Valorisation des légitimités traditionnelles : les chefs de villages disent merci à Assimi

La coordination des chefs de quartiers, en collaboration avec le Cercle de Réflexion et d’Information pour la Consolidation de la Démocratie (CRI-2002), a organisé, une cérémonie de reconnaissance à l’endroit du président de la transition, Col. Assimi Goïta, chef de l’Etat, pour sa décision de valoriser le rôle des légitimités traditionnelles au Mali. Les chefs de villages, de quartiers et de fractions ont choisi la date symbolique du 20 janvier, fête de l’armée malienne, pour remercier le président de la Transition. C’était au Gouvernorat du District de Bamako.

Le colonel Assimi Goïta, chef de l’État, a institué par le Décret n°2022-0128/PT-RM du 04 mars 2022, le 11 novembre de chaque année comme ‘’Journée des légitimités traditionnelles au Mali’’. Ainsi, la première édition a été célébrée au Centre international des Conférences de Bamako (CICB), sous le thème :         « Place et rôle des légitimités traditionnelles dans la réconciliation nationale, la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la refondation de l’État ».

À la même occasion, le chef de l’Etat a attribué des insignes et des drapeaux aux chefs de villages, de quartiers et de fractions pour, dit-on, restituer le pouvoir qui leur revient. Cette action est le résultat d’une démarche (plaidoyer) portée par CRI-2002, sous le leadership de son président, Dr Abdoulaye Sall, pendant plusieurs années. Mais, il a fallu attendre l’arrivée des nouvelles autorités pour voir ce rêve devenir une réalité.

Aussi, c’est une reconnaissance des légitimités traditionnelles d’une part, à l’égard du président de la Transition et son gouvernement, mais d’autre part, à CRI-2002, une organisation de la société civile dévouée à la cause d’une gouvernance participative des citoyens. Ce 20 janvier 2023, les chefs de villages et quartiers sont venus en nombre au Gouvernorat du District de Bamako pour la circonstance. Avec eux, les donzos, autres notables traditionnels, étaient aussi là pour magnifier la rencontre.

Dans son discours, le Coordinateur des chefs de quartiers de Bamako, M. Bamoussa Touré, s’adresse au chef de l’Etat : « L’honneur et le plaisir, m’échoient, en ce jour solennel, mémoriel et mémorable, de vendredi 20 janvier 2023, de vous présenter les vœux de reconnaissance, et de nouvelle année 2023, de la Coordination des chefs et conseillers des soixante-huit (68) quartiers du District de Bamako, à travers elle, celle des dix-mille (10 000) chefs de village, six-cent soixante-quatre (664) chefs fraction, et 8.223 chefs de quartier qui viennent, le 18 juillet dernier, de bénéficier de l’attribution des insignes, de drapeau national, et des certificats de reconnaissance légale de votre part. »

Selon le Coordinateur, cet acte patriotique, piloté par CRI-2002 et validé par les autorités, consolide la place des légitimités traditionnelles, qui, jusqu’à preuve du contraire, restent les premiers chefs aux yeux des citoyens. D’où, il estime que les autorités traditionnelles doivent aussi évoluer dans l’environnement politique, juridique, institutionnel, sécuritaire, sanitaire, économique, social et culturel et plaide pour la cause. « Cet environnement, certes, fondé sur la légitimité et l’égalité républicaine et démocratique, mais aussi, et surtout, ressourcé à la lumière des résultats et recommandations des Assises nationales de la refondation », a ajouté le coordinateur.

Après les honneurs, place au travail !

Pour Dr Abdoulaye Sall, président de CRI 2002 et porteur principal du plaidoyer jusqu’ici, après les honneurs, il est temps de se mettre au travail. « Aujourd’hui, nous ne pouvons que ressentir de la fierté pour cette tâche accomplie. Il est très important que les autorités puissent reconnaître les chefs de villages, de quartiers et de fractions comme les premières autorités. C’est une lutte que nous avons portée pendant plusieurs années, mais c’est maintenant qu’elle a abouti », a-t-il souligné.

Au Dr. Sall d’ajouter : « Je pense que l’année 2022 a été une année pour savourer cette reconnaissance, mais n’oublions pas que des défis nous attendent. Les légitimités traditionnelles ont un grand rôle à jouer dans la gouvernance et dans la sensibilisation des populations. 2023, c’est une année des grandes réformes et des futures élections qui nous attendent. Donc, je pense que le défi, c’est de se mettre au travail dès maintenant afin d’aider les autorités administratives dans cette phase »,  a-t-il conseillé.

Amadou Kodio

Source : Ziré