Dans nos sociétés, beaucoup préfèrent aujourd’hui les paroles qui rassurent aux vérités qui dérangent. Celui qui critique avec sincérité est parfois rejeté, tandis que celui qui flatte sans cesse est applaudi. Pourtant, une société ne peut avancer durablement dans le mensonge et la complaisance.
Les « griots » modernes ne sont pas forcément des artistes ou des gardiens de la tradition. Ce sont surtout ceux qui passent leur temps à embellir la réalité, à défendre aveuglément les puissants ou à raconter aux populations uniquement ce qu’elles veulent entendre. Leur objectif n’est pas toujours la vérité, mais souvent la recherche d’avantages, de faveurs ou de popularité.
Or, la flatterie excessive est dangereuse. Elle endort les consciences, masque les erreurs et empêche les corrections nécessaires. Lorsqu’un dirigeant, une institution ou même une personne n’entend que des éloges, il finit par croire qu’il n’a plus besoin de se remettre en question. C’est ainsi que naissent souvent les échecs et les crises.
Au contraire, la critique constructive joue un rôle essentiel dans le progrès. Critiquer ne signifie pas haïr ou détruire ; cela signifie observer, analyser et signaler ce qui ne fonctionne pas afin de chercher des solutions. Une société mature doit accepter le débat, la contradiction et la liberté de parole.
Bien sûr, toute critique doit rester respectueuse et responsable. Il ne s’agit pas d’insulter ou de semer la haine, mais d’avoir le courage de dire la vérité, même lorsqu’elle dérange. Car, le silence face aux erreurs est parfois plus dangereux que l’erreur elle-même.
Ainsi, nos sociétés gagneraient à écouter davantage les voix lucides plutôt que les flatteurs professionnels. Les peuples progressent grâce aux esprits courageux qui osent réfléchir, questionner et proposer, non grâce à ceux qui applaudissent tout sans discernement.
«La flatterie plaît aux oreilles, mais la critique honnête construit l’avenir».
Par Alfousseiny DEMBÉLÉ
Source : La Référence du Mali
Last Updated on 09/06/2026 by Ousmane BALLO
