Mali : Mme Oumou Touré parle du 08 Mars !

Dans le cadre de la célébration du 08 Mars, Journée Internationale de la Femme, nous avons joint l’ex-ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Oumou Touré. Lisez plutôt  ses réactions !

Bonjour Mme Oumou Touré, ex-ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ! Le Mali a célébré ce lundi, le 08 mars, la Journée Internationale de la Femme. Quel est le sens de cet évènement pour la Femme malienne ?

C’est un évènement très important qu’on n’a plus besoin de présenter, ni pour les hommes, ni pour les femmes. Parce qu’elle parle du rôle que les femmes ont joué et continuent de jouer dans le monde entier, à tous les niveaux et dans tous les domaines.

L’on parle de journée de sensibilisation pour l’émancipation de la femme de manière générale. Au Mali, quel est le changement que les activités de cette journée ont pu apporter à la vie quotidienne de la femme ?

A mon avis, ce n’est pas une journée de sensibilisation des femmes, mais plutôt une journée de rappel pour que les femmes et les hommes se complètent et se comprennent davantage afin que l’on puisse reconnaître que la femme partout a un rôle à jouer dans la famille, dans la vie publique et que beaucoup de femmes aujourd’hui sont capables. Nous le voyons à travers les médias et aussi dans notre pays beaucoup de foyers sont soutenus par les femmes du secteur informel. Ce n’est plus une honte que des métiers, traditionnellement réservés aux femmes, soient exercés par des hommes et vice versa. Nos esprits avancent, mais doucement et sûrement.

Les femmes rurales pensent que le 8 Mars est une affaire de celles qui sont dans les villes. Qu’en pensez-vous ?

Avez-vous déjà fait un sondage à cet effet en tant que journaliste ?  Pourtant les gadgets (pagnes, écharpes, etc.) attirent beaucoup les femmes rurales. Elles cultivent et cotisent pour en payer afin d’organiser des fêtes au niveau de leurs villages. Beaucoup commandent même avec leurs frères en ville, elles n’oublient jamais le 8 Mars. Par contre, en ville ce sont les politiciens qui payent pour les femmes pauvres dans la plupart des cas. Ces femmes rurales sont bel et bien conscientes du 8 Mars plus que la fête de la femme rurale.

Aujourd’hui dans le combat des femmes, que faut-il prioriser entre l’émancipation, l’égalité et l’autonomisation ?

Selon moi, ces trois termes signifient la même chose, c’est-à-dire les femmes doivent s’organiser pas dans l’adversité, mais dans la complémentarité pour faire avancer ensemble le pays avec les hommes. Elles doivent être consultées sur toutes les questions qui concernent le pays pour qu’elles donnent leurs avis, parce qu’elles sont des actrices incontournables de la vie nationale

Quel message avez-vous à l’endroit de la femme malienne à l’occasion de cette Journée ?

Les femmes maliennes doivent penser que notre pays a besoin de paix et qu’elles doivent accompagner nos autorités pour trouver cette paix. La paix est centrale, capitale, nécessaire et primordiale aujourd’hui au Mali pour elles surtout, car les effets les plus néfastes sont ressenties par elles et par leurs familles.

Ousmane BALLO

Source : Ziré