Togo : un présumé trafiquant d’ivoire placé sous mandat de dépôt à Lomé

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Les autorités togolaises ont procédé à l’arrestation d’un présumé trafiquant d’ivoire en possession de deux défenses d’éléphant, dans le cadre de la lutte contre le commerce illégal d’espèces protégées. Interpellé le 16 mai 2026 dans un quartier périphérique de Lomé, le suspect, identifié sous les initiales B. Moyabid, a été placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Lomé le 20 mai dernier.

Cette opération a été menée grâce à une collaboration entre l’Office Central de Répression du Trafic de Drogue et du Blanchiment (OCRTIDB), le ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique (MERFPCCC) et l’ONG EAGLE-Togo, spécialisée dans la lutte contre la criminalité faunique.

Selon les informations communiquées par les autorités et les partenaires engagés dans l’opération, le suspect transportait les deux défenses d’éléphant à moto, dissimulées dans un sac à céréales afin d’échapper à la vigilance des forces de l’ordre.

Le présumé trafiquant a été arrêté en flagrant délit de détention, de circulation et de commercialisation illégale de produits fauniques. Après sa garde à vue, il aurait reconnu les faits devant le procureur de la République avant d’être écroué.

S’il est reconnu coupable, il encourt une peine d’emprisonnement allant d’un à cinq ans ainsi qu’une amende comprise entre un et cinquante millions de francs CFA, conformément à l’article 761 du Code pénal togolais de 2015.

Un réseau de trafic organisé pointé du doigt

Les enquêteurs soupçonnent B. Moyabid d’être un intermédiaire important dans un réseau de trafic d’ivoire opérant entre le nord du Togo et la capitale togolaise.

Selon plusieurs sources proches du dossier, les trafiquants utilisent des méthodes de plus en plus discrètes et sophistiquées pour contourner les contrôles. Lomé est régulièrement citée comme un point de transit stratégique dans les circuits illicites de commercialisation de produits issus d’espèces protégées.

Le coordinateur national du projet EAGLE-Togo, Darius P. T., a dénoncé avec fermeté la persistance de ce trafic.

« C’est un éléphant massacré par des réseaux criminels pour chaque défense vendue. Il est inacceptable que notre pays serve de plaque tournante », a-t-il déclaré.

Il a également appelé à un renforcement de la vigilance et à des sanctions exemplaires contre les réseaux criminels impliqués dans le commerce illégal de l’ivoire.

Une menace persistante pour les éléphants d’Afrique

Malgré l’interdiction du commerce international de l’ivoire depuis 1989, le braconnage continue de décimer les populations d’éléphants en Afrique. Selon les estimations internationales, entre 20 000 et 30 000 éléphants sont tués chaque année pour leurs défenses.

Le Togo, qui aurait perdu plus de 80 % de ses éléphants au fil des décennies, reste particulièrement exposé aux réseaux de trafic transnationaux. Les organisations de protection de la faune attribuent cette situation à plusieurs facteurs, notamment le braconnage, la demande internationale d’ivoire et la destruction des habitats naturels.

Les autorités togolaises ont renforcé ces dernières années leur arsenal juridique en matière de protection de l’environnement et de lutte contre les crimes fauniques. Toutefois, les acteurs de la conservation estiment que les défis restent importants face à des réseaux criminels de plus en plus organisés.

Selon les données récentes, le Togo compterait aujourd’hui environ 145 éléphants, un chiffre considéré comme encourageant par rapport aux estimations des années 1990, mais qui demeure fragile au regard des menaces persistantes sur l’espèce.

OB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 28/05/2026 by Ousmane BALLO

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