Deux jours après le rejet de son recours par le Conseil constitutionnel, Maurice Kamto a dénoncé jeudi 7 août 2025 une manœuvre délibérée du régime pour l’empêcher de participer à l’élection présidentielle d’octobre prochain.
Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a réagi jeudi 7 août 2025 à la décision du Conseil constitutionnel confirmant l’invalidation de sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre prochain. Dans une déclaration au ton offensif, l’opposant accuse le régime du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) d’avoir « sciemment orchestré » son exclusion du scrutin.
Selon lui, la candidature qu’il avait présentée sous la bannière du Manidem (Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie) avait été régulièrement déposée avant d’être rejetée le 26 juillet par le Conseil électoral d’Élections Cameroon (ELECAM), puis définitivement écartée le 5 août par la juridiction constitutionnelle. Il avait entre-temps déposé un recours, jugé « non fondé ».
« La décision de m’écarter de l’élection présidentielle de 2025 a été prise de longue date par le régime RDPC », affirme Kamto, qui accuse le pouvoir de Yaoundé d’avoir « fabriqué un faux président du Manidem » et « une fausse seconde candidature » pour créer artificiellement une situation de double investiture, invalidant ainsi la sienne.
Il estime que le boycott par le MRC des élections législatives et municipales de 2020 avait contrarié une stratégie visant à affaiblir son parti. Il dénonce également le report des élections législatives et municipales initialement prévues en février 2025 à mars 2026, y voyant une volonté d’empêcher le MRC de disposer d’élus, condition nécessaire pour présenter un candidat selon la loi électorale.
« Rien n’interdisait au MRC de présenter un candidat », soutient-il, accusant ELECAM, le ministère de l’Administration territoriale, ainsi que la justice de s’être ligués contre lui.
L’ancien candidat à la présidentielle de 2018 s’en est aussi pris à la communauté internationale, en particulier à l’ONU, qu’il accuse d’avoir signé un accord secret avec ELECAM le 9 mai 2025 pour « prétendument garantir la transparence de l’élection ». Il estime que cette communauté s’est « assise sur les valeurs qu’elle prétend défendre ».
Maurice Kamto a remercié les partis politiques qui avaient soutenu sa candidature, notamment le Front pour le changement au Cameroun (FCC), l’Alliance politique pour le changement (APC), ainsi que le président du Manidem, Anicet Georges Ekane. Il a aussi exprimé sa reconnaissance aux militants du MRC, qu’il appelle à rester mobilisés.
Il a annoncé la clôture de la levée de fonds lancée pour sa campagne présidentielle, précisant que des dispositions sont en cours pour rembourser les contributions perçues via les comptes bancaires et les opérateurs de mobile money.
« Je suis debout et resterai à vos côtés. La lutte continue », a-t-il conclu.
Le Conseil constitutionnel du Cameroun a validé mardi 5 août douze candidatures pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, confirmant l’invalidation de celle de Maurice Kamto pour « pluralité d’investiture ».
Seul le recours d’Hilaire Nzipang du Mouvement progressiste (MP) a été retenu sur les 35 déposés. Principal opposant à Paul Biya et crédité de plus de 14 % des voix en 2018, Kamto est désormais exclu du scrutin. Son avocat, Me Hippolyte Meli Tiakouang, dénonce un verdict « à 97 % politique ».
Source : apanews.net
Last Updated on 08/08/2025 by Ousmane BALLO
