Sahel : le CILSS et la Banque mondiale face à l’urgence du déficit fourrager

à la une Accueil Actualités En afrique Flash infos Infos en continus Société

Face à la dégradation de la situation pastorale et aux risques de tensions liés au manque de fourrage et aux restrictions de mobilité du bétail, le CILSS et la Banque mondiale veulent coordonner leurs efforts. Une rencontre tenue le 12 octobre 2026 à Ouagadougou a permis de définir trois axes d’action, dont la préparation d’une concertation régionale prévue du 24 au 26 novembre à Dakar.

Le déficit fourrager qui affecte le Sahel et plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest appelle une réponse concertée. Dans une région où l’élevage constitue un pilier des économies locales et des moyens de subsistance de nombreuses familles, les difficultés d’accès aux pâturages et la raréfaction des ressources alimentaires pour le bétail font peser des risques supplémentaires sur les communautés pastorales.

C’est dans ce contexte que le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) et la Banque mondiale ont engagé de nouveaux échanges sur les mécanismes de prévention et de gestion de cette situation. Le lundi 12 octobre 2026, à Ouagadougou, le secrétaire exécutif du CILSS, Dr Abdoulaye Mohamadou, accompagné de ses collaborateurs, a rencontré Dr Franck Berthe, chargé du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel, phase 2 (PRAPS-2), à la Banque mondiale.

L’objectif est de mieux coordonner les interventions, de faciliter la mobilisation des financements disponibles et d’accompagner les pays dans la mise en œuvre de réponses adaptées à l’ampleur des difficultés pastorales.

Au cours de la rencontre, les échanges ont notamment porté sur les conditions d’activation des dispositifs de prévention et de gestion des crises prévus dans le cadre du PRAPS-2.

Les participants ont également examiné les possibilités de mobilisation de deux instruments de financement de la Banque mondiale susceptibles de contribuer à la réponse régionale : l’Allocation pour la prévention et la résilience (PRA) et le Guichet pour les communautés d’accueil et les réfugiés (WHR).

Ces mécanismes pourraient offrir des ressources complémentaires pour soutenir les efforts des pays concernés, sous réserve du respect des critères d’éligibilité et des procédures applicables.

L’enjeu est de permettre aux États de mieux préparer leurs interventions face à la dégradation des conditions pastorales, tout en renforçant la coordination entre les institutions régionales, les partenaires techniques et financiers et les organisations représentant les éleveurs.

Parmi les décisions issues des échanges figure l’organisation d’une réunion multipartite du 24 au 26 novembre 2026 à Dakar, au Sénégal. Cette rencontre devrait réunir les ministres chargés de l’Élevage, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations pastorales.

Les discussions porteront principalement sur les réponses à apporter au déficit fourrager et sur les restrictions de la mobilité pastorale observées dans certaines zones de la région.

Cette concertation doit permettre aux différents acteurs de confronter leurs analyses, de rapprocher leurs positions et de définir des orientations communes. Elle devrait également déboucher sur une déclaration conjointe relative à la situation pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Au-delà du partage des constats, l’objectif sera de favoriser une réponse régionale cohérente face à des difficultés qui dépassent les frontières nationales et nécessitent une coopération renforcée entre les pays.

Trois axes pour organiser la réponse

À l’issue de la rencontre de Ouagadougou, trois feuilles de route ont été retenues pour structurer les prochaines étapes.

La première concerne la préparation de la réunion régionale de Dakar, qui devra contribuer à dégager des engagements communs face au déficit fourrager et aux contraintes pesant sur les déplacements des troupeaux.

La deuxième porte sur l’activation des mécanismes de prévention et de gestion des crises prévus par le PRAPS-2. Il s’agit de rendre opérationnels les dispositifs susceptibles d’appuyer les pays confrontés à la dégradation de la situation pastorale.

La troisième vise à accompagner les États dans la mobilisation, auprès des guichets de financement concernés, des ressources nécessaires à la mise en œuvre de leurs plans de réponse.

Ces trois axes traduisent la volonté du CILSS et de la Banque mondiale de passer du diagnostic à une action mieux structurée, en articulant concertation politique, dispositifs techniques et ressources financières.

Dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest, le déficit fourrager représente un défi qui touche directement les éleveurs, mais dont les conséquences peuvent également affecter les marchés du bétail, les revenus des ménages et les relations entre communautés lorsque l’accès aux ressources devient plus difficile.

Les restrictions de mobilité accentuent ces vulnérabilités en limitant les possibilités de déplacement des troupeaux vers les zones disposant encore de pâturages et de points d’eau accessibles.

Dans ce contexte, la coordination régionale apparaît comme un levier essentiel pour anticiper les crises, soutenir les communautés concernées et mieux orienter les financements disponibles.

La réunion de Dakar constituera une prochaine étape importante pour préciser les engagements des différents acteurs. L’efficacité de la démarche dépendra toutefois de la capacité des pays et de leurs partenaires à traduire les orientations retenues en mesures concrètes, financées et adaptées aux réalités du terrain.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 13/10/2026 by Ousmane BALLO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *