Le gouvernement malien franchit une nouvelle étape dans sa politique de souveraineté alimentaire. Le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a officiellement lancé, mardi 7 juillet 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les activités de la Commission nationale d’organisation des États généraux de l’Élevage, de la Pêche et de l’Aquaculture (EGEPA).
La cérémonie, organisée dans la salle Balla Moussa Keïta du CICB, a réuni plusieurs membres du Gouvernement, des représentants des partenaires techniques et financiers, des professionnels des filières de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture, ainsi que les membres de la Commission nationale d’organisation.
Placés sous le thème « Moderniser les filières animales, halieutique et aquacole pour garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali », ces États généraux ambitionnent de poser les bases d’une transformation durable de trois secteurs considérés comme stratégiques pour le développement économique du pays.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre Youba Ba a rappelé que cette initiative répond à une attente de longue date des acteurs du monde rural, exprimée notamment lors de la Journée paysanne organisée à Bougouni en 2019.
Selon lui, les États généraux doivent permettre de réaliser un diagnostic approfondi des contraintes qui freinent le développement des filières animales, halieutiques et aquacoles, avant de proposer des réformes structurelles capables d’assurer leur modernisation.
Le ministre a souligné que la vision de son département s’inscrit pleinement dans les ambitions des autorités de la Transition visant à faire de ces secteurs des leviers majeurs de la souveraineté alimentaire, de la création de richesses et de l’emploi.
« Notre ambition est de contribuer au projet « Farafina Djiguinè », nourrir le Mali et la sous-région », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de renforcer la contribution du secteur au développement national.
Des défis structurels à relever
Le ministre de l’Élevage et de la Pêche a dressé un état des lieux des principales difficultés auxquelles restent confrontées les filières.
Parmi les défis identifiés figurent notamment la faible transformation locale des produits animaux, l’insuffisance des infrastructures pastorales, halieutiques et aquacoles, les effets du changement climatique, l’insécurité dans certaines zones de production, les difficultés d’accès au financement et aux marchés, la persistance des maladies animales ainsi que le faible développement de l’aquaculture.
Face à ces contraintes, Youba Ba a appelé l’ensemble des acteurs concernés à engager une réflexion collective afin de définir des solutions durables et des réformes adaptées aux réalités du terrain.
Présent à la cérémonie, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et Porte-parole du Gouvernement, le Général Issa Coulibaly, s’est félicité de la tenue de cet espace de concertation qu’il a qualifié de démocratique et participatif.
Il a assuré de l’implication de son département dans le processus et invité les services déconcentrés de l’État à prendre pleinement en compte les préoccupations exprimées par les populations et les acteurs du monde rural.
Nommé président de la Commission nationale d’organisation, le Dr Modibo Traoré a exprimé sa gratitude aux autorités pour la confiance placée en son équipe.
Il a réaffirmé la détermination de la Commission à conduire les travaux dans un esprit de transparence, de rigueur et de concertation afin de proposer des recommandations capables de redessiner l’avenir des secteurs de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture, qu’il considère comme des piliers essentiels du développement économique et social du Mali.
Les partenaires techniques réaffirment leur soutien
Au nom des partenaires techniques et financiers, M. Koffi Dominique Kouakou, représentant par intérim de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a renouvelé l’engagement de son institution à accompagner le Mali dans la mise en œuvre de ses ambitions en matière de souveraineté alimentaire et nutritionnelle.
Il a salué l’organisation de ces États généraux, estimant qu’ils constituent une opportunité importante pour renforcer les politiques publiques en faveur du développement des filières agro-pastorales et halieutiques.
La cérémonie officielle a été ponctuée par la présentation du logo des États généraux de l’Élevage, de la Pêche et de l’Aquaculture, symbole de cette vaste concertation nationale.
Elle s’est achevée par la remise symbolique de kits de travail au président de la Commission nationale d’organisation ainsi qu’aux départements sectoriels concernés, marquant ainsi le démarrage effectif des travaux préparatoires.
À travers cette initiative, les autorités maliennes entendent bâtir une feuille de route consensuelle pour moderniser les filières animales, halieutiques et aquacoles, renforcer leur compétitivité et contribuer durablement à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et à la croissance économique du pays.
IT / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 09/07/2026 by Ousmane BALLO
