Après une première contribution consacrée au dinar koweïtien (KWD), reconnu comme la monnaie la plus forte au monde, Dr Laya Amadou GUINDO, Maître de Conférences, propose une nouvelle lecture de la hiérarchie monétaire internationale. À la suite de nombreuses sollicitations de lecteurs, le chercheur s’est penché cette fois-ci sur les monnaies les plus faibles au monde et les facteurs économiques et géopolitiques qui expliquent leur dépréciation.
« Après une revue des principaux travaux existants sur la question, nous avons établi une liste des monnaies les plus faibles à l’échelle mondiale, sur la base de leurs taux de change approximatifs, compte tenu de la diversité des canaux de conversion », explique Dr GUINDO.
Parmi ces monnaies figurent notamment le rial iranien (IRR), la livre libanaise (LBP), le kip laotien (LAK), le dong vietnamien (VND) et le franc guinéen (GNF).
Les taux de change en 2026 : des écarts révélateurs
Selon les estimations avancées par le Maître de Conférences, en 2026 :
- 1 dollar américain équivalait à environ 1 150 000 rials iraniens ;
- 1 dollar américain s’échangeait contre 89 500 livres libanaises ;
- 1 dollar américain valait 21 478 kips laotiens ;
- 1 dollar américain correspondait à 28 000 dongs vietnamiens ;
- 1 dollar américain était estimé à 8 700 francs guinéens.
Toutefois, précise-t-il, « ces taux sont donnés à titre indicatif et peuvent varier selon qu’il s’agisse du marché officiel, du marché parallèle ou du système bancaire ».
Le rôle central du dollar dans une économie mondialisée
Pour Dr GUINDO, toute analyse monétaire doit intégrer le contexte d’une économie mondiale de plus en plus globalisée, notamment sous l’effet du développement des technologies de l’information et de la communication et de la dollarisation du commerce pétrolier, en particulier celui de l’Arabie saoudite.
« Le Royaume d’Arabie saoudite produit environ 10 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 10 % de la production mondiale. Le fait que ce pétrole soit vendu en dollars confère à cette devise un rôle de monnaie de transaction internationale, même en l’absence d’une monnaie mondiale unique », souligne-t-il.
Dans ce contexte, importer signifie céder sa monnaie nationale pour acquérir des devises fortes, principalement le dollar ou l’euro. « La monnaie cesse alors d’être neutre, contrairement à ce que soutenaient les économistes libéraux classiques et néoclassiques », observe le chercheur, ajoutant que la fonction de la monnaie comme instrument de politique économique est désormais au cœur des débats sociaux et économiques.
Pourquoi certaines monnaies sont faibles ?
Après ce rappel théorique, Dr Laya Amadou GUINDO identifie cinq causes fondamentales expliquant la faiblesse d’une monnaie :
1. L’hyperinflation
L’inflation correspond à une perte de valeur de la monnaie et une érosion du pouvoir d’achat, touchant particulièrement les ménages modestes. Lorsqu’elle devient incontrôlée, ses effets sont dévastateurs.
« En Iran, le taux d’inflation oscille entre 30 % et 50 % par an, alors que les normes internationales situent un seuil acceptable en dessous de deux chiffres », indique-t-il. À titre de comparaison, le plafond est fixé à 3 % dans l’UEMOA et à 5 % dans les critères de convergence de la future monnaie de la CEDEAO.
2. La mauvaise gestion économique
Une gouvernance économique saine et transparente favorise la confiance des investisseurs et la rétention des capitaux. À l’inverse, la monétisation excessive des dettes publiques, le recours abusif à la planche à billets et les déficits budgétaires chroniques fragilisent durablement la valeur d’une monnaie.
3. L’instabilité politique
« L’argent n’aime pas le bruit », rappelle le chercheur. Les crises politiques et les incertitudes institutionnelles poussent les investisseurs à retirer leurs capitaux pour les placer dans des environnements plus stables.
4. La dépendance aux importations
Lorsqu’un pays ne parvient pas à satisfaire sa demande intérieure par la production nationale, il est contraint d’importer. Or, l’importation implique l’utilisation de devises étrangères, entraînant une sortie de richesse et une pression à la baisse sur la monnaie locale.
5. Les sanctions internationales
Enfin, les sanctions internationales constituent aujourd’hui l’une des causes les plus visibles de la dépréciation monétaire.
Le cas emblématique de l’Iran
Selon Dr GUINDO, l’Iran illustre parfaitement l’impact des sanctions sur la valeur d’une monnaie. Bien que certains facteurs internes soient moins marqués, le pays fait face à des sanctions économiques et financières sévères imposées par plusieurs puissances occidentales.
« Des centaines de personnalités et d’entités iraniennes sont ciblées, isolant le pays du reste du monde », explique-t-il. Les conséquences sont multiples : restriction de l’accès au dollar, limitation de l’usage du système SWIFT, gel des avoirs à l’étranger, interdiction d’acheter le pétrole iranien et obstacles majeurs aux échanges commerciaux.
Autant de facteurs qui contribuent à l’effondrement du rial iranien et illustrent, selon le chercheur, le lien étroit entre monnaie, économie et géopolitique.
Amadou Kodio / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 23/01/2026 by Ousmane BALLO

Good info. Lucky me I reach on your website by accident, I bookmarked it.
АрсМед: https://arsmedclinic.ru Многопрофильная клиника, предлагающая широкий выбор медицинских услуг от диагностики до лечения. Современный подход и комфортные условия для пациентов всех возрастов.
Get PDF Manager Pro with Folder Support https://pdfmanager.pythonanywhere.com
Mining Communities on Discord and Telegram https://dropeth.surge.sh
Get PDF Manager Pro for Developers https://pdfmanager.pythonanywhere.com
Cooling Solutions for Your Crypto Mining Rig https://web3miners.netlify.app
Download PDF Manager with Session Restore https://pdfmanager.surge.sh
Mining Rig Case Recommendations for Multi-GPU https://dropeth.pythonanywhere.com