Dans un message adressé à la Nation, l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi annonce qu’il exercera finalement son droit de siéger au Sénat, malgré son opposition initiale à cette institution. Il justifie ce choix par l’évolution du contexte politique et affirme vouloir faire de la chambre haute un espace de dialogue, de défense des libertés et de promotion de l’intérêt général.
L’ancien président de la République du Bénin, Thomas Boni Yayi, a officiellement annoncé sa décision de siéger au Sénat, revenant ainsi sur la position qu’il avait adoptée lors de l’adoption de la réforme constitutionnelle ayant instauré cette nouvelle institution.
Dans un message adressé à ses compatriotes, l’ancien chef de l’État explique que cette décision résulte d’une réflexion approfondie, rendue nécessaire par les mutations intervenues sur la scène politique béninoise depuis la promulgation de la loi instituant le Sénat.
Thomas Boni Yayi rappelle qu’au moment de l’examen du projet de révision constitutionnelle, il avait publiquement annoncé qu’il ne siégerait pas au sein de la nouvelle chambre haute, en raison des réserves qu’il nourrissait à l’égard de cette réforme.
Toutefois, il estime que le contexte national a profondément changé depuis lors.
L’ancien président évoque notamment la mise en place d’un Parlement dominé par une seule majorité politique, qu’il considère comme un facteur ayant réduit les espaces de concertation et de débat démocratique.
Selon lui, cette évolution rend indispensable la création ou le renforcement de cadres susceptibles de favoriser le dialogue entre les différentes composantes de la nation.
Faire du Sénat un lieu de dialogue et d’apaisement
Dans son message, Boni Yayi affirme partager les préoccupations exprimées par de nombreux Béninois concernant la nécessité d’une décrispation du climat politique.
Il réaffirme son attachement aux principes qui ont marqué son parcours politique, notamment le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ; la consolidation de l’unité nationale ; la sécurité et la défense du territoire ; la promotion du dialogue ; le renforcement de la démocratie ; la préservation de la paix.
L’ancien chef de l’État estime que le Sénat peut désormais constituer un cadre institutionnel permettant de porter les aspirations des citoyens et de contribuer à une gouvernance plus inclusive.
En s’appuyant sur l’article 113-3 de la Constitution, Thomas Boni Yayi indique qu’il exercera son droit de sénateur en qualité d’ancien président de la République. Il insiste cependant sur le fait que cette décision ne procède pas d’une ambition personnelle, mais du respect des dispositions constitutionnelles.
« Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », affirme-t-il, tout en promettant de travailler avec les autres membres de la chambre haute afin de faire du Sénat « un vase d’honneur pour les intérêts du peuple ».
En conclusion de son message, l’ancien président invite les Béninois à poursuivre leurs efforts en faveur de la paix, de la justice, de la sécurité et du renforcement de la démocratie.
À travers cette prise de position, Thomas Boni Yayi cherche à inscrire son retour dans les institutions dans une démarche de rassemblement. Son entrée au Sénat intervient à un moment où le débat sur l’avenir du pluralisme politique et la consolidation des institutions demeure au cœur des préoccupations au Bénin.
Si cette décision marque un tournant dans son positionnement politique, elle ouvre également une nouvelle séquence dans la vie institutionnelle du pays, où la chambre haute est désormais appelée à jouer un rôle dans l’équilibre du système parlementaire et dans la promotion du dialogue national.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 23/07/2026 by Ousmane BALLO
