Insécurité au centre : la Jeunesse Ginna Dogon interpelle les autorités

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La situation sécuritaire continue de se dégrader dans la région de Bandiagara. Les derniers événements survenus ont heurté la sensibilité des cadres de la région. En témoigne la réaction de la Commission Nationale de la Jeunesse Ginna Dogon qui a dénoncé, dans un communiqué, la recrudescence des attaques meurtrières visant depuis plusieurs mois plusieurs villages dogon.

Selon l’organisation, au moins trois villages du cercle de Ningari ont subi les atrocités de groupes armés cette semaine, avant l’intervention des Forces Armées et de Sécurité. Si des pertes en vies humaines sont à déplorer, aucun bilan officiel n’a été établi à ce jour.

Pour la Jeunesse Ginna Dogon, ces attaques barbares ont causé des morts, des blessés, ainsi que le pillage et la destruction de biens. Conséquence directe : des déplacements massifs de populations, parfois de villages entiers, qui plongent des familles entières dans la détresse de l’insécurité.

L’organisation va plus loin et alerte sur un changement d’objectif des assaillants. « Nous constatons avec une inquiétude particulière que la finalité de ces violences semble désormais de contraindre les populations à se soumettre à leurs exigences et à adhérer à leurs accords et diktats. Une telle entreprise d’asservissement des populations est inacceptable », a déclaré Bocary Guindo, président de la Commission.

Le communiqué souligne le caractère dramatique du contexte. Les attaques surviennent en pleine campagne agricole. « Chaque village abandonné, chaque famille déplacée et chaque champ devenu inaccessible compromet davantage la sécurité alimentaire et économique de ces populations déjà durement éprouvées par des années de crise », déplore la Jeunesse Ginna Dogon.

Autre grief : la réponse aux alertes!

L’organisation regrette que les signalements des faits par les populations « ne donnent pas toujours lieu à une intervention suffisamment rapide et efficace ». Une situation qui « nourrit légitimement un profond sentiment d’abandon ».

Face à ce constat, la Jeunesse Ginna Dogon interpelle « solennellement le Gouvernement de la Transition » et formule 4 exigences, à savoir : renforcer de manière urgente et durable la protection des populations civiles dans les zones les plus exposées ; assurer une réponse rapide et effective aux alertes et aux menaces signalées ; apporter une assistance humanitaire urgente aux familles victimes et déplacées ; organiser dans les meilleurs délais le retour sécurisé et digne des populations déplacées.

En conclusion, la Jeunesse Ginna Dogon rappelle que « Le Pays Dogon a trop payé le prix de cette crise ».   » Ses populations ne demandent ni privilège, ni faveur. Elles demandent simplement le droit de vivre, de cultiver leurs terres, de protéger leurs familles et de transmettre leur patrimoine en paix ».  

Enfin, la Jeunesse Ginna Dogon sollicite les plus hautes autorités à faire de la protection du pays « une urgence nationale ». « Protéger les populations est un devoir républicain », a conclu Bocary Guindo, président de la Commission.

Amadou Kodio

Source : Ziré

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