Mali : les FAMa revendiquent d’importants résultats et alertent sur la guerre informationnelle

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La Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA) a dressé, mardi 11 août 2026, le bilan des opérations menées par les Forces armées maliennes (FAMa) entre le 1er juin et le 31 juillet. Selon les chiffres communiqués par son directeur, le colonel-major Bakary Bocar Maïga, 1 850 terroristes ont été neutralisés et 45 bases de groupes armés détruites. Au-delà du volet militaire, la DIRPA a également mis l’accent sur les escortes de convois stratégiques et sur la nécessité de contrer la désinformation.

Les Forces armées maliennes poursuivent leurs opérations sur plusieurs théâtres du territoire national. Lors de son traditionnel point de presse consacré à la situation sécuritaire, la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées a présenté un bilan des activités militaires couvrant les mois de juin et juillet 2026.

Face aux professionnels des médias, le directeur de la DIRPA, le colonel-major Bakary Bocar Maïga, a mis en avant l’intensité des opérations conduites par les FAMa, allant des actions de ratissage à la destruction de sanctuaires et de bases logistiques attribués aux groupes armés terroristes.

Selon les données communiquées par la DIRPA, les opérations menées au cours de cette période auraient permis de neutraliser 1 850 terroristes, de détruire 45 bases, ainsi que 153 pick-up, dont 40 équipés, et 11 véhicules blindés. Le bilan fait également état de la destruction ou de la saisie de plus de 230 motos et divers matériels logistiques.

Ces chiffres, présentés par la communication militaire, illustrent la stratégie des FAMa visant à maintenir une pression continue sur les groupes armés et à perturber leurs capacités de déplacement, de ravitaillement et de commandement.

Le colonel-major Bakary Bocar Maïga s’est également félicité de la montée en puissance des capacités opérationnelles des Forces armées maliennes, notamment à travers une coordination accrue entre les unités terrestres et les moyens aériens.

Avions de combat et drones de surveillance ont ainsi été mobilisés en appui aux opérations menées au sol. Sur la période allant du 1er juin au 31 juillet 2026, l’Armée de l’Air a effectué, selon le bilan présenté, 1 545 sorties, totalisant 5 336 heures de vol et 307 frappes.

Pour les autorités militaires, l’utilisation combinée du renseignement, de la surveillance aérienne et des opérations terrestres constitue désormais un élément central du dispositif de lutte contre les groupes armés.

Cette complémentarité des moyens vise notamment à identifier les mouvements suspects, localiser les bases logistiques et apporter un appui rapide aux unités engagées sur le terrain.

Plus de 15 000 citernes escortées

La présentation de la DIRPA ne s’est pas limitée au bilan des opérations de combat. La sécurisation des activités économiques et des principaux axes d’approvisionnement a également occupé une place importante dans le point de presse.

Dans un contexte marqué par les enjeux liés à la circulation des marchandises et à l’approvisionnement du pays en produits stratégiques, les escortes militaires restent un maillon essentiel de la chaîne logistique nationale.

Entre le 1er juin et le 31 juillet, les FAMa ont ainsi escorté 15 589 citernes, selon les chiffres communiqués. Parmi elles, 7 717 étaient chargées, contre 8 172 vides.

Le colonel-major Maïga a notamment cité plusieurs opérations d’envergure, dont l’escorte de 550 camions entre Kayes et Sandaré, le 23 juin 2026. Il a également évoqué l’arrivée à Bamako, le 11 juillet, d’un convoi de 901 citernes chargées en provenance de Kadiana.

Au-delà de leur dimension militaire, ces opérations de sécurisation revêtent donc une importance économique directe, en contribuant à maintenir les circuits d’approvisionnement et la circulation des produits essentiels sur le territoire.

L’autre temps fort de cette rencontre avec la presse a porté sur la multiplication des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux et dans l’espace numérique.

Pour le directeur de la DIRPA, les opérations militaires se déroulent désormais parallèlement à une bataille de l’information, dans laquelle les fausses nouvelles, les images manipulées et les contenus sortis de leur contexte peuvent être utilisés pour semer la confusion et fragiliser la cohésion sociale.

Le colonel-major Bakary Bocar Maïga a ainsi appelé les professionnels des médias à renforcer la vérification des informations avant leur diffusion, mettant en garde contre les contenus qu’il a qualifiés de montages et de rumeurs circulant sur les plateformes numériques.

« La guerre moderne se joue aussi dans l’espace cybernétique. Les “fake news” sont des armes de destruction massive de la cohésion sociale. Face à cela, le professionnalisme des journalistes est notre meilleur rempart », a-t-il déclaré.

Cet appel intervient dans un contexte où les réseaux sociaux sont devenus un espace majeur de circulation de l’information, mais également de diffusion rapide de contenus non vérifiés ou manipulés.

Un appel à la mobilisation collective

En conclusion de son intervention, le directeur de la DIRPA a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective face aux défis sécuritaires et informationnels.

Il a salué la collaboration des populations dans la remontée de renseignements aux Forces de défense et de sécurité, tout en appelant à renforcer l’unité autour des institutions de la Transition et des forces engagées sur le terrain.

À travers ce nouveau point de presse, la DIRPA entend également poursuivre son dispositif de communication régulière avec les médias. L’objectif affiché est de fournir des informations officielles sur l’évolution de la situation sécuritaire, tout en répondant aux enjeux croissants liés à la circulation de l’information dans un contexte de guerre hybride.

Entre opérations militaires, sécurisation des axes économiques et bataille contre la désinformation, le bilan présenté par la DIRPA met ainsi en lumière une approche sécuritaire qui ne se limite plus au seul affrontement sur le terrain. Pour les autorités militaires, la préservation de la sécurité nationale passe désormais autant par la capacité opérationnelle des FAMa que par la maîtrise du récit informationnel et le renforcement de la confiance entre les institutions, les médias et les populations.

IB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 14/08/2026 by Ousmane BALLO

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