcement de la participation des entreprises nationales ; la protection de l’environnement ; l’amélioration des retombées économiques pour les collectivités et les populations riveraines.
L’objectif est de transformer davantage les ressources minières en valeur ajoutée nationale et en opportunités de développement durable. À travers l’opérationnalisation du CCAM, le gouvernement entend aligner la gouvernance minière sur les ambitions de la Vision Mali 2063 et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD).
Dans cette perspective, le secteur extractif est appelé à jouer un rôle de premier plan dans le financement du développement, la diversification de l’économie et le renforcement de la souveraineté économique du pays.
La tenue de cette première session du Comité technique constitue ainsi une étape majeure dans la consolidation de la nouvelle architecture institutionnelle du secteur minier, avec l’ambition de faire des ressources naturelles un véritable moteur de croissance, de création de richesses et de développement durable au Mali.
Ismaël Traoré
Source : Le Capital
