Mali: le Pr Akory exprime son inquiétude sur la vague de COVID-19 

Assiste-t-on au retour d’une deuxième vague de la pandémie de Covid-19 au Mali ? Dans un entretien accorde ce lundi à la radio des Nations unies au Mali (MIKADO, le Prof. Akory AG IKNANE, Directeur de l’institut national de santé publique, estime que cette option n’est pas à exclure. Surtout, quand on sait que ces quatre derniers jours, le pays a enregistré 174 cas de contamination.

Pour le Professeur Akory, on ne peut pas parler d’une augmentation inhabituelle. Malgré le fait qu’on a une baisse importante de la courbe épidémique, on sait qu’avec tout ce que se passe en occident et dans les autres pays avec une reprise de l’épidémie, le Mali ne va pas rester indemne. «C’est surtout cette ouverture des frontières qui favoriser cela. Surtout les grands moments qu’il y a eu ces derniers temps. Il y a des équipes des miniers qui arrivent directement au niveau des mines sans qu’il n’ait aucun certificat COVID-19 négatif. Parce qu’ils ne passent pas par l’aéroport de Bamako, ils vont directement au niveau des mines. On n’a pas la possibilité de contrôler s’ils sont testés négatifs à la COVID-19 tel que le recommande le règlement sanitaire international. Donc, on a eu suffisamment de cas au niveau de ces mines.Deuxième, c’est les grands rendez-vous qui ont eu lieu à Bamako. D’ailleurs, vous avez vu qu’après la fête du Maouloud, on a eu une remontée. Dans les deux ou trois, on va s’entendre à une remontée avec les funérailles du président défunt, Amadou Toumani TOURE. Bien que nous ayons les dispositions à l’entrée, en prenant la température, en appliquant le gel hydro alcoolique aux gens, en donnant la bavette à ceux qui n’en ont pas, on s’est rendu compte que, dès que les gens rentrent, ils enlèvent la bavette. Franchement, le risque est toujours là.

Pour l’instant, c’est un peu prématuré de parler de l’arrivée d’une seconde vague au Mali, à l’image des pays européens. Nous allons suivre, s’il n’y a pas suffisamment de cas importés. Pour l’instant, c’est surtout au niveau des mines où la situation est vraiment très préoccupante. Il y a une seule mine qui a elle seule représente 4,5% de l’ensemble des cas enregistrés jusqu’à maintenant. Ça, c’est énorme. Nous avons pris des dispositions pour que cette mine qui ne respecte pas les recommandations sanitaires les respecte. Les autorités sanitaires ont du mal à pénétrer dans la mine pour chercher les contacts des cas positifs. On va attendre dans les semaines à venir pour voir si c’est une véritable reprise.

Pour ce qui est du vaccin, nous avons reçu un message de l’organisation mondiale de la santé (OMS) pour demander aux pays qui souhaitent demander un vaccin de faire la commande. Nous, nous avons fait la commande. On en sait pas à quel moment le vaccin va être mis en circulation. Troisièmement, avec le nombre assez élevé de cas au niveau des pays du nord, la demande est extrêmement forte, car c’est des pays extrêmement peuplés. Mais, avec le mouvement des populations, il est extrêmement important que tout le monde soit vacciné. Donc, on fait la demande, on attend. Il faut vraiment du recule pour voir quelle est son efficacité », a-t-il expliqué.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali