Mali : une croissance de 6,5 % et un déficit maîtrisé pour 2027-2029

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Le Conseil national de Transition (CNT) a accueilli, le lundi 29 juin 2026, l’atelier consacré au Débat d’orientation budgétaire (DOB), une étape majeure du processus d’élaboration du budget de l’État. Présidée par le premier vice-président du CNT, l’Honorable Hamèye Founè Mahalmadane, en présence du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, cette rencontre a permis de présenter les grandes orientations de la politique budgétaire du Mali pour la période 2027-2029.

Organisée dans la salle Balla Moussa du Centre international de conférences de Bamako (CICB), la session a réuni plusieurs personnalités, notamment le président de la Commission des finances, de l’économie, du plan et de la promotion du secteur privé, l’Honorable Mamadou Touré, ainsi que des membres du CNT et de hauts responsables de l’administration parlementaire.

Dans son intervention, le ministre d’État Alousséni Sanou a présenté les grandes lignes du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP), véritable feuille de route des finances publiques à moyen terme.

Élaboré à partir d’hypothèses macroéconomiques jugées prudentes et réalistes, ce document définit les perspectives d’évolution des recettes et des dépenses publiques, la trajectoire de la dette ainsi que les objectifs d’équilibre budgétaire.

Selon le ministre, le Débat d’orientation budgétaire constitue un instrument essentiel permettant d’assurer la cohérence entre le futur projet de loi de finances et les objectifs économiques fixés par le Gouvernement.

Il a souligné que cette programmation s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033). Elle intègre notamment la poursuite des investissements prioritaires, le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, les mesures visant à sécuriser l’approvisionnement en produits pétroliers ainsi que les projets de coopération développés dans le cadre de la Confédération des États du Sahel (AES).

Pour la période 2027-2029, le Gouvernement table sur des perspectives économiques favorables. Les projections reposent notamment sur une croissance moyenne du PIB réel de 6,5 % ; une inflation maintenue sous le seuil communautaire de 3 % ; un taux moyen de pression fiscale de 14,6 % ;  un déficit budgétaire limité à 2,2 %, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA.

Le ministre d’État a toutefois précisé que l’atteinte de ces objectifs dépendra principalement de l’amélioration progressive de la situation sécuritaire, de la stabilité sociopolitique ainsi que de la poursuite des réformes structurelles engagées par le Gouvernement. Il a également rappelé que cette édition constitue la neuvième depuis l’entrée en vigueur du budget-programmes en 2018, une réforme destinée à renforcer la performance de la gestion publique, la transparence budgétaire et le contrôle parlementaire.

Le CNT réaffirme son rôle de contrôle des finances publiques

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le premier vice-président du CNT, Hamèye Founè Mahalmadane, a rappelé que le Débat d’orientation budgétaire constitue une exigence prévue par les textes régissant les finances publiques.

Selon lui, cette étape permet au Gouvernement d’informer la représentation nationale sur la situation des finances de l’État, de présenter sa stratégie budgétaire à moyen terme et d’exposer les principaux risques susceptibles d’influencer les équilibres économiques.

Il a insisté sur la nécessité pour les membres du CNT de s’approprier pleinement les outils budgétaires afin d’exercer efficacement leurs missions de vote du budget, de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques.

Le responsable du CNT a notamment rappelé les dispositions de l’article 51 de la loi organique relative aux lois de finances, qui impose au DPBEP de présenter une évaluation globale des recettes, des dépenses, de la dette publique ainsi que de la situation financière des entreprises publiques.

Le premier vice-président du CNT a également mis en avant les réformes internes engagées par l’institution afin de promouvoir une gestion plus rigoureuse des ressources publiques.

Outre les mécanismes déjà existants, tels que la Commission de contrôle, le Code d’éthique et de déontologie ainsi que le Règlement financier, le Conseil national de Transition s’est doté d’un Manuel des procédures administratives, financières et comptables, destiné à renforcer la transparence et la bonne gouvernance.

Dans le même esprit, il a indiqué que, depuis le 1er janvier 2026, les émoluments des membres du CNT sont désormais exclusivement encadrés par la loi organique n°2025-037 du 31 juillet 2025 et directement pris en charge par les services compétents de l’État, notamment le Bureau central de la solde.

En clôturant son intervention, Hamèye Founè Mahalmadane a réaffirmé l’engagement du Conseil national de Transition à accompagner les réformes de l’État dans le cadre de la refondation du « Mali Koura ».

Il a rappelé que cette dynamique s’inscrit dans une vision stratégique à l’horizon 2063, qui ambitionne de bâtir un Mali souverain, démocratique, sécurisé et prospère, fondé sur une économie résiliente, un développement humain durable et une gouvernance publique renforcée.

À travers ce Débat d’orientation budgétaire, les autorités maliennes entendent ainsi consolider une planification financière davantage axée sur la performance, la discipline budgétaire et la transparence, tout en soutenant les priorités nationales de développement et les ambitions de transformation économique du pays.

OB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 30/06/2026 by Ousmane BALLO

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