Les travaux du Séminaire international de haut niveau sur le contrôle citoyen des budgets de l’État et des collectivités territoriales se sont ouverts le mercredi 8 juillet 2026 à Bamako. Organisée par le Groupe de Suivi Budgétaire (GSB), cette rencontre réunit pendant trois jours des représentants des États membres de l’UEMOA, des organisations de la société civile, des collectivités territoriales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des experts nationaux et internationaux autour des enjeux de la transparence budgétaire et de la bonne gouvernance.
Placée sous le thème « Le contrôle citoyen des budgets de l’État et des collectivités territoriales dans l’espace UEMOA », cette rencontre vise à renforcer les capacités des acteurs publics et non étatiques afin de promouvoir une gestion plus transparente, inclusive et responsable des ressources publiques.
Dans son document de cadrage, le Groupe de Suivi Budgétaire rappelle que les finances publiques constituent le principal instrument de mise en œuvre des politiques publiques et de satisfaction des besoins des populations. Elles doivent, à ce titre, répondre aux principes de transparence, de redevabilité, de participation citoyenne et d’efficacité dans l’utilisation des ressources.
Pour les organisateurs, le contrôle citoyen de l’action publique représente aujourd’hui un levier incontournable pour améliorer la qualité de la gouvernance, renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions et veiller à une meilleure exécution des politiques publiques, notamment au profit des populations les plus vulnérables.
Le séminaire intervient dans un contexte où les États de l’UEMOA poursuivent d’importantes réformes de leurs systèmes de gestion des finances publiques, tout en faisant face à des défis persistants liés à la transparence budgétaire, à la participation citoyenne et à la reddition des comptes.
Pendant trois jours, les cinquante participants venus des pays membres de l’Union échangeront sur les cadres juridiques et institutionnels du contrôle citoyen, les mécanismes de suivi budgétaire, les budgets participatifs, les audits citoyens, le rôle des médias et des organisations de la société civile ainsi que les innovations numériques et l’intelligence artificielle appliquées au suivi des finances publiques.
Les travaux doivent également permettre de partager les bonnes pratiques développées dans les différents États membres, d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et de proposer une feuille de route régionale destinée à renforcer le contrôle citoyen des budgets publics.
Le GSB plaide pour une gouvernance plus responsable
Prenant la parole au nom du Groupe de Suivi Budgétaire, M. Cheick Oumar Dembélé a souligné que le contrôle citoyen constitue aujourd’hui un instrument essentiel de consolidation de la démocratie.
Selon lui, dans un contexte marqué par des attentes croissantes des populations en matière de transparence et d’efficacité des politiques publiques, il devient indispensable de renforcer les mécanismes permettant aux citoyens de suivre l’élaboration, l’exécution et l’évaluation des budgets publics.
Il a rappelé que le budget de l’État ne se limite pas à un document financier, mais traduit les choix stratégiques des gouvernements, les priorités nationales de développement et les engagements pris en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations.
À cet effet, il a plaidé pour un meilleur accès des citoyens aux outils et méthodes de suivi budgétaire afin qu’ils puissent exercer pleinement leur droit de regard sur la gestion des ressources publiques.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de l’Économie et des Finances, M. Abdoulaye Traoré a rappelé que les finances publiques constituent l’un des principaux leviers du développement économique et social des États.
Il a indiqué que la qualité de la gouvernance financière repose largement sur la confiance que les citoyens accordent à leurs institutions, confiance qui se construit grâce à la transparence, à la redevabilité et à la participation active des populations aux processus budgétaires.
Pour le représentant du Gouvernement, le contrôle citoyen ne remet nullement en cause les prérogatives des institutions de contrôle. Il constitue au contraire un mécanisme complémentaire qui favorise une meilleure gestion des ressources publiques, renforce la responsabilité des décideurs et améliore l’efficacité des politiques publiques.
Il a rappelé que les pays membres de l’UEMOA ont engagé ces dernières années d’importantes réformes en matière de gestion des finances publiques, avec des avancées notables dans la budgétisation axée sur les résultats, la publication des informations financières et le renforcement des mécanismes de contrôle.
Toutefois, il a reconnu que plusieurs défis demeurent, notamment l’accès limité de certains citoyens à l’information budgétaire, le renforcement de la participation citoyenne et l’amélioration de la transparence au niveau des collectivités territoriales.
Vers une feuille de route régionale
Le représentant de la Commission de l’UEMOA, M. Pierre Naba, a salué l’initiative du Groupe de Suivi Budgétaire avant de souhaiter des échanges fructueux aux participants.
Les travaux devraient déboucher sur des recommandations concrètes destinées à renforcer le contrôle citoyen dans l’espace communautaire et à promouvoir une gouvernance financière davantage fondée sur la transparence, l’intégrité, la participation citoyenne et la reddition des comptes.
À travers cette rencontre, les acteurs de l’UEMOA ambitionnent de consolider les synergies entre administrations publiques, institutions de contrôle, collectivités territoriales, organisations de la société civile et partenaires au développement afin de faire du contrôle citoyen un véritable outil d’amélioration de la gouvernance budgétaire et du développement durable dans la région.
OB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 09/07/2026 by Ousmane BALLO
