Chaînes d’approvisionnement responsables en or : les capacités des acteurs de l’administration et des OSC renforcées

à la une Accueil Actualités Au Mali économie Flash infos Infos en continus

Apporter une contribution aux efforts entrepris par le gouvernement de la République du Mali pour renforcer la transparence des données afin d’améliorer la valeur de l’or malien sur les marchés régionaux et internationaux. Voilà l’objectif d’un atelier de deux jours (11 et 12 février 2025) organisé par la Coalition malienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP-Mali).

Durant deux jours, il s’agissait de renforcer les capacités des représentants de l’administration et des organisations de la société civile (OSC) pour des chaînes d’approvisionnement responsables en or au Mali. Ainsi, les participants ont échangé sur les forces, faiblesses, opportunités et menaces en lien avec la transparence des données dans le secteur de l’Exploitation minière artisanale à petite échelle (EMAPE) de l’or au Mali. Ils ont aussi identifié les opportunités existantes pour relever les défis de la transparence des données de l’EMAPE de l’or au Mali. Il s’agissait de renforcer leurs capacités sur les instruments existants à l’échelle nationale, régionale et internationale qui promeuvent la transparence des données dans le secteur de l’EMAPE.

Selon la Coalition malienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP-Mali), l’exploitation minière artisanale de l’or est une activité multiséculaire au Mali.  « Elle fait partie intégrante de l’identité historique et culturelle du Mali. En effet, pendant des siècles, de grandes quantités d’or ont été extraites du Bourré et du Bambouk, faisant la fierté des anciens empires du Mali. Cette activité a atteint son apogée au 13ème siècle avec le pèlerinage à la Mecque de l’empereur Kankou Moussa qui y a transporté presque huit tonnes d’or », a-t-elle souligné.

Au Mali, a précisé PCQVP-Mali, cette forme d’exploitation est principalement pratiquée dans les régions de Koulikoro, Sikasso, Bougouni et Kayes sur plus 350 sites d’orpaillage. « Elle implique une population d’environ 512 605 personnes travaillant essentiellement dans l’orpaillage et les activités connexes. Elle constitue ainsi une source de revenus dans les zones rurales où les alternatives économiques sont rares », a-t-elle ajouté.

La Coalition a estimé également que l’évolution en marge du droit du secteur artisanal pose son problème de transparence. « A présent, les données fournies sur ce secteur sont peu fiables. L’illustration de cette affirmation est qu’elles sont variables d’une source à une autre et sont des estimations. En ce qui concerne la production de l’EMAPE, la banque centrale parle de 6 tonnes tandis que le rapport du Comité de Pilotage de l’ITIE 2023 parle de 777 kg. Certains responsables des orpailleurs traditionnels disent 20 tonnes », a-t-elle souligné.

Dans son mot de bienvenue, le président de la PCQVP-Mali, M. Abdoul Wahab Diakité, a rappelé que l’orpaillage n’est pas nouveau au Mali : « Mais à cause du danger que le secteur pose, il est nécessaire d’organiser cet atelier en vue d’échanger de vive voix avec les représentants de l’administration et des organisations de la société civile sur les solutions qu’il faut pour le secteur », a-t-il a.

Au nom de la direction nationale de l’Assainissement du Contrôle de Pollutions et de Nuisances, M. Sékou Diarra, a souligné que cet atelier est très important. « Cet atelier en vaut la peine. Durant ces deux jours, les participants parleront des opportunités et les faiblesses du secteur. Il s’agit aussi de renforcer les capacités des participants sur les dispositifs juridiques afin d’éradiquer le fléau », a-t-il précisé.

Le combat de la coalition PCQVP-Mali…

Au cours d’un point de presse qui a mis fin à l’atelier, Abdoul Wahab Diakité, président de la PCQVP-Mali, a rappelé que le combat de son organisation a été toujours orientée vers la satisfaction des besoins essentiels des communautés tout en tenant compte des générations futures.

« Une consommation ou une pollution excessive de l’eau des usagers en amont peut priver les usagers en aval de l’utilisation légitime d’une ressource partagée. Les cours d’eau constituant les milieux de vie des espèces aquatiques animales et végétales doivent être préservés de toute forme de pollution.  En effet, leur pollution par les activités humaines, telle que l’orpaillage, peut entrainer la disparition de tous les êtres vivants aquatiques. En outre, elle va augmenter les coûts de traitement pour la consommation humaine », souligne-t-il.

Selon lui, le but de ce point de presse est d’aider les autorités à l’application stricte des textes et de proposer des mesures urgentes à prendre pour sauver le fleuve Niger. Parmi ces mesures urgentes, Abdoul Wahab Diakité cite l’identification et la fermeture immédiate des sites d’orpaillage les plus polluants.

Il s’agit également de faire des prélèvements d’eau pour leur analyse au labo depuis les environs immédiats du site pollueur jusqu’au dernier point du fleuve où il y a présence des traces de pollution avec des eaux colorées et troubles ; d’apprécier l’état de dégradation de la qualité des eaux analysées par la présence de substances dangereuses telles que les cyanures et autres ; d’exiger la mise en place sur les sites d’orpaillage et d’extraction minière de dispositifs de traitement des eaux usées minières avant leur rejet dans le fleuve tout en veillant sur le suivi périodique de la qualité des eaux ; d’effectuer des analyses biologiques de quelques poissons et plantes des eaux polluées ; et de faire payer cher les prélèvements d’eau et plus cher les pollutions des eaux par les orpailleurs traditionnels et les industries minières. « Les fonds collectés doivent permettre de suivre l’évolution de la qualité des eaux par l’ABFN sous la supervision des communes riveraines », ajoute-t-il.

De même, la PCQVP-Mali commande le fonctionnement du Commissariat chargé du suivi des activités minières et l’application stricte des textes relatifs l’exploitation de substances minérales soumises au régime des mines dans les lits des cours d’eau par dragage ainsi que par toute autre méthode est interdite. « La liste des équipements et matériels qui peuvent être utilisés pour l’exploitation artisanale est fixé par décret d’application dans le présent code. L’utilisation des explosifs et des substances chimiques dangereuses, notamment le cyanure, le mercure et les acides dans les activités d’exploitation artisanale, est interdite », rappelle, Abdoul Wahab Diakité.

Au regard des réalités sur le terrain, la PCQVP-Mali recommande de faire une descente sur tous les sites en vue de saisir les équipements destinés aux dragues ; et détruire publiquement tous les matériels et équipements saisis.

Cet atelier rentre dans le cadre de l’exécution du projet « Greater Value for Gold (une plus grande valeur pour l’or) », avec l’appui technique et financier d’European Partnership for Responsible Minerals (EPRM).

Ousmane BALLO

Source : Ziré

2 thoughts on “Chaînes d’approvisionnement responsables en or : les capacités des acteurs de l’administration et des OSC renforcées

  1. F*ckin¦ remarkable things here. I am very satisfied to look your article. Thanks so much and i’m looking ahead to contact you. Will you please drop me a mail?

  2. My brother recommended I may like this website. He used to be totally right.
    This submit actually made my day. You cann’t imagine simply how much time I had spent for this info!
    Thank you!

Comments are closed.