Les Douanes maliennes ont mobilisé 533,7433 milliards de francs CFA au cours du premier semestre 2026, dépassant ainsi leurs prévisions de plus de 50 milliards de FCFA. Face à cette performance, le Directeur général des Douanes, l’Inspecteur général Cheickna Amala Diallo, a salué la mobilisation des agents tout en les appelant à éviter tout relâchement. Mobilisation des recettes, lutte contre la fraude et modernisation de l’administration demeurent les trois principaux axes fixés à l’ensemble de la chaîne douanière.
La salle polyvalente de la Direction générale des Douanes a servi de cadre à une importante rencontre entre le Directeur général des Douanes, l’Inspecteur général Cheickna Amala Diallo, et les responsables de l’administration douanière venus de Bamako et des différentes régions du pays.
Cette rencontre a permis de dresser le bilan des activités du premier semestre 2026 et de définir les orientations pour la poursuite de l’année. Plusieurs responsables et agents éloignés ont également participé aux échanges par visioconférence.
La cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national, suivie d’une minute de silence en mémoire des personnes tombées au service du Mali.
Le principal enseignement de ce premier semestre concerne la mobilisation des recettes. Entre janvier et juin 2026, les Douanes maliennes ont enregistré 533,7433 milliards de francs CFA de recettes, contre une prévision de 482,823 milliards de FCFA.
Cette performance représente un dépassement de 50,918 milliards de FCFA, soit un taux de mobilisation de 110,55 % par rapport aux objectifs fixés pour la période.
La dynamique s’est poursuivie au cours du mois de juillet, avec la mobilisation de 98,547 milliards de FCFA supplémentaires. À cette date, les réalisations cumulées atteignaient ainsi 632,314 milliards de FCFA, représentant près de 64,85 % de l’objectif annuel fixé à 975 milliards de FCFA.
Pour le Directeur général des Douanes, ces résultats traduisent les efforts consentis par les agents à travers l’ensemble du territoire. Ils constituent également un encouragement à poursuivre la mobilisation autour des objectifs fixés.
Pas de place au relâchement
Malgré ces performances, le Directeur général a invité les responsables et agents à ne pas considérer les résultats obtenus comme une fin en soi.
Le contexte sécuritaire et les difficultés logistiques continuent en effet d’affecter certaines zones et plusieurs corridors commerciaux. L’axe Kidira-Diboli-Kayes, notamment, reste confronté à des contraintes susceptibles d’avoir des répercussions sur les flux de marchandises et la mobilisation des recettes.
Pour l’Inspecteur général Cheickna Amala Diallo, cette situation exige davantage de vigilance, de réactivité et d’innovation dans l’organisation du travail.
La récente mobilité du personnel constitue, dans cette perspective, une opportunité de redynamisation de l’administration. Le Directeur général a présenté ce mouvement comme une redistribution des responsabilités destinée à mettre les compétences et les énergies au service d’objectifs communs. Le Directeur général a rappelé les principales orientations fixées par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances.
Elles s’articulent autour de trois priorités : mobiliser davantage de recettes, renforcer la lutte contre la fraude et les trafics illicites, et poursuivre les réformes structurantes de l’administration douanière. Ces orientations doivent, selon lui, guider l’action de chaque service et de chaque agent.
Au-delà de sa mission fiscale, l’administration douanière joue également un rôle important dans la protection de l’économie nationale et la sécurisation du territoire. La lutte contre la fraude et les trafics illicites vise non seulement à préserver les ressources de l’État, mais également à protéger le commerce légal, les opérateurs économiques respectueux de la réglementation et les consommateurs.
Au cours du premier semestre, les services douaniers ont réalisé plusieurs saisies portant notamment sur des stupéfiants, des armes, des munitions, des explosifs, des médicaments illicites, des produits impropres à la consommation et du mercure.
Pour la Direction générale des Douanes, ces résultats témoignent de la place grandissante de l’administration dans la lutte contre les différentes formes de criminalité transfrontalière. Le Directeur général a ainsi appelé au renforcement du renseignement, du ciblage et de la coopération entre les différents services compétents.
L’objectif est d’améliorer l’efficacité des contrôles tout en évitant que les procédures de vérification ne deviennent un obstacle au commerce légal et à la circulation régulière des marchandises.
La modernisation au cœur de la stratégie
La performance de l’administration douanière repose également sur la poursuite des réformes engagées. Les Douanes maliennes disposent actuellement d’un portefeuille de 38 réformes destinées à moderniser leur fonctionnement.
Ces réformes concernent notamment la modernisation du contrôle documentaire, le développement du SYGECOD ainsi que l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers avec plusieurs pays de la sous-région.
Toutefois, pour le Directeur général, l’adoption de réformes ne suffit pas. Leur efficacité dépend avant tout de leur appropriation par les services et les agents sur le terrain. Les responsables ont ainsi été invités à traduire les réformes en actions concrètes, à mesurer leurs résultats et à signaler les difficultés rencontrées dans leur mise en œuvre.
Dans son adresse aux agents, l’Inspecteur général Cheickna Amala Diallo a insisté sur le caractère collectif de la performance douanière. « Les Douanes maliennes, c’est vous », a-t-il rappelé, soulignant le rôle de chaque agent, du cadre supérieur à l’agent de surveillance, des services centraux aux postes frontaliers les plus éloignés.
Le Directeur général a également reconnu les sacrifices consentis par les agents dans un contexte marqué par les difficultés sécuritaires et logistiques. Il a assuré que la Direction générale restait attentive aux conditions de travail et aux moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions.
Au terme de cette rencontre, le message adressé aux Douaniers apparaît clair : les résultats enregistrés constituent une base encourageante, mais les défis restent importants. La nouvelle organisation du personnel et la dynamique créée par les performances du premier semestre devront désormais servir à maintenir le rythme.
Mobiliser davantage de recettes, combattre efficacement la fraude et poursuivre la modernisation de l’administration : trois priorités, mais un même objectif, celui de faire de la performance des Douanes maliennes une œuvre collective au service de l’économie nationale et de la sécurité du pays.
IB
Source : Le Capital
