Après plusieurs années de restrictions, le ministère de l’Éducation nationale lève le verrouillage qui frappait plus de 200 établissements privés d’enseignement secondaire. La décision, signée le 20 août 2026, accorde par ailleurs un délai de 18 mois aux structures encore en situation de non-conformité pour régulariser leur situation.
Le ministère de l’Éducation nationale donne un nouveau souffle à l’enseignement privé. Le ministre Amadou Sy Savane a signé, le 20 août 2026, la Décision du Secrétariat général n°2026-0000131 MEN-SG, portant levée de la mesure de verrouillage des établissements privés d’enseignement secondaire.
Cette mesure mettait à l’écart des établissements qui, depuis plusieurs années, n’étaient plus autorisés à recevoir des élèves orientés par l’État. Leur situation avait été placée sous surveillance à la suite de plusieurs anomalies constatées dans le secteur.
La décision du 20 août ouvre ainsi une nouvelle phase, avec la possibilité pour plus de 200 établissements privés concernés de reprendre l’accueil des élèves orientés par l’État.
La levée du verrouillage ne signifie toutefois pas la fin des exigences réglementaires. Selon la décision ministérielle, les établissements privés d’enseignement secondaire qui ne sont pas encore en conformité avec la réglementation disposent d’un délai de 18 mois, à compter de la date de signature du texte, pour régulariser leur situation.
À l’expiration de ce délai, les établissements qui demeureront en situation de non-conformité s’exposeront aux sanctions prévues par les textes en vigueur. Le ministère entend ainsi accompagner la reprise des activités tout en maintenant les exigences nécessaires au bon fonctionnement des établissements privés.
Quatre années de blocage administratif
La décision intervient après une période particulièrement longue de suspension des procédures d’ouverture d’écoles. Entre décembre 2021 et décembre 2025, aucun arrêté d’ouverture d’établissement scolaire n’a été signé, laissant plusieurs dossiers en attente de traitement.
Depuis décembre 2025, le processus a progressivement repris. Selon les informations disponibles, plus de 50 arrêtés ont été signés pour l’enseignement secondaire général, auxquels s’ajoutent sept arrêtés pour l’enseignement fondamental et deux pour le préscolaire.
Le traitement des dossiers apparaît toutefois comme une procédure complexe, compte tenu des différentes vérifications administratives et réglementaires nécessaires avant toute autorisation.
Cette reprise s’inscrit dans une démarche plus large engagée par le ministre Amadou Sy Savane pour réorganiser le secteur de l’enseignement privé. Selon des sources proches du dossier, le département a privilégié une approche consistant à examiner les situations administratives, à traiter les dossiers en instance et à assainir le dispositif avant de relancer pleinement la délivrance des autorisations.
L’objectif affiché est de mettre fin aux pratiques irrégulières et de renforcer l’organisation interne des structures éducatives. Les établissements concernés par le verrouillage avaient notamment fait l’objet de vérifications dans le cadre de procédures impliquant l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). Le ministère indique que ces vérifications sont désormais achevées.
Une décision attendue par les promoteurs privés
La levée de la mesure répond également à une demande récurrente des associations de promoteurs d’établissements privés. Ces acteurs avaient à plusieurs reprises interpellé les autorités sur les conséquences du verrouillage, notamment pour les écoles qui ne pouvaient plus accueillir d’élèves orientés par l’État.
Pour les établissements concernés, la décision du 20 août constitue donc un changement important. Elle leur permet de retrouver une activité normale dans le cadre des orientations de l’État, tout en les obligeant à se conformer aux règles en vigueur.
Au-delà du seul déverrouillage des établissements, la démarche engagée par le ministère vise à renforcer la gouvernance du secteur éducatif privé. La reprise des arrêtés d’ouverture, le traitement des dossiers en souffrance et la levée des restrictions constituent autant d’étapes d’un processus de réorganisation administrative.
Le ministère de l’Éducation nationale affirme vouloir poursuivre les actions destinées à améliorer le système scolaire, notamment à travers le renforcement de la qualité, de la transparence et du respect des textes.
La période de 18 mois accordée aux établissements encore en situation de non-conformité sera donc déterminante. Elle devra permettre aux structures concernées de se mettre à niveau, sous peine de nouvelles sanctions.
Pour l’enseignement privé malien, la levée du verrouillage marque ainsi moins une fin qu’un nouveau départ : celui d’une reprise encadrée, assortie d’exigences plus fortes en matière de conformité et de gouvernance.
Ousmane BALLO
Source : Ziré
