Les autorités maliennes ont inscrit Oumar Mariko, Étienne Fakaba Sissoko ainsi que le Front de libération de l’Azawad (FLA) sur la liste nationale des sanctions financières ciblées, dans un contexte de renforcement des mesures de lutte contre le financement du terrorisme et les soutiens présumés aux groupes armés.
La décision, actée le 22 mai 2026 à travers l’arrêté n°2026-1194/MEF-SG signé par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, prévoit une inscription d’une durée de six mois renouvelable. Publié dans une édition spéciale du Journal officiel, le texte s’appuie notamment sur l’ordonnance du 30 août 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Les banques, établissements financiers et services de transfert d’argent sont désormais tenus d’appliquer strictement ces mesures, sous peine de sanctions disciplinaires et pénales.
Oumar Mariko visé par plusieurs accusations
Concernant Oumar Mariko, ancien député et président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), les autorités évoquent un « soutien manifeste au JNIM et au FLA », des faits présumés de « promotion et d’apologie du terrorisme » ainsi qu’une « association de malfaiteurs ».
L’arrêté fait également référence à une « rencontre et échange avec les terroristes du JNIM ». Cette mention renvoie à un déplacement effectué le 22 avril 2026 au Mali par l’opposant en exil, au cours duquel il avait rencontré 17 présumés otages maliens détenus par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), dans le cadre d’une initiative présentée comme liée à leur libération.
Après les attaques coordonnées du 25 avril contre plusieurs positions militaires et sécuritaires, cet épisode a été intégré à une enquête plus large ouverte le 1er mai par le parquet militaire de Bamako. Les investigations portent notamment sur des attaques visant Bamako, Kati, Gao, Kidal et Sévaré.
Selon les autorités, des militaires en activité, d’anciens soldats radiés ou retraités, ainsi qu’Oumar Mariko, figurent parmi les personnes citées dans les éléments examinés. À ce stade, aucune condamnation définitive n’a toutefois été prononcée.
Étienne Fakaba Sissoko également sanctionné
L’économiste et enseignant-chercheur Étienne Fakaba Sissoko figure également sur la liste des personnes sanctionnées. Les autorités lui reprochent un « soutien manifeste au JNIM et au FLA » ainsi que des faits de « promotion et d’apologie du terrorisme ».
Contrairement au dossier d’Oumar Mariko, l’arrêté ne mentionne ni association de malfaiteurs ni contact direct avec des membres du JNIM.
Présenté comme porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR), une plateforme d’opposition en exil créée en décembre 2025 autour de l’imam Mahmoud Dicko, Étienne Fakaba Sissoko est notamment connu pour ses prises de position critiques envers les autorités de transition.
Les griefs retenus contre lui semblent principalement liés à ses déclarations publiques après les attaques du 25 avril. Dans plusieurs interventions, il avait évoqué un affaiblissement du pouvoir et une crise sécuritaire profonde, critiquant notamment la stratégie sécuritaire des autorités, le soutien d’Africa Corps ainsi que la rupture avec certains cadres politiques antérieurs.
Les autorités estiment que ces déclarations pourraient être interprétées comme un soutien ou une justification politique des actions attribuées au JNIM et au FLA, sans toutefois détailler précisément les propos concernés.
Le Front de libération de l’Azawad également ciblé
Le Front de libération de l’Azawad (FLA) figure lui aussi parmi les entités visées par les sanctions financières ciblées.
Les autorités lui attribuent des attaques menées conjointement avec le JNIM les 17 septembre 2025 et 25 avril 2026 contre les Forces armées et de sécurité maliennes. Plusieurs revendications d’attaques perpétrées en juin et septembre 2025, ainsi que lors des événements du 25 avril 2026, sont également mentionnées dans l’arrêté.
Cette inscription vise à soumettre le mouvement à des mesures de gel des avoirs et de restriction des flux financiers.
Les sanctions décidées par les autorités maliennes ont principalement une portée économique et administrative. Elles concernent les avoirs, ressources économiques, transactions financières et relations d’affaires susceptibles d’impliquer les personnes et entités visées.
Sans se substituer à une procédure judiciaire, ces mesures peuvent avoir des conséquences immédiates sur l’accès aux services bancaires, les opérations commerciales, les transferts d’argent ou encore certains biens identifiés.
À travers cette décision, les autorités maliennes franchissent une nouvelle étape dans l’utilisation des sanctions financières ciblées comme instrument de lutte contre le financement du terrorisme et les soutiens présumés aux groupes armés opérant sur le territoire national.
IT / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 23/05/2026 by Ousmane BALLO
