DGCC- WAVE SA : la décision paradoxale

à la une Accueil Actualités Au Mali économie Flash infos Infos en continus

La décision N°2026-0001/MIC-DGCC du 2 février 2026 visant WAVE SA soulève une question fondamentale : la Direction Générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC) défend-elle réellement la concurrence ou cherche-t-elle à protéger des opérateurs incapables de rivaliser sur les prix ?

Le grief retenu contre WAVE est clair : l’entreprise a choisi de ne pas répercuter sur ses clients le prélèvement de 1 % prévu par l’Ordonnance n°2025-008/PT-RM, préférant en absorber le coût sur ses propres marges. Résultat ? Des frais supprimés pour les usagers et un afflux massif de clients.

Mais au lieu d’y voir un bénéfice immédiat pour le consommateur malien, pourtant censé être au cœur des préoccupations d’une direction chargée aussi de la « consommation »,  la DGCC qualifie cette stratégie de « vente à perte » et ordonne son arrêt.

Une concurrence qui dérange

Dans toute économie de marché, la concurrence se traduit d’abord par les prix. Lorsqu’un opérateur propose un service moins cher, les clients suivent. C’est précisément ce qui s’est produit.

La DGCC justifie sa décision par le risque de « désorganisation du marché ». Traduction possible : certains acteurs ont perdu des parts de marché. Mais depuis quand la perte de clients due à une offre plus attractive constitue-t-elle une infraction ?

Si une entreprise choisit de réduire ses marges pour gagner en compétitivité, est-ce une faute… ou simplement une stratégie commerciale plus efficace que celle de ses concurrents ?

La grande absente de cette décision semble être la population. Dans un contexte de pression économique, chaque franc CFA économisé compte. En interdisant à un opérateur d’absorber une taxe pour soulager ses clients, la DGCC envoie un signal paradoxal : l’équilibre du marché primerait sur le pouvoir d’achat.

Or, la mission d’une autorité de concurrence n’est pas de garantir le confort des entreprises, mais d’assurer un environnement dynamique où l’innovation et la compétitivité profitent aux consommateurs.

Une régulation à double tranchant

La décision pose également une question stratégique : le Mali veut-il encourager l’innovation et la guerre des prix, ou installer un modèle de régulation où tous les acteurs s’alignent sur les mêmes tarifs ?

En forçant l’harmonisation par le haut des coûts pour le client, le risque est de transformer le marché en espace peu compétitif, où l’audace commerciale devient suspecte.

La DGCC affirme vouloir « protéger la concurrence loyale ». Mais pour une partie de l’opinion, cette mesure ressemble davantage à une protection des concurrents que de la concurrence elle-même.

Au-delà du cas WAVE, c’est la philosophie même de la régulation économique au Mali qui est en jeu : favoriser la compétitivité au bénéfice du citoyen ou stabiliser le marché au bénéfice des opérateurs établis.

Ousmane BALLO

Source : Le Capital

Last Updated on 03/03/2026 by Ousmane BALLO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *