Ouagadougou, 28 mai 2026 – Environ 80 personnes ayant manifesté contre l’enlèvement du guide religieux Dr Mouhamed Ishak Kindo auraient été arrêtées à Ouagadougou puis transférées dans une caserne militaire pour y recevoir une formation de base, selon plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux.
Ces interpellations interviennent dans un climat déjà tendu, deux jours après la disparition du religieux sunnite, enlevé le 26 mai 2026 à son domicile par des hommes armés et cagoulés dans des circonstances qui continuent de susciter de nombreuses interrogations.
D’après des sources concordantes, les personnes arrêtées participaient à des rassemblements dénonçant l’enlèvement du Dr Kindo et réclamant sa libération. Après leur arrestation, elles auraient été conduites dans un camp militaire afin d’y subir des exercices de manœuvres et une initiation militaire.
Des vidéos et témoignages circulant en ligne montrent des hommes vêtus de tenues de camouflage exécutant des exercices militaires élémentaires sous les ordres d’instructeurs. Certains proches affirment que plusieurs des interpellés auraient été transférés sans préparation préalable.
Selon les mêmes sources, ces personnes pourraient être redéployées vers des zones d’opérations dans le cadre de la mobilisation nationale contre les groupes armés terroristes. Aucune communication officielle n’a pour l’instant confirmé ou infirmé ces informations.
L’enlèvement du Dr Kindo continue de provoquer une forte émotion au sein de plusieurs communautés religieuses et d’une partie de l’opinion publique burkinabè. Respecté dans les milieux sunnites, le religieux était connu pour ses prises de position publiques sur certaines questions sociales et politiques.
Sa disparition a ravivé les critiques contre le climat sécuritaire et politique au Burkina Faso, où des organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement des cas présumés d’arrestations arbitraires, d’intimidations et de restrictions des libertés publiques.
Plusieurs observateurs craignent désormais que l’interpellation des manifestants ne contribue à accentuer les tensions sociales dans un contexte déjà marqué par l’insécurité persistante et la pression exercée sur les populations civiles.
À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée sur la localisation ou l’état de santé du Dr Mouhamed Ishak Kindo. Son entourage et plusieurs leaders religieux continuent d’appeler à sa libération ainsi qu’à l’apaisement.
Cette affaire intervient alors que le Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire majeure, avec la multiplication des attaques jihadistes dans plusieurs régions du pays et une mobilisation accrue des forces de défense et de sécurité.
En attendant une réaction des autorités, l’affaire Kindo continue d’alimenter les débats et les inquiétudes autour de la situation politique et sécuritaire du pays.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 28/05/2026 by Ousmane BALLO
