Le parrainage citoyen, institué en 2020 comme une condition d’éligibilité à l’élection du président de la République de Côte d’Ivoire, sera à sa deuxième édition. Cette année des innovations technologiques ont été introduites dans le système de parrainage.
Selon M. Camille Séka, le directeur des technologies, de l’information et de la communication de la Commission électorale indépendante (CEI), ces innovations comprennent la collecte biométrique à l’aide d’un terminal mobile.
Celles-ci, dira-t-il, visent à régler le problème du double parrainage. Il explique qu’« une fois qu’un électeur a donné son parrainage, il est déjà enregistré dans la base de données et il ne lui est plus possible d’accorder sa signature à un autre candidat. »
Pour faciliter cette collecte biométrique deux modes sont utilisés indépendamment, à savoir la reconnaissance faciale et les empreintes digitales. En cas d’échec de ce procédé, un fichier Excel est remis aux collecteurs pour leur permettre de lister les parrainages non authentifiés par la biométrie.
En dernier ressort, les représentants des candidats désignés à la collecte devront renseigner sur un registre papier les coordonnées des différents parrains et leur signature qu’ils achemineront à la Commission électorale, a-t-il poursuivi.
Pour la collecte des parrainages citoyens, la CEI mettra à disposition de chaque candidat 100 kits numériques comprenant chacun un terminal mobile, un fichier Excel, un registre papier essentiels pour l’opération.
La directrice des affaires juridiques, Marie-Noelle Bellai a exposé, le jeudi 27 juin 2025, face aux caméras, sur les conditions de validité des parrainages. Elle a souligné qu’il est requis 1% de l’électorat local dans au moins 17 régions comprenant les Districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro.
Elle a ajouté qu’en cas de double parrainage, le dossier venu en seconde position est invalidé. Toutefois, le candidat débouté dispose d’un délai de 48 heures octroyées par le conseil constitutionnel, juge de l’éligibilité, pour remplacer les doublons.
Elle a par ailleurs indiqué à l’intention des candidats que les collecteurs de signatures sont notamment le coordinateur central qui supervise tout le processus pour son candidat, le collecteur régional ou de District dans chacune des régions ou districts, où le parrainage est sollicité.
Ensuite, il y a les collecteurs délégués qui opèrent au niveau du département, de la sous-préfecture, de la commune ou du village. Marie Noelle Bellai a prévenu qu’il est formellement interdit de recueillir les parrainages dans les cantonnements militaires ou paramilitaires ainsi que dans les hôpitaux.
« Ceux qui collectent des parrainages dans les cantonnements militaires ou paramilitaires et dans les établissements de santé encourent une peine de 6 à 12 mois de prison et une amende de 1 à 5 millions de F cfa », a-t-elle fait savoir.
Par ailleurs, un électeur qui parraine plusieurs candidatures, risque 1 mois à 1 an d’emprisonnement assorti d’une amende de 100.000 Fcfa à 1 million de Fcfa. La CEI indique que l’opération de collecte des parrainages débutera le 1er juillet et prendra fin le 26 août 2025.
Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, désigné candidat par le RHDP, son parti, ne s’est pas encore décidé s’il briguera un autre mandat présidentiel ou non. L’opposition estime que s’il rempile, il fera un 4e mandat, ce qui serait contraire à la loi, car la Constitution limite les mandats à deux quinquennats.
Le Conseil constitutionnel a soutenu que le président Alassane Ouattara, élu en 2010 et réélu en 2015, était à son premier mandat en 2020 après la révision de la Constitution en 2016, ce qui mettait le compteur à zéro.
La CEI exige que pour tout candidat désireux de récolter les parrainages citoyens, ceux-ci disposent d’une carte d’électeur, toute chose qui disqualifie l’ex-président Laurent Gbagbo (PPA-CI), radié de la liste électorale, de même que Tidjane Thiam (PDCI), Blé Goudé (COJEP) et Guillaume Soro.
Source : apanews.net
Last Updated on 01/07/2025 by Ousmane BALLO
