À Gao, des milliers de déplacés de Kidal en quête d’un nouveau départ

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Depuis les événements du 25 avril dans la région de Kidal, des milliers de personnes ont trouvé refuge à Gao. Si les autorités et les organisations humanitaires ont déjà apporté une assistance à plusieurs centaines de ménages, les besoins restent importants. Entre précarité des déplacés, essoufflement des familles d’accueil et poursuite des arrivées, la pression humanitaire s’accentue dans la cité des Askia.

Dès leur arrivée, de nombreuses familles ont été prises en charge grâce à la mobilisation des autorités et des partenaires humanitaires. Distribution de vivres, kits d’hygiène, articles ménagers essentiels ou encore soutien psychosocial : plusieurs actions ont été engagées pour soulager les populations affectées. Mais sur le terrain, les défis restent considérables.

Pour les déplacés, l’urgence ne se limite pas à trouver un abri. L’accès à l’alimentation, aux soins et à des conditions de vie décentes demeure une préoccupation quotidienne. Fadimata Walet Kanam fait partie de ces personnes contraintes de quitter précipitamment leur localité. Si elle a pu bénéficier d’une première assistance après son enregistrement, elle estime que les besoins de sa famille, notamment ceux des enfants, restent loin d’être couverts.

Le même constat est dressé par Ibrahim Nouhou Maïga. Après un voyage éprouvant effectué dans des camions surchargés, il a dû trouver des solutions pour loger deux familles sous sa responsabilité. Une tâche difficile dans une ville où les familles d’accueil, principales actrices de la solidarité, voient leurs ressources s’amenuiser face à l’augmentation du nombre de déplacés.

Cette pression sur les communautés hôtes est aujourd’hui l’une des principales préoccupations des acteurs humanitaires. Si certaines familles ont réussi à accueillir leurs proches ou connaissances, beaucoup peinent désormais à répondre aux besoins supplémentaires en nourriture, logement et autres dépenses essentielles.

Arrivée récemment à Gao avec ses quatre enfants, Kadidia Maïga témoigne également de la brutalité de l’exil. Comme de nombreux déplacés, elle a tout laissé derrière elle : biens matériels, activités économiques et repères sociaux. Pour elle, « l’aide d’urgence est indispensable, mais elle doit désormais être accompagnée de solutions plus durables permettant aux familles de reconstruire leur quotidien ».

Face à cette situation, les services techniques de l’État poursuivent les opérations d’identification et de prise en charge des nouveaux arrivants. Selon le directeur régional du Développement social et de l’Économie solidaire de Gao, Dr Hamadoune Traoré, plusieurs partenaires humanitaires sont mobilisés aux côtés des autorités, notamment le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF, OCHA, Action contre la Faim (ACF), World Vision et d’autres organisations intervenant dans la région.

Grâce à cette coordination, les 388 premiers ménages recensés ont bénéficié d’une assistance comprenant des vivres, des kits WASH, des articles non alimentaires ainsi qu’un accompagnement psychosocial. Cependant, les arrivées se poursuivent. Au cours de la semaine dernière, 168 nouveaux ménages ont été enregistrés et devraient recevoir une assistance dans les prochains jours.

À ce jour, les services du Développement social estiment que « 590 ménages, représentant environ 3 540 personnes déplacées internes, ont déjà bénéficié d’un soutien depuis le début de cet important mouvement de population ».

Malgré les efforts engagés, les acteurs humanitaires alertent sur la nécessité d’intensifier la mobilisation. L’objectif est double : répondre aux besoins croissants des déplacés tout en soutenant les communautés hôtes dont les capacités d’accueil sont de plus en plus sollicitées.

Alors que de nouvelles familles continuent d’arriver à Gao, la crise humanitaire demeure un défi majeur. Pour les autorités comme pour les partenaires humanitaires, une réponse rapide, coordonnée et durable apparaît plus que jamais indispensable afin de préserver la dignité et les conditions de vie des populations affectées.

Source : Studio Tamani

Last Updated on 17/06/2026 by Ousmane BALLO

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