Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) renforce son engagement en faveur de la sécurité alimentaire au Burkina Faso avec une enveloppe de 116,8 millions de dollars (70,08 milliards de FCFA) destinée à la deuxième phase du Projet d’urgence pour le renforcement de la production agricole. L’approbation de ce financement par le Conseil d’administration de l’institution marque une nouvelle étape dans la stratégie du pays vers l’autosuffisance céréalière à l’horizon 2030.
Ce nouveau concours financier s’inscrit dans la continuité des performances enregistrées lors de la première phase, lancée en juillet 2023. Celle-ci avait permis au Burkina Faso de franchir, pour la première fois de son histoire, le seuil des six millions de tonnes de production agricole. Pour la campagne 2024-2025, la production céréalière nationale a atteint 6,1 millions de tonnes, soit une progression de 18 % sur un an.
Le montage financier comprend un prêt concessionnel de 67,5 millions de dollars, soit plus de 40,5 milliards de FCFA et un don de 12,1 millions de dollars (7,26 milliards de FCFA) du Fonds africain de développement, ainsi qu’un prêt concessionnel de 37,2 millions de dollars (22,32 milliards de FCFA) de la Facilité d’appui aux pays en transition. L’État burkinabè contribue à hauteur de 4,32 milliards de FCFA.
Les résultats de la phase 1 témoignent d’un impact significatif sur la productivité agricole. Plus de 275 000 producteurs ont bénéficié de semences améliorées et d’engrais, entraînant des hausses de rendement spectaculaires : +224 % pour le riz, +165 % pour le maïs, +91 % pour le niébé et +33 % pour le sorgho.
Pour Daniel Ndoye, responsable pays de la BAD au Burkina Faso, « ce projet démontre que l’investissement stratégique dans l’agriculture peut transformer durablement les systèmes alimentaires et renforcer la résilience nationale ». Selon lui, la deuxième phase permettra de consolider ces acquis et d’étendre les interventions à de nouvelles zones, avec un accent particulier sur les femmes, les jeunes et les personnes déplacées.
Concrètement, la phase 2 prévoit la distribution de 11 096 tonnes de semences améliorées et résilientes au climat, ainsi que 120 415 tonnes d’engrais. Elle inclut également la construction de quatre entrepôts d’une capacité de 15 000 tonnes chacun, de cinq magasins de 500 tonnes, et l’acquisition de 30 camions spécialisés afin d’optimiser la logistique et la distribution des intrants.
Les objectifs de production fixés tablent sur 712 500 tonnes de riz et 951 391 tonnes de maïs, ainsi qu’une hausse notable des cultures de légumineuses riches en protéines. Le projet devrait générer environ 1 000 emplois, dont la moitié au profit des jeunes, et bénéficier directement à 720 000 personnes, avec au moins 50 % de femmes et de jeunes. Près de 3,7 millions de personnes devraient en tirer des retombées indirectes.
Au-delà de l’augmentation des volumes produits, l’initiative vise à renforcer la résilience du secteur agricole face aux effets de la variabilité climatique, à travers la promotion de pratiques climato-intelligentes et de variétés résistantes à la sécheresse. Elle contribuera également à consolider les réformes du cadre juridique et institutionnel des filières semences et engrais, afin d’assurer un approvisionnement durable en intrants de qualité.
Ce financement s’aligne sur les priorités nationales, notamment l’offensive agro-pastorale et halieutique, pilier central de la stratégie de développement du Burkina Faso.
Ismaël Traoré
Source : Le Capital
Last Updated on 03/03/2026 by Ousmane BALLO
