À l’occasion de la Journée de l’enfant africain, célébrée le 16 juin, la Coalition malienne pour les droits des enfants (COMADE), avec l’appui de l’UNICEF, a lancé un appel pressant en faveur de la mise en œuvre effective des recommandations formulées par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies. Lors d’une conférence de presse organisée à Bamako, les acteurs de la protection de l’enfance ont insisté sur la nécessité de traduire ces engagements en actions concrètes pour améliorer durablement la situation des enfants maliens.
Au cœur de cette rencontre figurait la présentation et la vulgarisation des 134 recommandations adressées au Mali, à travers 14 Départements ministériels, par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies à l’issue de l’examen du rapport périodique du pays en mai 2024.
Pour la COMADE, l’enjeu ne réside plus uniquement dans la connaissance de ces recommandations, mais surtout dans leur application au sein des familles, des communautés, des établissements scolaires et des politiques publiques.
« Le Mali a fait le bon choix en ratifiant, en 1990, la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Aujourd’hui, il est essentiel que les recommandations issues de ce processus soient pleinement mises en œuvre », a souligné Nouhoum Koné, représentant de la COMADE.
Les recommandations du Comité couvrent plusieurs domaines jugés prioritaires pour la protection et le bien-être des enfants. Parmi les principales préoccupations figurent la lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants ; l’amélioration de l’accès à la justice adaptée aux mineurs ; la protection des enfants affectés par les conflits armés ; la réduction de la mortalité infantile ; l’accès à l’éducation de qualité ; la lutte contre les pratiques traditionnelles préjudiciables.
Le Comité appelle notamment les autorités maliennes à interdire sans exception la peine de mort pour les personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur sont reprochés.
Il recommande également de s’attaquer aux causes profondes de la mortalité infantile, notamment la pauvreté, les inégalités sociales et les difficultés d’accès aux services essentiels.
Mariage des enfants et éducation des filles en ligne de mire
Parmi les recommandations jugées urgentes figure la révision du Code des personnes et de la famille afin de fixer à 18 ans l’âge minimum légal du mariage pour les filles comme pour les garçons.
Le Comité insiste également sur la nécessité de renforcer l’accès à une éducation inclusive et de qualité, particulièrement pour les filles, qui restent confrontées à de nombreux obstacles liés à la pauvreté, à l’insécurité et aux mariages précoces.
L’appel lancé par les défenseurs des droits de l’enfant intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans plusieurs régions du pays. Ainsi dans les régions de Mopti et Bandiagara, de nombreuses familles continuent de fuir les violences et de se déplacer vers des zones plus sûres. Parmi elles figurent des milliers d’enfants dont la scolarité, l’accès aux soins et les conditions de vie sont fortement perturbés.
Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a d’ailleurs exprimé sa préoccupation face aux conséquences du conflit armé sur les enfants, notamment l’enrôlement par des groupes armés, les déplacements forcés, la fermeture des écoles et l’aggravation de la malnutrition.
Le Parlement des enfants du Mali, représenté par Emmanuel Camara, a salué l’initiative de la COMADE et appelé à une mobilisation de tous les acteurs pour garantir l’application effective des recommandations. Selon lui, l’objectif est d’éliminer toutes les formes de violences à l’encontre des enfants et de créer un environnement favorable à leur épanouissement.
De son côté, Mme Sangaré Aminata Dicko, représentant l’UNICEF, a rappelé que cette démarche s’inscrit dans une dynamique impliquant plusieurs départements ministériels afin d’assurer une réponse coordonnée aux défis liés à la protection de l’enfance.
Pour les organisations engagées dans la défense des droits des enfants, la Journée de l’enfant africain doit être plus qu’une simple commémoration. Elle constitue une occasion de rappeler que derrière les textes, les engagements internationaux et les recommandations se trouvent des milliers d’enfants dont les droits fondamentaux restent à garantir chaque jour.
La COMADE et ses partenaires espèrent ainsi que cette campagne de sensibilisation contribuera à accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires pour offrir à chaque enfant malien un environnement plus sûr, plus protecteur et plus favorable à son développement.
Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 17/06/2026 by Ousmane BALLO
