Réfugiés à Koro : Cultiver l’autonomie, renforcer la cohésion

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Dans le cercle de Koro, dans la région de Bandiagara, 1 215 personnes bénéficient d’un programme agricole soutenu par le HCR dans le cadre de la campagne d’hivernage 2026. Réunissant réfugiés et membres des communautés hôtes au sein de coopératives mixtes, l’initiative mise sur l’agriculture pour renforcer l’autonomie économique, la sécurité alimentaire et la cohésion sociale.

L’agriculture s’impose progressivement comme un instrument de résilience et d’inclusion pour les populations vulnérables du cercle de Koro. À l’occasion de la campagne d’hivernage 2026, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a renforcé son soutien aux moyens de subsistance durables à travers une initiative agricole destinée aux réfugiés et aux communautés hôtes. L’intervention repose sur une approche inclusive associant développement économique, sécurité alimentaire et renforcement de la coexistence pacifique entre les différentes communautés.

Au total, 1 215 personnes bénéficient du programme, dont 693 femmes et filles et 522 hommes et garçons. Les bénéficiaires sont regroupés au sein de sept coopératives agricoles, composées à parts égales de réfugiés et de membres des communautés hôtes. Cette organisation entend favoriser le partage des ressources, la solidarité entre les populations et le développement d’activités économiques communes.

Pour accompagner les coopératives et renforcer leurs capacités de production, le HCR a mis à leur disposition d’importants moyens agricoles. Plus de trois tonnes de semences certifiées et onze tonnes d’engrais ont été distribuées aux producteurs. L’appui comprend également neuf motoculteurs, ainsi que différents équipements et outils agricoles d’une valeur supérieure à six millions de francs CFA.

Un appui en carburant a par ailleurs été accordé afin de faciliter les travaux mécanisés de préparation des terres. Grâce à ces investissements, les producteurs disposent désormais de moyens techniques susceptibles d’améliorer leurs pratiques culturales, de réduire la pénibilité des travaux et d’accroître leur capacité de mise en valeur des terres agricoles.

Les premiers effets de l’intervention sont déjà perceptibles à travers l’augmentation des superficies mises en culture. Celles-ci sont passées de 21 hectares en 2025 à 45 hectares en 2026, soit une progression de 114 %. Les coopératives produisent principalement du mil, du sorgho, du sésame et de l’arachide. Ces cultures, adaptées aux conditions agroécologiques de la région, occupent une place importante dans la stratégie de renforcement de la sécurité alimentaire et de diversification des revenus des ménages.

Elles constituent également un moyen pour les producteurs de renforcer leur résilience face aux aléas climatiques et aux effets du changement climatique. Si la campagne agricole est encore en cours et que les récoltes n’ont pas encore débuté, les investissements réalisés ont déjà permis de consolider les capacités productives des coopératives. L’accès à des intrants de meilleure qualité et à des équipements mécanisés permet désormais aux producteurs d’envisager une hausse durable de leur production.

Vers une autonomie économique progressive

Fortes des résultats enregistrés au cours de cette campagne, les coopératives envisagent déjà d’augmenter davantage leurs superficies cultivées en 2027. Cette ambition traduit la confiance des producteurs dans le potentiel de développement de leurs exploitations et leur volonté de renforcer progressivement leur autonomie économique.

Au-delà de la seule production agricole, le projet entend contribuer à réduire la dépendance des populations à l’assistance humanitaire en favorisant le développement d’activités génératrices de revenus et la construction de moyens de subsistance durables.

L’initiative bénéficie du soutien financier de l’Allemagne ainsi que du partenariat entre le HCR et la Fondation Mastercard. Pour le HCR, cette expérience démontre que les investissements dans les moyens de subsistance peuvent produire des effets allant au-delà de la dimension économique.

En créant des opportunités de production et de revenus partagées entre réfugiés et communautés hôtes, le projet contribue également au renforcement de la cohésion sociale et à l’intégration économique des populations réfugiées. Le travail collectif au sein des coopératives favorise ainsi les échanges, le partage d’expériences et la construction d’intérêts communs entre les différentes communautés.

À Koro, l’agriculture devient ainsi un espace de coopération et un levier de recherche de solutions durables. À travers cette initiative, réfugiés et populations hôtes ne sont plus seulement bénéficiaires d’une assistance, mais deviennent progressivement des acteurs de leur propre développement. Ensemble, ils posent les bases d’une économie locale plus inclusive et travaillent à la construction d’un avenir plus résilient pour leurs familles et leurs communautés.

Ismaël Traoré

Source : Ziré

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