Niger : le gouvernement fait de la souveraineté alimentaire une priorité stratégique

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Le gouvernement nigérien entend accélérer la transformation de son système agricole pour atteindre la souveraineté alimentaire. À l’ouverture d’une conférence nationale organisée samedi 4 juillet 2026 par le Cercle Indépendant de Réflexion et d’Actions Citoyennes (CIRAC), le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, a présenté les grandes orientations qui devront guider cette ambition, conformément à la vision du président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.

Placée sous le thème « La souveraineté alimentaire au Niger : enjeux, défis et perspectives », cette rencontre de deux jours réunit décideurs, experts et acteurs du monde rural autour des défis liés à l’autosuffisance alimentaire.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre a souligné que la souveraineté alimentaire dépasse le cadre d’une simple politique agricole. « La souveraineté alimentaire n’est ni un slogan, ni une simple ambition sectorielle. Elle constitue désormais un pilier essentiel de la Refondation nationale », a-t-il déclaré.

Selon lui, garantir à chaque Nigérien un accès durable à une alimentation suffisante passe par la valorisation des ressources nationales, des terres, de l’eau, du savoir-faire agricole et des compétences locales. Le ministre a également insisté sur les dimensions sécuritaire, économique et sociale de cette politique, estimant que la souveraineté alimentaire constitue un facteur de stabilité nationale et un levier de dignité collective.

Rappelant que cette ambition figure parmi les priorités du programme présidentiel depuis l’arrivée au pouvoir du Général Abdourahamane Tiani en juillet 2023, le ministre a plaidé pour une transformation en profondeur des systèmes agricoles, pastoraux et agroalimentaires.

Il a notamment appelé à relever plusieurs défis majeurs, parmi lesquels  l’adaptation de la production agricole aux effets du changement climatique ; la modernisation de l’agriculture afin de la rendre plus attractive pour les jeunes et les femmes ; l’amélioration de l’accès aux semences améliorées, aux engrais, aux équipements, à l’eau et au financement ; le développement d’une agro-industrie capable de transformer localement les productions ; la sécurisation du foncier, l’organisation des marchés et le renforcement des chaînes de valeur agricoles.

Pour le responsable nigérien, ces réformes sont indispensables pour permettre aux producteurs de vivre dignement de leur activité tout en réduisant progressivement la dépendance alimentaire du pays.

Un appel à un pacte national pour la souveraineté alimentaire

Le ministre de l’Agriculture a également lancé un appel à l’ensemble des acteurs du secteur en faveur d’un « véritable pacte national pour la souveraineté alimentaire ». Ce pacte devrait, selon lui, s’appuyer sur plusieurs axes stratégiques, notamment la maîtrise de l’eau et le développement de l’irrigation, la mécanisation adaptée aux réalités du Niger, une politique semencière souveraine, la sécurisation foncière, le développement des filières agricoles, pastorales et halieutiques, l’intensification durable des productions, la transformation industrielle locale, le stockage stratégique, l’innovation, la digitalisation des services agricoles, l’accès au financement ainsi que la professionnalisation des producteurs et l’entrepreneuriat des jeunes.

Le ministre s’est déclaré convaincu que les travaux de cette conférence permettront de dégager des recommandations concrètes pour accélérer la mise en œuvre de cette stratégie nationale.

Prenant également la parole, le président par intérim du CIRAC, Dr Diata Joachim, a appelé à une révision des politiques publiques en faveur du secteur rural.

Il a souligné que, bien que le monde rural contribue à près de 40 % du produit intérieur brut (PIB), il ne bénéficie que de 10 à 15 % des ressources budgétaires, selon certaines estimations. Pour lui, la souveraineté alimentaire passe avant tout par un engagement plus important de l’État en faveur du développement agricole. « Un peuple souverain est un peuple capable de nourrir sa population et de se développer avec ses propres forces », a-t-il affirmé.

Prévue sur deux jours, cette conférence devrait déboucher sur des recommandations portant sur les enjeux, les défis et les perspectives de la souveraineté alimentaire au Niger, avec pour ambition de renforcer l’autosuffisance alimentaire et la résilience du pays face aux crises alimentaires.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 06/07/2026 by Ousmane BALLO

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