Réunis à Addis-Abeba pour le 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, les chefs d’État et de gouvernement ont endossé la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), portée par le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Sidi Ould Tah. Cette initiative a été présentée comme un levier majeur de mobilisation des ressources et un pilier de la souveraineté financière du continent.
Intervenant pour la première fois devant la Conférence des chefs d’État depuis sa prise de fonction le 1er septembre 2025, Dr Ould Tah a livré un discours axé sur la transformation structurelle du financement du développement africain. « L’Afrique ne manque pas d’ambition. L’Agenda 2063 nous donne une vision (…) Le problème n’est pas un manque de ressources. C’est l’architecture du risque et du capital », a-t-il déclaré, appelant à repenser en profondeur les mécanismes de mobilisation et d’allocation des capitaux.
La NAFA s’inscrit dans une vision stratégique articulée autour de quatre priorités majeures, qualifiées de « Quatre points cardinaux » : libérer le capital africain, en mobilisant l’épargne locale et les fonds institutionnels pour financer le développement ; reconstruire la souveraineté financière, en renforçant la capacité du continent à mobiliser des ressources à grande échelle et à peser davantage dans la gouvernance financière mondiale ; transformer la démographie en dividende économique, via le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et le développement de chaînes de valeur régionales ; déployer des infrastructures résilientes et à forte valeur ajoutée, afin d’accélérer l’industrialisation et l’intégration continentale.
Selon le président de la BAD, la NAFA vise à dépasser la fragmentation actuelle des mécanismes de financement pour instaurer une coordination systémique à l’échelle du continent. Au cœur du projet figure la volonté de réduire la dépendance aux capitaux extérieurs et de mieux structurer les marchés financiers africains. « La NAFA n’est pas un slogan. C’est une réorganisation délibérée de la manière dont l’Afrique mobilise, alloue et déploie ses capitaux », a insisté Dr Ould Tah.
L’endossement de cette initiative par les dirigeants africains marque une étape politique importante. Dans un contexte mondial marqué par la volatilité financière et le durcissement des conditions d’accès aux marchés internationaux, la mise en place d’une architecture financière intégrée apparaît comme un enjeu stratégique pour sécuriser les financements du développement.
Reste désormais à traduire cette ambition en mécanismes opérationnels concrets, capables d’aligner les institutions financières, les banques centrales et les marchés de capitaux autour d’une vision commune. La NAFA pourrait ainsi devenir un catalyseur majeur de la transformation économique du continent à l’horizon 2063.
Ismaël Traoré
Source : Le Capital
Last Updated on 03/03/2026 by Ousmane BALLO
