Mali-Rwanda : Bamako et Kigali veulent accélérer leur coopération

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Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et son homologue rwandais, Olivier Jean Patrick Nduhungirehe, ont réaffirmé, le 12 octobre 2026 à Bamako, leur volonté de donner un nouvel élan à la coopération bilatérale. Au programme : la mise en œuvre des accords existants, le renforcement des échanges économiques et la préparation d’une deuxième session de la Grande Commission mixte de coopération en 2027.

Le Mali et le Rwanda entendent franchir une nouvelle étape dans le développement de leurs relations diplomatiques et économiques. À l’occasion d’une visite d’amitié et de travail du chef de la diplomatie rwandaise à Bamako, les deux pays ont affiché leur ambition de transformer les engagements politiques en réalisations concrètes, au bénéfice de leurs populations respectives.

La rencontre bilatérale entre Abdoulaye Diop et Olivier Jean Patrick Nduhungirehe, suivie d’une séance de travail élargie, s’inscrit dans le cadre des consultations politiques régulières entre les deux États. Elle vise également à assurer le suivi des engagements issus de la première session de la Grande Commission mixte de coopération, tenue en mai 2024 à Kigali.

Au cœur des échanges figure l’accélération de la mise en œuvre des accords de coopération conclus entre Bamako et Kigali. Les deux ministres se sont félicités de la dynamique des relations bilatérales, marquées par la signature d’une vingtaine d’accords couvrant plusieurs secteurs.

Pour les deux parties, l’enjeu est désormais de donner une portée opérationnelle à ces engagements et de renforcer la connectivité entre les deux pays. L’objectif affiché est de construire un partenariat diversifié, fondé sur le pragmatisme, le partage d’expériences et la recherche d’avantages mutuels.

Cette orientation traduit la volonté des deux capitales de dépasser le seul cadre diplomatique pour favoriser des échanges plus soutenus dans les domaines économiques et sectoriels. Elle suppose toutefois de transformer les accords signés en projets effectifs, en opportunités d’affaires et en résultats mesurables.

Souveraineté et intégration africaine au centre des échanges

Au-delà des questions bilatérales, les discussions ont mis en évidence une convergence de vues sur plusieurs enjeux continentaux. Les deux ministres ont notamment insisté sur l’importance de la coopération Sud-Sud pour répondre aux défis communs, ainsi que sur la nécessité de promouvoir l’intégration africaine et le panafricanisme.

Ils ont également réaffirmé leur attachement à la solidarité entre les États africains, à la recherche de solutions africaines aux problèmes du continent et au respect de la souveraineté des nations. Les deux responsables ont, dans cette perspective, exprimé leurs réserves à l’égard des politiques de sanctions qu’ils jugent contre-productives.

Prenant appui sur les trajectoires respectives de leurs pays, Abdoulaye Diop a salué l’expérience rwandaise en matière de reconstruction, de réconciliation nationale et de développement. Il a mis en avant la capacité du Rwanda à surmonter les épreuves de son histoire pour construire de nouvelles perspectives.

Le chef de la diplomatie malienne a également rappelé l’orientation des autorités de transition vers une gouvernance endogène, axée sur l’autonomie stratégique du Mali. Cette approche, a-t-il souligné, reste compatible avec une ouverture aux partenaires disposés à respecter la souveraineté du pays, ses choix stratégiques et ses intérêts vitaux.

Le Rwanda exprime son soutien à la Confédération AES

Les enjeux sécuritaires et géopolitiques sous-régionaux ont également occupé une place importante dans les échanges. À cette occasion, le ministre rwandais des Affaires étrangères a salué le combat de souveraineté, de dignité et d’intégration africaine porté par la Confédération des États du Sahel (AES), ainsi que ses efforts dans la lutte contre le terrorisme.

Cette convergence de positions contribue à renforcer le dialogue politique entre Bamako et Kigali, dans un contexte où les questions de sécurité, de souveraineté et de coopération régionale occupent une place centrale dans les orientations diplomatiques de plusieurs États africains.

Les deux ministres ont, par ailleurs, réaffirmé leur volonté de maintenir une solidarité réciproque dans les instances internationales et de poursuivre leur soutien mutuel sur les dossiers d’intérêt commun.

La prochaine étape pourrait être marquée par la tenue au Mali, en 2027, de la deuxième session de la Grande Commission mixte de coopération. Les deux parties envisagent de coupler cette rencontre à un forum d’affaires destiné à placer le développement économique au cœur de leur agenda diplomatique.

Cette perspective ouvre la voie à une implication accrue des acteurs économiques dans le rapprochement entre les deux pays. Un tel forum pourrait notamment contribuer à identifier des possibilités de partenariat, à favoriser les contacts entre opérateurs et à donner une dimension plus concrète aux accords déjà conclus.

Pour Bamako et Kigali, le défi sera désormais de consolider les acquis diplomatiques, de renforcer les échanges et de faire émerger des projets porteurs de croissance. La rencontre du 12 octobre confirme ainsi une ambition commune : inscrire le partenariat Mali-Rwanda dans une dynamique durable, fondée sur la souveraineté, la solidarité africaine et des résultats tangibles pour les populations.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 13/10/2026 by Ousmane BALLO

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