De 2021 à 2025, le programme Right2Grow a été mis en œuvre dans 24 communes des régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso au Mali, par un consortium Action Contre la Faim (chef de file) en partenariat avec World Vision et sur le financement du Ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas. Au terme du programme, les organisations de mise en œuvre ont capitalisé leurs actions. C’était du 1er au 03 juillet 2025 à Bamako.
Des travaux de groupes, des partages d’expériences et surtout des conseils pratiques des services techniques de l’État à l’endroit des organisations de mise en œuvre du programme et des collectivités… Du coup, ces trois jours d’atelier ont été mis à profit pour consolider et partager les bonnes pratiques, les défis, les innovations, les résultats et les leçons apprises du programme afin de favoriser leur appropriation, leur diffusion et leur capitalisation en vue d’une mise à l’échelle ou d’une réutilisation dans d’autres contextes.
Les restitutions des travaux des différents groupes ont permis d’identifier les résultats majeurs du programme dans les domaines du plaidoyer nutrition/WASH, de la contribution du secteur privé, du suivi budgétaire participatif et de la gouvernance locale ; les innovations et approches efficaces mise en œuvre par le consortium, notamment en matière de participation citoyenne, de mobilisation virtuelle, de gestion adaptive et de renforcement des capacités ; les facteurs clés de succès et les défis rencontrés durant les cinq années d’exécution du programme ; les apprentissage croisés entre les acteurs du Mali et du Burkina Faso autour du plaidoyer technique et du plaidoyer budgétaire.
Aussi, des recommandations stratégiques et programmatiques pour l’appropriation, la pérennisation et l’éventuelle mise à l’échelle des approches du programme ont été formulées. Le tout a été capitalisé dans un document de référence pour les partenaires techniques et financiers, les acteurs de mise en œuvre et les décideurs politiques.
Des acquis majeurs…
A la cérémonie d’ouverture, M. Mamadou DIOP, Directeur Pays de Action Contre la Faim, a estimé que depuis le lancement du programme, son organisation, en tant que chef de file du consortium, a eu le privilège de coordonner aux côtés d’organisations nationales et internationales, des initiatives ambitieuses portées par les communautés, les réseaux de journalistes, les réseaux des parlementaires, le Mouvement SUN, le comité SWA, les autorités locales et les services techniques de l’État. « Ensemble, nous avons œuvré à faire entendre la voix des plus vulnérables, à renforcer la redevabilité sociale et à créer les conditions d’un changement systémique en faveur de la nutrition. Parmi les acquis majeurs, je tiens à saluer l’inscription historique du droit à l’alimentation et à l’eau dans la Constitution du Mali le 21 juillet 2023 (Arrêté n°2023-08/CC-Réf). Cette avancée, fruit d’un plaidoyer structuré et multisectoriel, témoigne de la puissance de notre mobilisation collective et du rôle central des communautés dans le changement », a-t-il souligné.
Le Directeur Pays de Action Contre la Faim a aussi précisé que le plaidoyer conjoint avec les services techniques de l’État, notamment la Cellule de Coordination de Nutrition, la Direction Générale des Collectivités Territoriales a permis d’ancrer la nutrition dans les Programmes de Développement Économique, Social et Culturel (PDESC), opérationnalisant ainsi, le Plan d’Action Multisectoriel de Nutrition (PAMN) 2021-2025. « Ce travail de fond a favorisé une appropriation locale des enjeux nutritionnels et une meilleure gouvernance », a-t-il ajouté.
Des résultats tangibles…
M. Mamadou DIOP a tenu aussi à souligner : « nous avons également renforcé le dispositif de redevabilité locale en menant des activités de Budget Monitoring, Evaluation and Tracking (BMET) ; favorisé l’autonomisation des femmes et des jeunes grâce à leur implication dans les chaînes de valeur agricoles ; et soutenu l’amplification de la voix des communautés bénéficiaires lors des sessions de CAOCSAD, de CLOCSAD, de réunions d’interface et de sessions communales. Ces actions traduisent notre engagement en faveur d’une société inclusive, résiliente et durable ».
Selon lui, Right2Grow a permis à chaque enfant de réaliser pleinement son potentiel. Le Directeur Pays de Action Contre la Faim a profité pour partager quelques résultats tangibles du programme. Il s’agit, pour lui, de l’intégration de la nutrition dans les comptes administratifs communaux, avec des allocations variant de 100 000 à 850 000 FCFA pour soutenir les activités de démonstration nutritionnelle dans neuf communes ; de l’inscription d’une ligne budgétaire dédiée à la nutrition dans les PDESC, à hauteur de plus de 500 000 FCFA annuels dans quinze communes partenaires ; de l’opérationnalisation de deux cantines scolaires grâce aux ressources locales mobilisées par les communes elles-mêmes ; de l’amélioration de l’accès à l’eau potable, suite aux plaidoyers menés par les Comités de Veille Citoyenne (CVC), ayant abouti à la réduction du prix du mètre cube d’eau de 500 à 250 FCFA, à la réparation de 11 points d’eau dans les écoles, 15 dans les centres de santé et 37 dans les communautés ; du renforcement de l’hygiène et de l’assainissement, avec la réhabilitation de 6 latrines scolaires, 3 pour les maternités, ainsi que la création de dépôts de transit pour la gestion des déchets ; de la hausse significative des ressources propres mobilisées par les communes, atteignant une augmentation de 66 % à 81 % ; et enfin de la mobilisation de 5 000 000 FCFA pour la construction d’un logement pour le personnel de santé à Marintoumania, facilitant ainsi l’accès aux services de santé dans cette zone.
« Nous avons pu faire des renforcements institutionnels des collectivités pour qu’elles fassent de la nutrition et du WASH la porte d’entrée au développement, en faisant en sorte que la nutrition et le WASH deviennent une priorité politique et financière dans les 24 collectivités bénéficiaires du programme », a déclaréDr. Djibril Bagayoko, Chef de la Cellule de Coordination de la Nutrition.
« Ce qui a été fait, mérite d’être salué »,
Au deuxième jour de l’atelier, M. Moumine Demango, point focal de Right2Grow à l’Ambassade des Pays Bas au Mali, a pris la parole pour saluer les partenaires de mise en œuvre du programme. « Ce qui a été fait, mérite d’être salué », a-t-il insisté. Selon lui, les questions de sécurité alimentaires figurent en bonne place dans les priorités des Pays Bas. « Ce programme reste déterminant dans la prise de décision en matière d’accès à la bonne alimentation et à l’eau », a-t-il ajouté.
Au sortir de cet atelier de trois jours, le chef de file du consortium (Action Contre la Faim) a estimé que les prochains défis restent clairs. Il s’agit, pour lui, de l’insuffisance des capacités en plaidoyer et gouvernance budgétaire des acteurs de la société civile ; des inégalités d’accès aux ressources naturelles et participation différenciée au développement local et enfin des faibles mécanismes de pérennisation et d’autonomisation des acteurs de la société civile.
Pour rappel, le programme Right2Grow (Droit de grandir) a été mis en œuvre par le consortium composé de Action Contre la Faim (chef de file) et de World Vision ainsi que les partenaires nationaux que sont : OMAES, STOP-SAHEL, AMADECOM et trois OSC : GSB, CN-CIEPA, AJCAD-MALI.
Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 04/07/2025 by Ousmane BALLO
