Le Burkina Faso franchit une étape importante dans sa quête d’autonomie énergétique. L’Africa Finance Corporation (AFC) a annoncé le décaissement d’une première tranche de 60 millions de dollars américains, soit environ 34,2 milliards de FCFA, destinée au financement du projet de centrale thermique de 119 mégawatts (MW) développé par le groupe turc Aksa Energy. Cette infrastructure s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à réduire la forte dépendance du pays aux importations d’électricité et à soutenir son industrialisation.
Selon un communiqué publié le 8 juillet, cette première tranche s’inscrit dans une facilité de crédit globale de 300 millions de dollars accordée par l’Africa Finance Corporation à Aksa Enerji Üretim A.Ş.
Les fonds permettront d’accélérer la réalisation de la future centrale thermique, appelée à devenir l’une des infrastructures énergétiques les plus importantes du Burkina Faso.
Implantée à Ouagadougou, la centrale affichera une capacité installée de 119 MW, ce qui en fera la plus grande unité de production électrique du pays.
Le projet est porté par Aksa Energy, qui avait signé, le 25 novembre 2025, un contrat d’achat d’électricité d’une durée de 20 ans avec la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL).
Fonctionnant au fuel-oil, cette centrale devrait entrer en service en 2027, selon les dernières prévisions de l’AFC, alors que le calendrier initial évoquait une mise en exploitation dès le dernier trimestre 2026.
Une fois opérationnelle, elle devrait permettre de réduire de plus de 50 % la dépendance du Burkina Faso aux importations d’électricité, renforçant ainsi la sécurité énergétique du pays.
Ce projet intervient dans un contexte où la consommation d’électricité progresse rapidement sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et des ambitions industrielles du Burkina Faso.
D’après le Pacte national de l’énergie 2026-2030, les importations représentaient encore 48,89 % de l’énergie disponible en 2024. Elles provenaient essentiellement du Ghana, de la Côte d’Ivoire et du Togo.
Dans le même temps, la production nationale est passée de 932,2 GWh en 2019 à 1 419,1 GWh en 2024, soit une progression de plus de 52 %. Malgré cette hausse, la demande continue de croître à un rythme supérieur aux capacités actuelles du réseau.
Selon le Plan directeur de développement du secteur électrique 2022-2040, les besoins en électricité devraient augmenter de 7,3 % à 10,9 % par an, sans même tenir compte des projets industriels en préparation ni des demandes de raccordement encore insatisfaites.
Pour le président-directeur général de l’Africa Finance Corporation, Samaila Zubairu, l’accès à une énergie fiable demeure une condition indispensable au développement économique.
« Sans électricité fiable, les pays ne peuvent pas s’industrialiser, les entreprises ne peuvent pas croître et les communautés ne peuvent pas réaliser tout leur potentiel économique », a-t-il déclaré.
Cette vision rejoint les ambitions affichées par les autorités burkinabè, qui font de l’énergie un levier majeur de leur politique de souveraineté économique.
Des objectifs ambitieux à l’horizon 2030
À travers son Pacte national de l’énergie 2026-2030, le Burkina Faso prévoit d’élargir considérablement l’accès à l’électricité.
Le gouvernement ambitionne de raccorder 17,9 millions de personnes supplémentaires d’ici à 2030, dont 11,1 millions en milieu rural, afin d’atteindre un taux d’électrification de 100 % en zone urbaine et de 70,73 % en milieu rural.
Parallèlement, le pays entend porter sa capacité installée en énergies renouvelables de 228 MWc à 887 MWc, tout en réduisant progressivement sa dépendance énergétique extérieure.
Le programme prévoit également la construction d’une raffinerie de pétrole d’une capacité de 160 000 barils par jour, illustrant la volonté des autorités de diversifier les sources d’approvisionnement et de renforcer l’indépendance énergétique nationale.
Au-delà de l’augmentation des capacités de production, la future centrale de 119 MW devrait contribuer à sécuriser l’alimentation électrique des ménages, des entreprises et des industries, tout en améliorant l’attractivité économique du Burkina Faso.
Associée au développement des énergies renouvelables et au renforcement du réseau national, cette infrastructure constitue l’un des piliers de la stratégie énergétique du pays, appelée à soutenir durablement la croissance économique et la transformation industrielle.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 11/07/2026 by Ousmane BALLO
