Mali: première déclaration des puschistes!

Après l’annonce de la démission du président Ibrahim Boubacar KEÏTA, les membres du Comité National pour le Salut du Peuple ont fait leur première sortie à travers une déclaration. Ladite déclaration est lue ici par le porte-parole du comité national pour le salut du peuple, le Colonel-Major Ismaëla WAGUE

 Comité National pour le Salut du Peuple Adresse à la nation(CNSP)

Maliennes et maliens, depuis un certain temps, la tension politico-social minent la bonne marche du pays. Les contestations nées des dernières élections prouvent à suffisance que le pays va mal.

Le Mali est un vaste pays, riche de par sa diversité culturelle, riche de son sous-sol, riche de ses hommes, riche de sa faune et de sa flore mais dont l’existence en tant que pays, nation est menacée dans tous ses fondements.

Notre pays, le Mali, sombre de jour en jour dans le chaos, l’anarchie et l’insécurité, par la faute des hommes chargés de sa destinée. La vraie démocratie ne rime plus avec la complaisance, ni faiblesse de l’autorité de l’Etat qui doit garantir la liberté et la sécurité du citoyen.

Malienne, Malien, le clientélisme politique, la gestion familiale des affaires de l’état ont fini par tuer toute opportunité de développement dans le peu qui reste encore de ce beau pays.

La gabegie, le vol et l’arbitraire sont devenues des vertus.

Face à ineffectivité de la bonne distribution de la justice, celle-ci est un déphasage avec le citoyen et n’a pas les moyens d’assurer son indépendance et son efficacité.

L’éducation nationale piétiner et même patauge. La santé et au plus offrant.

La décentralisation prôné comme moyen de rapprocher le pouvoir des populations a complètement manqué d’accompagnement, de moyens par l’Etat.

Malienne, malien, des villages entiers sont brûlés, de paisibles citoyens massacrés et nous déplorons tous les jours la perte de nos compagnons d’armes.

L’horreur est devenu le quotidien du malien. Les maliens sont devenus des réfugiés dans leur propre pays en proie à toutes les difficultés existentielles. Le banditisme de grand chemin, braquages et vols à main armés osés sont légion.

Le terrorisme et l’extrémisme détruisent la cohésion sociale et ne sont pourtant pas une fatalité.

La mauvaise gouvernance, avec son lot de frustrations, a fait perdre aux maliens l’espoir de l’année meilleur. Des élections contestées, une épidémie de COVID-19 dont la gestion fait douter de son existence. Une population qui ne fait plus foi à ses gouvernants, des élèves étudiants désemparés, des parents inquiets pour l’avenir de leurs enfants imposent à toutes les forces vives de la nation l’obligation de s’engager pour le Mali.

Les atteintes aux droits fondamentaux, les répressions des 10, 11 et 12 juillet exigent une réponse de l’Etat. La grande crise institutionnelle, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance sont aujourd’hui au cœur des attentes fortes.

Maliennes et maliens, face à la difficulté de garantir à ce jour le respect de la constitution, l’intégrité du territoire, l’indépendance de l’unité nationale, de la paix et de la cohésion sociale, Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA et son régime, après dissolution de l’Assemblée Nationale, ce jour 18 août 2020, a rendu sa démission.

Afin d’éviter au pays de sombrer, nous forces patriotiques regroupés au sein du comité national pour le salut (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire, d’assurer la continuité de l’Etat et des services publics.

Cette lourde responsabilité ne s’accomplira pleinement qu’avec l’ensemble des forces vives de la nation.

A compter de ce jour, 19 août 2020, toutes les frontières aériennes et terrestres sont fermés jusqu’à nouvel ordre.

Un couvre-feu est instauré de 21H00 à 5H00 du matin jusqu’à nouvel ordre.

La continuité d’un service public sera assurée par ce qui en droit au regard des textes en vigueur.

La société civile et les mouvements sociaux politiques sont invités à nous rejoindre pour, ensemble, créer les meilleures conditions d’une transition politique civile conduisant à des élections nationales crédibles pour l’exercice démocratique à travers une feuille de route qui jettera les bases d’un Mali nouveau.

L’heure est au-delà des clivages politiques et idéologiques semant les graines de l’affrontement et de l’intolérance et conduisant à la haine qui est magnifique.

Nous demandons aux organisations sous-régionales et internationales de nous accompagner pour le bien être du Mali.

La MINUSMA, la Force Barkhane, le G5-Sahel, la Force TAKUBA demeurent nos partenaires pour la stabilité et la restauration de la sécurité.

S’adressant à vous, frères d’armes, nous vous exhortons à assurer la continuité de vos missions régaliennes tant organique que coopérationnel.

Maliennes et maliens, avec vous, debout comme un seul homme, nous pouvons redonner à ce pays sa grandeur d’antan et son rayonnement sous régional et internationale.

Il ne paraît pas aisé, mais en arrêtant la saignée des comptes publics beaucoup de revendications catégorielles pourraient être gérées.

Tous les accords passés avec les partenaires nationaux régionaux et internationaux seront respectés.

Nous invitons, par ailleurs, nos frères la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et de la Plateforme à nous rejoindre pour la mise en œuvre efficiente de l’Accord issu du processus d’Alger.

Rien ne doit entraver l’unité de la nation malienne. Nous sommes attachés au processus d’Alger. La paix au Mali est notre priorité et elle se fera avec vous. Faisons bloc pour faire échec aux forces du mal qui nous écument et veulent prendre en otage notre cher pays.

Nous allons prendre en compte les conclusions du dialogue national inclusif (DNI) pour l’amélioration du cadre de bonne gouvernance.

Maliennes et maliens, nous ne tenons pas au pouvoir, mais nous tenons à la stabilité du pays qui nous permettra d’organiser dans des délais raisonnables consentis des élections générales pour permettre au Mali de se doter d’institutions fortes capables de gérer au mieux notre quotidien et restaurer la confiance entre les gouvernants et les gouvernés.

Nous invitons tous les regroupements syndicaux et sociaux politiques à la retenue sans violence sans rancune et sans vengeance aucune. Conservant l’esprit démocratique et donnons espoir à ce peuple qui le mérite.

Vive la république !

Vive la nation !

Vive le Comité National pour le Salut du Peuple !

Que dieu bénisse le Mali !

Je vous remercie.

https://www.youtube.com/watch?v=udsABs0TcdE