Les États membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) ambitionnent de mobiliser 12 700 milliards de FCFA sur le marché financier régional en 2026, afin de répondre à des besoins de financement en constante progression. Cette projection s’inscrit dans un contexte économique marqué par une vigilance accrue autour de la soutenabilité de la dette publique et par la nécessité de consolider les équilibres macroéconomiques des États.
Ces perspectives ont été au cœur des échanges tenus à Lomé, lors de la 8ᵉ édition des Rencontres du Marché des Titres Publics, qui a réuni les principaux acteurs du marché financier régional. La rencontre a permis d’évaluer les défis actuels et de dégager des pistes de réforme destinées à renforcer le rôle du marché des titres publics dans le financement des économies de l’Union.
Présidant les travaux, le gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a rappelé que le marché financier régional constitue désormais un pilier essentiel de la stabilité macroéconomique de l’UMOA. Il a appelé à une accélération des réformes structurelles pour consolider les acquis et améliorer la résilience du marché face aux chocs économiques.
Élargir la base des investisseurs et renforcer la liquidité
Parmi les priorités identifiées figure la diversification de la base des investisseurs. Pour la BCEAO, cet objectif passe par une implication plus soutenue des investisseurs institutionnels et par une ouverture progressive et maîtrisée aux capitaux internationaux, afin d’attirer des ressources nouvelles et d’accompagner le financement de long terme des États.
Le renforcement durable de la liquidité du marché a également été présenté comme un levier stratégique. Une meilleure fluidité permettrait une diffusion plus efficiente des titres souverains et une réponse plus adaptée aux besoins de financement des gouvernements. À cet effet, l’amélioration du fonctionnement du marché secondaire apparaît indispensable pour assurer une formation des prix plus transparente et plus robuste, condition essentielle à la confiance des investisseurs.
Selon la BCEAO, un marché secondaire performant permettrait aussi à la dette souveraine de jouer pleinement son rôle d’actif de référence, favorisant la comparabilité des instruments financiers et renforçant l’interconnexion économique entre les États membres.
Digitalisation et inclusion financière au cœur de la stratégie
Au-delà des réformes techniques, les autorités monétaires misent sur la digitalisation et l’éducation financière comme vecteurs d’inclusion. Ces leviers visent à élargir l’accès des populations aux services financiers modernes et à mobiliser davantage l’épargne domestique, afin de l’orienter vers des financements de long terme, indispensables à la soutenabilité budgétaire et à la croissance économique régionale.
Dans cette dynamique de modernisation, l’Agence UMOA-Titres a annoncé, en marge des Réunions de l’Exécutif des Marchés de Titres Publics (REMTP), le lancement d’une nouvelle plateforme de cotation et de négociation. Cette innovation vise à moderniser les infrastructures de marché et à faciliter les transactions entre banques, sociétés d’intermédiation et investisseurs, rendant le marché plus efficace et plus accessible.
Dans un environnement économique exigeant, le marché des titres publics de l’UMOA s’impose ainsi comme un outil stratégique de politique budgétaire. En favorisant une meilleure intégration financière et une mobilisation accrue des ressources régionales, il accompagne les États dans la gestion de leurs finances publiques tout en soutenant une croissance inclusive, durable et résiliente au sein de l’Union.
Ousmane BALLO
Source : Le Capital
Last Updated on 02/02/2026 by Ousmane BALLO
